Tahiti, le 3 août 2026 - La Fédération tahitienne de squash a adressé un communiqué destiné au gouvernement à la suite de l’annonce de la fermeture des terrains de squash à Phénix. Son président, Jean-Victor Lussan, s'inquiète pour sa discipline qui aborde la dernière ligne droite avant les Jeux tandis que le dirigeant de Phénix, Alain Siu, tire les “conséquences” de la réattribution des épreuves de tennis en faveur de Dragon.
“Nous demandons un sursis.” Tandis que les Jeux du Pacifique débutent dans moins d’un an, le président de la Fédération tahitienne de squash (FTS), Jean-Victor Lussan, se tourne vers le gouvernement afin de trouver une solution à la suite de la décision du club de l’AS Phénix de fermer ses terrains de squash dès le mois prochain.
Une décision qui “suscite une grande inquiétude” chez le dirigeant puisqu’initialement, il avait été convenu que les infrastructures de Phénix et le nouveau complexe de Pirae, qui est actuellement en construction pour accueillir les épreuves des Jeux, se “succèdent afin d’assurer une continuité de la pratique” au Fenua.
“On veut trouver un accord pour ne pas se retrouver pendant plusieurs mois sans lieu où s’entraîner. Si le squash s’arrête à Phénix, nous n'avons pas de solution de remplacement d’ici l’ouverture de la salle à Pirae prévue en janvier ou février 2027”, insiste Jean-Victor Lussan qui compte sur la solidarité sportive de l’association pour maintenir sa discipline.
“Ce sont les conséquences de nous avoir retiré les épreuves de tennis”
Une demande balayée d’un revers d’une main par le président de l’AS Phénix, Alain Siu. “Ce sont les conséquences de nous avoir retiré les épreuves de tennis des Jeux en faveur de l’AS Dragon ! Ils ne veulent pas de nous pour le tennis alors je ne vois pas pourquoi on ferait preuve de patriotisme pour le squash ?”, s’interroge le dirigeant qui souhaite mettre en place des nouveaux terrains de pickleball et de padel d’ici la fin de l’année.
La FTS paie donc les pots cassés de ce bras de fer et entame la deuxième partie de sa saison avec un énorme point d’interrogation : “Nous avons des sportifs qui s'entraînent six fois par semaine, les championnats de Polynésie en décembre, l’école de squash qui doit ouvrir bientôt à la rentrée… On ne sait même pas quoi encore leur dire”, s’exaspère la Fédération.
Mission impossible en vue des Jeux
D’autant plus que les Jeux approchent à grands pas. Les futurs représentants de la Polynésie seraient directement pénalisés. Un trou dans la raquette qui est loin d’arranger nos ‘aito : “Cela sera très difficile pour nos athlètes, notamment en individuel. Le squash est un sport olympique et les Jeux du Pacifique sont qualificatifs pour les JO 2028 à Los Angeles. On aura par exemple le numéro 2 mondial néo-zélandais (Paul Coll) donc ça risque d’être compliqué même s’il y a le double également.”
Le défi est immense et risque de devenir un obstacle infranchissable si aucune solution n'est trouvée, “mais ce n’est pas une raison d’abandonner et la présélection continuera de s’entraîner”, assure Jean-Victor Lussan. Des mois en eau trouble avant de pouvoir enfin profiter pour la première fois d’une infrastructure publique flambant neuve financée par le Pays en faveur du squash. La tempête avant le calme ?