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Le Cesec rêve d'Unesco pour le patrimoine des Gambier


La cathédrale Saint-Michel de Rikitea, sur l’île de Mangareva, est l’un des joyaux du patrimoine architectural des Gambier, dont le Cesec souhaite renforcer la protection et envisager une reconnaissance à l’Unesco.
Tahiti, le 4 novembre 2026 - Sauver les monuments des Gambier, transmettre les savoir-faire mangaréviens et, pourquoi pas, viser un jour le patrimoine mondial de l'Unesco. C'est l'ambition portée par un vœu de Voltina Roomataaroa-Dauphin et Léna Normand, adopté à l'unanimité ce mercredi par le Conseil économique, social, environnemental et culturel (Cesec). Avec une conviction : les édifices religieux de l'archipel ne racontent pas seulement l'histoire des missionnaires, mais aussi celle des Mangaréviens qui les ont bâtis.
 

La cathédrale Saint-Michel de Rikitea, l'ancien séminaire d'Aukena, l'église Notre-Dame-de-la-Paix d'Akamaru ou encore la porte monumentale de Taravai racontent une histoire singulière. Celle de la rencontre, au XIXe siècle, entre les techniques introduites par les missionnaires et les savoir-faire des habitants de l'archipel. Un patrimoine qui ne peut donc être réduit au seul héritage religieux : il est aussi “pleinement un héritage mangarévien”, insiste le vœu.
 
Mais le temps fait son œuvre. Humidité, termites, végétation, érosion du littoral et matériaux inadaptés menacent ces édifices. Le Cesec réclame une stratégie de restauration sur plusieurs années, plutôt que des interventions ponctuelles lorsque les dégradations deviennent trop importantes.
 
Restaurer les pierres, former les jeunes
 
Et pourquoi ne pas transformer ces travaux en opportunité pour les habitants ? Le vœu propose de créer de véritables “chantiers-écoles”, où jeunes et artisans mangaréviens retrouveraient les techniques de construction en pierre de corail, à la chaux corallienne ou avec des matériaux traditionnels. De quoi sauvegarder les édifices tout en développant des compétences et une activité locale.
 
L'ambition pourrait aller plus loin avec la reconnaissance d'un “Paysage culturel des Gambier”, associant Mangareva, Aukena, Akamaru et Taravai. Le Cesec propose d'en étudier le potentiel au regard des critères de l'Unesco, avant d'envisager, si les conditions sont réunies, une inscription sur la liste indicative française, préalable à toute candidature au patrimoine mondial. Une démarche qui devra associer les propriétaires, la commune, le Pays, l'État et surtout les Mangaréviens.
 
“Les Gambier ne nous ont pas seulement transmis des monuments : elles nous ont transmis un paysage façonné par une histoire, un peuple, des croyances, des savoir-faire et un environnement insulaire exceptionnel”. Car au-delà des vieilles pierres, c'est bien tout un héritage vivant que le Cesec souhaite préserver, transmettre et, peut-être un jour, faire reconnaître à l'échelle mondiale.

Rédigé par Stéphanie Delorme le Mercredi 4 Novembre 2026 à 14:02 | Lu 268 fois