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Le corps comme un langage


Tahiti, le 14 octobre 2026 - Le Petit théâtre de la Maison de la culture accueille ce week-end et le week-end prochain Un Poyo Rojo, un spectacle où s’entremêlent danse, acrobatie, théâtre physique et clown. Rencontre avec Alfonso Barón et Luciano Rosso pour nous en dire un peu plus sur cette pièce hors normes.
 
Pouvez-vous vous présenter ?
Alfonso : “Nous sommes nés en Argentine. On habite en France depuis quelques années. On a créé notre propre compagnie de théâtre physique depuis l'année 2010, qui s'appelle Poyo Rojo. Notre spectacle, qu'on fait depuis 16 ans, s'appelle Un Poyo Rojo. On a joué plus de 1 500 représentations. Tahiti, c'est le pays numéro 37. Et c'est un spectacle qui tourne depuis longtemps.”
Luciano : “Il y a toute une dramaturgie, il y a toute une histoire, mais il n'y a pas de texte. Ça veut dire que le langage physique, le langage corporel, c'est le protagoniste de cette histoire.”

Pouvez-vous définir ce qu'est le théâtre physique ?
Luciano : “Le théâtre physique, c'est un mélange de danse, théâtre, clown, mimique, acrobatie, tout ce que comprend l'univers corporel. C’est comme le langage, et nous, on mélange tout ça pour raconter une petite histoire.”
Alfonso : “Cette histoire, c'est très simple, en fait. Mais la manière dont on la raconte, c'est très particulier. C'est très visuel, très expressif. Mais il y a une histoire. Même si on ne parle pas, il y a une histoire très, très claire. Il y a une structure très claire et très forte. Mais on a le droit aussi d'improviser dans quelques parties de la pièce.”
Luciano : “Ça parle d’une première rencontre entre deux êtres. Ça montre beaucoup de choses par rapport à la relation entre les deux personnes. Comment est-ce que tu t'accroches à quelqu'un. Commencent à apparaître des compétitions, de l'empathie, du désir, de la joie, du jeu. Il y a des moments vraiment absurdes, fous. C'est vraiment un mélange des sensations avec beaucoup de poésie. Et c'est très sportif aussi. Les enfants nous regardent comme des cartoons (rires).”

De quel environnement vous venez ? De la danse, du théâtre, du cirque ?
Alfonso : “Tout ça en même temps ! Et du sport aussi. On a une formation professionnelle de danse, théâtre, musique un peu aussi et sport.”

Vous parlez de sessions d'improvisation. Comment vous arrivez à caler ça dans le spectacle ?
Luciano : “Déjà, on se connaît très bien. Et puis, on utilise une radio qu’on diffuse en direct. On cherche différentes émissions, soit de la musique, soit des infos. Et on improvise avec ce qu'on sent en ce moment de la radio. Chaque représentation est différente parce qu'il y a des nouvelles tout le temps qui arrivent. Il y a la musique qui donne l'ambiance à chaque scène.”

Vous prenez une radio locale ?
Alfonso : “Oui, c'est la radio de chaque endroit où nous jouons. Même si on ne connaît pas. Des fois, on ne connaît pas la langue, mais ça marche. Le public agit comme si c'était un miroir qui reflète... Il y a une symbiose qui sort de ce rapport entre la radio et le public et nous.”
Luciano : “Ça nous oblige à être présents dans ce moment. Il y a nécessairement... du neuf.”

Si c'est une pièce muette, elle est accompagnée de musique ou uniquement par la radio ?
Alfonso : “Ce n'est pas muet. Vous entendez la rythmique dans la respiration, le son du corps, du sol, de l'espace. Il y a des bruits. Et puis, il y a la radio qui nous donne la musique, les ambiances, les infos, les gens qui parlent. Parfois, c'est une radio religieuse.”
Luciano : “Du coup, oui, on peut dire qu'on mélange le silence, la respiration, l'ambiance, la radio, avec les gens qui parlent sur la radio et la musique sur la radio, et une chanson pour finir. Un style de musique très argentin, c'est très latino-américain. C'est une pièce avec un langage très populaire.”

​Le pitch
Dans un vestiaire transformé en arène, deux hommes s’observent, se défient et se provoquent. Tout passe par le mouvement, les regards, les souffles et les corps. Ils se cherchent, s’affrontent, s’évitent, se séduisent, se repoussent et finissent par se rencontrer, dans un ballet où la tension laisse peu à peu place au désir et à l’abandon.

À la croisée du théâtre, de la danse, de l’acrobatie et de la compétition sportive, Un Poyo Rojo invente un langage corporel d’une précision et d’une expressivité saisissantes.

Nourrie d’improvisations, de portés, de percussions corporelles et d’une énergie débordante, la performance mêle virtuosité physique, sensualité et humour irrésistible.

Dans ce combat de coqs aussi délirant que troublant, Alfonso Barón et Luciano Rosso jouent avec les codes de la virilité et brouillent les frontières : entre le masculin et le féminin, la douceur et la violence, l’animalité et le raffinement, la peur et la séduction.

Leurs corps dialoguent, s’opposent, se mesurent et laissent au public toute liberté d’interprétation.

La pièce est à découvrir ce week-end et le week-end prochain au Petit théâtre de la Maison de la culture.

Un Poyo Rojo

Proposé par la Compagnie du Caméléon
Au Petit théâtre
Les 16, 17, 23 et 24 octobre à 19 h 30
Les 18 et 25 octobre à 17 heures
À partir de 11 ans

Tarifs :
Adultes : 4 500 francs
Étudiants et -18 ans : 3 000 francs
Enfants - 12 ans : 2 500 francs
Offre spéciale valable uniquement les 16, 17 et 18 octobre
Les Pass Famille sont valables pour une même famille composée de 2 adultes + 2 enfants.
Offre Passeport Gourmand : 1 place offerte pour 2 places adultes achetées.
 
Billets en vente dans les magasins Carrefour Faa’a, Punaauia et Arue, à Radio 1/Tiare FM à Fare Ute et en ligne sur :
ticketpacific.pf


Rédigé par Bertrand PREVOST le Mercredi 14 Octobre 2026 à 18:53 | Lu 236 fois