Le VTT à l’heure des jeux


Tahiti, le 22 mars 2026 - Ce dimanche matin, à Punaauia, avait lieu la Vairai VTT XC. Une course de vélo tout-terrain avec un parcours différent, au plus proche de ce qui sera mis en place pour les prochains Jeux du Pacifique. Une nécessité pour la fédération tahitienne de cyclisme, qui met ses athlètes au plus près des exigences qui les attendent l’année prochaine. Medhi Gabrillargues remporte la course masculine, tandis que Clémence Dede, tout auréolée de son titre à la Pacific Cup, termine en tête chez les filles.
 
En ce début d’année 2026, l’objectif est clair pour toutes les fédérations : emmener leurs athlètes au plus proche de ce qui les attend dans un peu plus d’un an. Seize mois exactement avant les Jeux du Pacifique qui se dérouleront à Tahiti du 24 juillet au 7 août 2027. C’est beaucoup et peu à la fois, et les futurs sélectionnés ont besoin d’être mis en condition durant cette période de préparation intense.
 
C’était donc l’objectif pour la Fédération tahitienne de cyclisme (FTC) en organisant cette Vairai VTT XC au parc éponyme de Punaauia, car c’est dans ce parc que sera normalement organisée l’épreuve de VTT. “On a voulu encore changer, car ce sera sûrement le site pour les Jeux, donc on est obligés de tester plusieurs parcours. Sur cette course, on a augmenté la technicité en rajoutant des dévers, mais surtout en faisant le circuit en sens inverse de ce que l’on avait l’habitude de faire, ce qui a rendu le tracé plus difficile”, explique Hervé Arcade, cadre technique de la fédération.
 
Pour lui, il faut se rapprocher toujours davantage du cadre dans lequel vont évoluer les futurs sélectionnés : “Ce format de course est le même que celui des Jeux. C’est la réglementation qui va être appliquée, donc il faut que les coureurs s’y habituent. Pour les coureurs, l’objectif est de rouler entre 1 h 15 et 1 h 30 pour les hommes, et entre 45 minutes et 1 heure pour les femmes. Avec un temps de référence établi lors des deux premiers tours, on calcule le nombre de tours que doivent effectuer les coureurs pour rentrer dans le temps imparti. Aujourd’hui, les hommes ont roulé à peu près une heure et les filles 45 minutes. Les officiels aussi se sont mis dans les conditions réelles après avoir suivi une formation pour encadrer ce genre de compétitions internationales.”
 
Le VTT est donc entré, lui aussi, comme sa discipline sœur, le vélo de route, dans sa dernière ligne droite avant les Jeux. “Aujourd’hui, notre chemin de sélection est simple : participer aux épreuves que l’on organise, aux entraînements que l’on va mettre en place avec tous nos acteurs de la performance (diététicien, nutritionniste, préparateur mental), et surtout être performant sur les différentes épreuves de VTT ou sur route. Après, on ne connaît pas encore les quotas, donc il faut que tout le monde reste en éveil, car rien n’est fait. Même lorsque nous aurons établi une liste, il peut encore y avoir des surprises, car rien n’empêche les blessures ou les contre-performances. Et on a besoin que tout le monde soit investi pour garder une dynamique positive et proposer de l’adversité dans les différentes courses.”
 
Tous les champions réunis
 
Une mobilisation générale qui s’est fait ressentir sur cette course, puisque tous les champions, sur route comme sur terre, étaient présents. L’occasion de se tester et de parfaire sa préparation, tout en restant dans les clous du projet fédéral.
 
Medhi Gabrillargues, spécialiste du VTT, a déjà montré qu’il était en pleine forme. En franchissant la ligne d’arrivée en tête en 57 minutes et 8 secondes, malgré un départ dans la roue de ses concurrents, il a su dominer sa course et prendre 20 secondes d’avance sur son dauphin, Teva Poulain. Le récent vainqueur de la Pacific Cup s’illustre aussi en VTT. Multidisciplinaire, Teva enchaîne les performances, et le sourire qu’il affiche lors des différentes compétitions rappelle que le sport doit rester un plaisir.
 
Une autre championne de la route était également présente : Clémence Dede. Comme Teva, elle revient d’une Pacific Cup réussie, avec une médaille d’or autour du cou. Seule athlète totalement accompagnée par la fédération grâce à son palmarès et son état d’esprit, la championne a repris le VTT après une longue préparation sur route. “Comme je suis en pleine préparation des Oceania sur route, qui auront lieu dans trois semaines, je voulais faire cette course pour mettre un peu de fun dans mes entraînements. L’équipe de la fédération a mis en place un parcours vraiment bien dans les sous-bois. Il y avait de belles descentes et des montées un peu en dévers, des virages serrés. C’était aussi physique, car il y avait beaucoup de relances, mais j’ai vraiment pris du plaisir.”
 
Avec une course pour les VAE (vélos à assistance électrique) et une autre pour les plus jeunes, la FTC a encore une fois réussi son événement. Une réussite qui permettra aux coureurs d’être tirés vers le haut et de se rapprocher au maximum des exigences des prochains Jeux.


Rédigé par Manu Rodor le Dimanche 22 Mars 2026 à 19:12 | Lu 336 fois