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Le Pays souhaite élaborer une stratégie pour explorer les minerais du fond des océans



Les ressources minières des profondeurs océaniques constituent des réserves importantes de métaux (cobalt, fer, manganèse, platine, nickel, or, argent, cuivre, terres rares, etc.), mais elles sont généralement situées à des profondeurs variant de quelques centaines à plusieurs milliers de mètres, ce qui les rend particulièrement difficiles à explorer, encore plus à exploiter (Photo CNRS).
Les ressources minières des profondeurs océaniques constituent des réserves importantes de métaux (cobalt, fer, manganèse, platine, nickel, or, argent, cuivre, terres rares, etc.), mais elles sont généralement situées à des profondeurs variant de quelques centaines à plusieurs milliers de mètres, ce qui les rend particulièrement difficiles à explorer, encore plus à exploiter (Photo CNRS).
PAPEETE, le 23 mai 2019. Le gouvernement a annoncé mercredi qu'il demandait à la société Abyssa, spécialisée dans l’évolution de l’exploration et de la connaissance des grands fonds marins de réaliser "l’élaboration d’une stratégie d’exploration (... des) ressources minières potentielles et plus particulièrement (des) encroûtements cobaltifères". Il y a moins d'un mois, cinq chercheurs ont mis en avant que les grands fonds de Polynésie ont une faune unique, qui pourrait être impactée par une exploitation minière.



Depuis près de 20 ans, les métaux rares sont utilisés pour la fabrication de nombreux objets de haute technologie. Les tensions sont de plus en plus fortes entre la disponibilité des minerais et les besoins mondiaux. Les fonds sous-marins constituent un potentiel de ressources minérales considérable. Avec notre Zone économique exclusive (ZEE) de 5 millions de km2, la perspective d'une source de revenus a fait rêver au fenua. En 2014, le Pays et l'Etat ont demandé à un collège d'experts de réaliser un état des lieux des connaissances et de formuler des recommandations.

Il en est ressorti en 2016 que les terres rares ne sont pas "en quantité suffisante pour présenter un intérêt économique", indique l'étude de l'Institut de recherche pour le développement. En revanche, "les teneurs en métaux (cobalt, nickel, manganèse, titane, platine…) relevés par les différentes campagnes océanographiques présentent un potentiel intéressant", souligne le gouvernement dans le compte rendu du conseil des ministres de mercredi. "Les données disponibles et donc la connaissance des gisements sont très insuffisantes et beaucoup trop fragmentaires pour en tirer des conclusions sur un éventuel potentiel minier."

Pour le gouvernement, "il s’avère indispensable de réaliser des campagnes exploratoires qui nécessitent le développement de technologies adaptées pour ces grands fonds marins". Le Pays a donc décidé de confier à la société Abyssa (filiale spécialisée de Creocean, cabinet d'ingénierie littorale et maritime) "l’élaboration d’une stratégie d’exploration propre à la Polynésie française en termes de ressources minières potentielles et plus particulièrement concernant les encroûtements cobaltifères".

Cette étude, d’un montant de 6,7 millions de Fcfp et d’une durée de neuf mois, permettra d’obtenir "une méthodologie d’investigation permettant à la Polynésie française de pouvoir disposer d’une solution lui permettant d’explorer les fonds marins sous sa juridiction".

Les grands fonds de Polynésie ont une faune unique
Cette annonce du gouvernement polynésien intervient moins d'un mois après que cinq chercheurs français (1) ont mis en avant que les grands fonds de Polynésie française riches en métaux hébergent aussi une faune originale. Ils ont recensé pas moins de 471 espèces.

Les chercheurs ont ainsi expliqué que les reliefs sous-marins profonds de la région présentant des encroûtements polymétalliques épais et riches en métaux sont caractérisés par une biodiversité, discrète et originale.

« Les résultats tendent à montrer que les communautés d'eaux profondes de la Polynésie française ont un score particulièrement élevé d'endémisme et de rareté »
, soulignaient les chercheurs.

Ils indiquent que ces reliefs riches en métaux présentent des communautés d'espèces différentes des localités non encroutées. Ces caractéristiques suggèrent que celles-ci sont donc fragiles face aux perturbations anthropiques, telles que l'exploitation minière, mais aussi le changement climatique.

Les chercheurs ont donc insisté sur la nécessité de préserver ces espèces. « Le rôle des espèces rares dans la structure fonctionnelle des communautés biologiques est encore mal compris, mais des espèces rares peuvent endosser des fonctions originales et sont plus susceptibles de disparaître », indiquent-ils . « La perte d'espèces rares devrait donc avoir un impact important sur le fonctionnement de l'écosystème… Il est clair que les eaux profondes de la Polynésie française abritent des communautés benthiques uniques, ainsi que des espèces endémiques, et doivent donc être considérées comme des environnements sensibles. »

Cette étude était publiée le jour même où un groupe d'experts de l'ONU lance un cri d'alarme sur l'état catastrophique de la nature. 75% de l'environnement terrestre a été "gravement altéré" et 66% de l'environnement marin est également touché, selon le texte.


(1)
Juliette Delavenne, Louise Keszler, Magalie Castelin, Pierre Lozouet, Philippe Maestrati et Sarah Samadi.

Le cobalt utilisé pour les batteries

Les zones les plus prometteuses sont localisées dans les parties nord-est et sud-ouest du plateau des Tuamotu, et secondairement vers la chaîne des monts sous-marins Tarava (au sud des îles de La Société)", décrit l'étude publiée en 2016.
Les zones les plus prometteuses sont localisées dans les parties nord-est et sud-ouest du plateau des Tuamotu, et secondairement vers la chaîne des monts sous-marins Tarava (au sud des îles de La Société)", décrit l'étude publiée en 2016.
Avec l'utilisation croissante des smartphones, tablettes, liseuses et autres portables, la demande pour les batteries rechargeable est en augmentation fulgurante. Qu'elles fonctionnent avec du nickel-cadmium ou du lithium-ion, toutes ces piles ont besoin de cobalt.
L'augmentation de ce besoin est appelée à se poursuivre au vu des projets de vélos et de voitures électriques de plus en plus nombreux.
Le cobalt est aussi utilisé pour la constitution d'alliage et de superalliage extrêmement résistants à la chaleur, utilisé dans les réacteurs d'avion par exemple.


Rédigé par Mélanie Thomas le Jeudi 23 Mai 2019 à 10:06 | Lu 1904 fois






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