Tahiti le 13 avril 2026 - La Chambre territoriale des comptes s’est penchée sur la délégation de service public sur le transport en commun. Un constat, la branche est très largement subventionnée par le Pays, pour un service privé toujours pas au niveau.
Des bouchons, encore des bouchons, et un transport scolaire perfectible. C’est dans ce contexte que la Chambre territoriale des comptes s’est saisie d’un rapport sur la délégation de service public pour l’exploitation du réseau des transports en commun terrestres.
En préambule de son analyse, la CTC reconnait "dans le contexte d’un fort besoin de déplacements en lien avec la zone urbaine de Papeete", une volonté du gouvernement d’améliorer "la qualité des transports en commun" comme "élément central de la politique des transports terrestres menée par la Polynésie française". Elle salue de même "la passation du nouveau contrat de délégation de service public, couvrant l’intégralité de l’île de Tahiti en remplacement du précédent découpage en trois zones", qui "a permis des améliorations du service rendu, notamment grâce au renouvellement intégral de la flotte de bus mise en circulation."
Des bouchons, encore des bouchons, et un transport scolaire perfectible. C’est dans ce contexte que la Chambre territoriale des comptes s’est saisie d’un rapport sur la délégation de service public pour l’exploitation du réseau des transports en commun terrestres.
En préambule de son analyse, la CTC reconnait "dans le contexte d’un fort besoin de déplacements en lien avec la zone urbaine de Papeete", une volonté du gouvernement d’améliorer "la qualité des transports en commun" comme "élément central de la politique des transports terrestres menée par la Polynésie française". Elle salue de même "la passation du nouveau contrat de délégation de service public, couvrant l’intégralité de l’île de Tahiti en remplacement du précédent découpage en trois zones", qui "a permis des améliorations du service rendu, notamment grâce au renouvellement intégral de la flotte de bus mise en circulation."
Congestion et retard
Malgré les efforts déployés par le Pays, la zone urbaine est toujours un problème. "De nombreux défis subsistent et le service est affecté par la congestion routière, qui entraîne des retards fréquents, des vitesses commerciales très faibles sur certains axes et une ponctualité aléatoire", note la CTC qui relève de plus que "la fréquence des bus reste faible, parfois de plus d’une heure, et l’amplitude horaire se concentre sur les trajets du matin et de l’après-midi, avec une offre quasi inexistante le soir et le week-end".
En effet, le système de bus est calqué sur le rythme des fonctionnaires en Polynésie française. Finir son travail à plus de 17h, c’est l’obligation de devoir prendre un transport personnel, à défaut de transports collectifs.
Un autre problème est pointé par la CTC, qui ne date pas d’hier, ce sont ces bus qui passent devant les arrêts sans stopper, faute de place. La saturation de ces lignes aux heures de pointe rend la solution du transport en commun trop aléatoire pour qui voudrait le pratiquer plutôt que de prendre un transport individuel. Résultat, les routes ne se désengorgent pas.
Le Pays a bien la volonté d’augmenter le nombre de bus pour pallier la situation, mais un autre problème intervient en parallèle, la difficulté de formation des chauffeurs et les départs à la retraite qui vont se multiplier.
En effet, le système de bus est calqué sur le rythme des fonctionnaires en Polynésie française. Finir son travail à plus de 17h, c’est l’obligation de devoir prendre un transport personnel, à défaut de transports collectifs.
Un autre problème est pointé par la CTC, qui ne date pas d’hier, ce sont ces bus qui passent devant les arrêts sans stopper, faute de place. La saturation de ces lignes aux heures de pointe rend la solution du transport en commun trop aléatoire pour qui voudrait le pratiquer plutôt que de prendre un transport individuel. Résultat, les routes ne se désengorgent pas.
Le Pays a bien la volonté d’augmenter le nombre de bus pour pallier la situation, mais un autre problème intervient en parallèle, la difficulté de formation des chauffeurs et les départs à la retraite qui vont se multiplier.
Un privé qui n’existe pas sans le public
Délégué au privé, le transport en commun ne peut survivre sans l’apport du public dans ses comptes. Une habitude bien connue dans de nombreux domaines économiques en Polynésie française. La Chambre territoriale des comptes estime ainsi la participation financière de la Polynésie française à 1,3 milliard de francs. "La collectivité compense également la stabilité des tarifs depuis le démarrage de la convention, mais la tarification a été revue en 2025 pour substituer à la tarification peu claire et assez chère une tarification unique sur l’ensemble de l’île de Tahiti, dont les effets devront être mesurés et accompagnés de modifications réglementaires tendant à lutter contre la fraude."
"Ces versements de la Polynésie française représentent plus de la moitié des recettes d’exploitation du service", poursuit la CTC qui s’interroge sur la pérennité du système. "Le fort niveau de contribution financière forfaitaire ne fait toutefois pas l’objet de justifications précises en termes d’obligations de service public, ne permettant pas d’apprécier l’adéquation du niveau de la compensation."
Une compensation qui est de surcroit complétée par l’aide au carburant et des avantages fiscaux (défiscalisation nationale et locale).
Une question se pose alors. Combien de temps la collectivité va devoir supporter les cadeaux fiscaux et autres aides aux délégataires pour un service plus que moyen ?
"Ces versements de la Polynésie française représentent plus de la moitié des recettes d’exploitation du service", poursuit la CTC qui s’interroge sur la pérennité du système. "Le fort niveau de contribution financière forfaitaire ne fait toutefois pas l’objet de justifications précises en termes d’obligations de service public, ne permettant pas d’apprécier l’adéquation du niveau de la compensation."
Une compensation qui est de surcroit complétée par l’aide au carburant et des avantages fiscaux (défiscalisation nationale et locale).
Une question se pose alors. Combien de temps la collectivité va devoir supporter les cadeaux fiscaux et autres aides aux délégataires pour un service plus que moyen ?
Ça roule pas pour tout le monde
Dans son rapport, la Chambre territoriale des comptes demande qu’une « attention particulière » soit portée « au renforcement de l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite pour les prochains renouvellements de matériel roulant puisqu’à présent, seul 10 % de la flotte de bus est accessible, et des critères précis doivent être fixés pour les prochains renouvellements de matériel roulant. »
Recommandations
Formaliser, par ordre de service ou par avenant, toute modification définitive de la consistance du service, conformément aux stipulations de l’article 14 du contrat. Définir, pour les prochains renouvellements de matériel roulant prévus par le plan pluriannuel d’investissement, des critères précis d’accessibilité des bus, notamment aux personnes à mobilité réduite. Dès 2026, définir les conditions de mise à disposition de l’ensemble des biens utilisés par le délégataire pour l’exécution du contrat et mettre à jour l’inventaire des biens de retour en y intégrant l’ensemble des biens indispensables à l’exécution du service public de transport terrestre. Procéder, en 2027, à une mesure de la sensibilité des usagers à la mise en œuvre de la nouvelle grille tarifaire, en différenciant selon les profils. Adopter, d’ici à 2027, les modifications réglementaires permettant l’assermentation des exploitants de sociétés de transport ainsi que l’instauration d’un régime d’amende forfaitaire pouvant être infligée aux usagers voyageant sans titre de transport valable. Mettre en place, dès 2026, les modalités permettant d’obtenir du délégataire une présentation analytique des comptes de la délégation. Exiger du délégataire, à compter de 2027, la production d’un compte d’exploitation fiabilisé, rapproché du compte de résultat de la société. Procéder, en 2027, à un réexamen complet des conditions financières du contrat de délégation de service public, tenant compte de l’exécution réelle de la convention et du principe d’une gestion aux risques et périls du délégataire. Veiller à obtenir, dès 2026, la transmission par le délégataire d’un rapport annuel conforme aux exigences contractuelles. Dès 2026, définir des objectifs incitatifs d’amélioration de la qualité de service. Définir, dès 2026, des indicateurs précis de mesure de la qualité du transport scolaire, y compris des prestations sous-traitées, assortis d’un dispositif de pénalités en cas de non-conformité.