Le rugby polynésien vise le haut niveau


Rugbymen et athlètes se sont réunis le temps d’un stage.

Tahiti, le 10 janvier 2026 - Depuis le mois de septembre, la Fédération polynésienne de rugby a intégré un nouveau programme mis en place par la DJS qui va permettre aux sports collectifs de mettre en place une filière capable d’emmener ses joueurs et ses joueuses vers le haut niveau. Un projet qui se trouve à l’aube d’un avenir prometteur pour la formation des forts potentiels. Et le rugby ne voulait pas manquer cette opportunité qui contribuera à faire grandir ce sport culturel dans le Pacifique. Après quatre mois de travail, un premier bilan peut être établi. Entre mise en place de l’organisation et projets futurs, le SPAHN a déjà apporté un socle solide au rugby polynésien. 

 

Avec cette volonté de toujours faire progresser ses joueurs et ses joueuses, la Fédération polynésienne de rugby (FPR), est en pleine construction de son avenir. Dans un sport culturel du Pacifique, les acteurs du rugby au Fenua veulent donner à cette discipline la place qu’elle mérite. Mais aucun objectif ne se réalise en un jour et la fédération le sait bien. Les projets se mettent en place et surtout se font les uns après les autres, afin de leur permettre de grandir et d’arriver à leur terme. 

 

Une structure pour encadrer les forts potentiels 

 

Premier sport collectif à intégrer le Centre de performance polynésien (CPP) mis en place par l’IJSPF la saison dernière, l’expérience n’a pas été concluante. Très structurant pour les sports individuels, le CPP n’était pas forcément adapté aux sports collectifs. C’est sur ce constat que la DJS, Direction de la jeunesse et des sports, a lancé le programme SPAHN, Structure polynésienne d’accession au haut niveau, permettant aux sports collectifs de mettre en place un meilleur encadrement pour leurs forts potentiels. Volontaire pour ce projet aux côtés du football, le rugby s’est lancé dès le mois de septembre 2025. “On a très vite été attirés par le projet. Notre expérience au CPP s’est bien passée mais il est vrai que le cadre était plutôt organisé pour les sports individuels. Cela nous a néanmoins permis de nous structurer et de savoir quelle direction prendre. Quand Laurent Heinis, directeur de la DJS, nous a présenté le programme, on a tout de suite dit oui. Nous avons monté le dossier, présenté puis validé”, explique Gilles Lafitte, cadre technique de la FPR. 

 

Avec un planning déjà structuré, les jeunes sélectionnés pour intégrer le projet ont très vite été mis en situation. Entre entraînements collectifs, travail de musculation et suivi médical, ils disposent d’un emploi du temps chargé : “Ce n’est pas évident pour eux car il faut cumuler école et sport. Cela demande un aménagement du temps qui n’est pas simple. Il faut bien comprendre les sacrifices que cela implique. C’est pour cela que nous tenons à mettre en place un maximum de facilités pour eux, car il est primordial qu’ils réussissent leur double projet. Le sport aide à se construire dans sa vie de joueur mais aussi dans sa vie de citoyen. Nous sommes au début du programme et il reste encore beaucoup de choses à organiser, mais je suis sûr que cela va aboutir car tout le monde est conscient de l’importance d’un tel dispositif. Nous avons eu des réunions avec la DGEE, la Direction générale de l’enseignement et de l’éducation, afin de construire avec les proviseurs des emplois du temps adaptés”, poursuit-il. 

 

Après une journée d’école, direction le stade les lundis, mardis, jeudis et vendredis pour des séances intenses : “Ils sont pris en charge par moi-même et par des intervenants extérieurs diplômés et expérimentés afin de leur offrir un maximum d’opportunités de progresser. Benjamin Dao et Apolosi Foliaki s’occupent de la préparation physique et Arnaud Gauthier assure le suivi médical. Il est présent à toutes les séances, ce qui est un vrai plus pour nos jeunes. Nous avons aussi la chance d’avoir Ilona Gaudin, qui gère le transport avec le minibus de la fédération. C’est une aubaine de bénéficier de toutes ces compétences.” Mais cette organisation a un coût et une aide financière serait bienvenue pour pérenniser ce très beau projet : “La FPR s’investit énormément, mais si l’on souhaite que ce projet perdure, il faudra trouver des soutiens”, avertit Gilles Lafitte. 

 

Un stage de reprise avec l’athlétisme 

 

Avec la volonté de performer sur les futures échéances internationales, et notamment les prochains Jeux du Pacifique, la FPR a entendu les différents discours des intervenants extérieurs venus partager leur expérience avec les fédérations du pays. Prônant le mélange des disciplines et le partage des compétences, les jeunes du SPAHN ont participé à un stage en commun avec les jeunes du CPP d’athlétisme. 

 

Encadrés par Gilles Lafitte et Kizito Choleau, cadre technique de la Fédération polynésienne d’athlétisme, les jeunes ont profité de ce moment pour progresser sur des compétences qu’ils n’ont pas forcément le temps de travailler en club : “On sait que l’athlétisme est très complémentaire du rugby, surtout à VII. La vitesse, l’explosivité et la résistance sont des atouts indispensables pour un septiste. Avec tous les cadres techniques, nous avons pu échanger avec des acteurs importants du sport mondial et il en est ressorti que travailler ensemble serait bénéfique. Nous sommes donc partis sur une idée de transfert de compétences importantes pour nos disciplines respectives et les jeunes ont vraiment adhéré. C’était une expérience riche et j’espère que nous pourrons la renouveler, avec cette discipline ou d’autres.” 


Un partage de compétences qui a permis aux jeunes de progresser.


Rédigé par Manu Rodor le Dimanche 11 Janvier 2026 à 10:28 | Lu 359 fois