Les DSP réunissent le monde du sport


Le ministre et ses agents, la DJS, l’ISPF, le COPF et toutes les fédérations notifiées recevables étaient réunis pour signer la nouvelle DSP.

Tahiti, le 27 février 2026 - À l’occasion de la signature des contrats de délégation de service public (DSP) aux 32 fédérations qui ont validé un long chemin administratif, fastidieux mais nécessaire, la grande famille du sport polynésien s’est retrouvée vendredi soir dans l’amphithéâtre de l’IJSPF, autour des institutions qui ont mené cette grande réforme du cadre réglementaire. Une réforme qui va permettre aux heureux élus d’avancer et de travailler dans les meilleures conditions jusqu’en 2031. 

 

La route fut longue et difficile vers l’obtention des délégations de service public (DSP) pour les différentes fédérations sportives du pays. Trente-sept disciplines étaient concernées, 35 candidatures ont été déposées et 32 ont été retenues. Après un report en 2023, dû au choix du ministère de faire d’abord passer la réforme du cadre réglementaire afin de mettre en place une politique publique claire pour tous, les fédérations ont enfin pu obtenir leur sésame. 

 

L’objectif principal de cette restructuration était d’encadrer l’utilisation des subventions octroyées aux fédérations ayant obtenu la DSP sur toute la durée du contrat, rallongée à cinq ans. Une obligation pour le ministère, qui doit rendre des comptes aux instances, surtout durant cette période des Jeux du Pacifique où le Pays a fortement augmenté ses aides financières pour le sport. 

 

“Pour défendre l’obtention de ces financements et assurer leur pérennité, nous avons été dans l’obligation de demander aux fédérations de se structurer plus efficacement au niveau administratif, mais aussi sur leur projet fédéral”, explique le ministre des Sports, Kainuu Temauri. 

 

Pour ce faire, le ministère a mis en place des outils de suivi nécessaires à la dépense publique. “Les différentes instances nous demandent où vont les financements et comment ils sont utilisés. C’est pour cela que les DSP ont été créées. Nous avons réorganisé le cadre réglementaire pour plus de visibilité, et les outils informatiques le permettent désormais avec davantage de fiabilité.” 

 

Dix-sept missions définies, un contrat pluriannuel, la fin de l’agrément : voilà les principaux changements de ce nouveau cadre. Une évolution qui permettra à l’avenir aux fédérations d’aller chercher des financements sur d’autres terrains. 

 

“Nous savons qu’après les Jeux, les subventions allouées à la performance sportive seront réduites”, poursuit le ministre. 

 

“Avec ces nouvelles DSP, les fédérations vont pouvoir diversifier leurs sources de financement. Grâce à ces nouvelles missions de service public, comme la lutte contre l’oisiveté ou l’obésité, la promotion des modes de vie sains, la prévention contre les stupéfiants et l’addiction aux écrans, les fédérations pourront continuer d’œuvrer dans ces actions sociales, mais cette fois-ci dans le cadre d’un contrat de délégation. Il y a réellement des fonds privés et publics à aller chercher, mais il faut se diversifier. Le sport peut sortir de son secteur principal, qui est la performance, car ses valeurs peuvent servir d’autres actions sociétales.” 

 

Un travail en commun 

 

Du côté des fédérations, cette mue qui va démarrer est attendue et digérée. La lourdeur des démarches administratives en a surpris plus d’une, mais elle a été acceptée au nom du sport polynésien. 

 

Nous avons tous compris la nécessité et l’intérêt de cette réforme. Elle nous avait bien été expliquée en amont, mais je pense que nous ne nous attendions pas à une mise en place aussi exigeante. Cela nous a amenés à nous poser beaucoup de questions, à fonctionner différemment, à compiler les informations et les données, ce qui n’a pas été simple car nous avions l’habitude d’utiliser d’autres processus. Mais les agents de la Jeunesse et des Sports ont été très présents pour nous aider dans les démarches. Tous les membres de la fédération se sont impliqués et cela a créé une nouvelle énergie qui, finalement, nous a portés et nous a soudés autour de ce projet. Nous avons eu du mal à nous lancer, mais une fois engagés, tout s’est bien déroulé. C’est rassurant que la durée de la DSP ait été rallongée et poursuivre nos actions sociétales dans ce cadre-là nous conforte dans nos projets”, déclare Patrick Lopez Diot, président de la Fédération polynésienne de rugby. 

 

Même sentiment du côté de la Fédération de surf, par la voix de son président Max Wasna. Une discipline forte au Fenua, qui se structure d’année en année et voit son travail récompensé par ce renouvellement. “Cela a représenté beaucoup de travail, mais nous savons que c’est pour un long moment. J’ai la chance d’être bien entouré avec toute l’équipe et je tiens vraiment à les remercier, ainsi que les agents de la DJS (Direction de la jeunesse et des sports, NDLR), qui ont été omniprésents. Nous savons qu’il était nécessaire de réformer ce cadre réglementaire et cela fait longtemps que le ministère s’implique dans ce projet. Cela a commencé avec Nahema (Temarii, NDLR), puis Kainuu a bien repris le flambeau. C’est une bonne chose pour le sport en Polynésie. C’est une preuve de confiance, car nous travaillons pour que le sport existe et avance en Polynésie.” 

 

Des fédérations qui s’impliquent au quotidien pour permettre aux sportifs de progresser vers le plus haut niveau, mais aussi pour que ces valeurs fortes se diffusent dans toute la société. 

 


La Fédération polynésienne de rugby du président Patrick Lopez Diot fait partie des heureux élus.

Les membres de la Polynesia Taekwondo étaient présents pour signer le contrat.

Rédigé par Manu Rodor le Samedi 28 Février 2026 à 07:28 | Lu 337 fois