Tahiti Infos
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La vraie beauté des îles




La nuit tombait sur Tahiti. Les grillons chantaient sous la Lune. Non loin de la maison, on entendait les vagues finir leur course sur le récif. Alicia était venue voir ses amis polynésiens. Aroha et Fetia l’accueillirent chaleureusement. Avera, leur fille, lui sauta dans les bras. Au moment de se coucher, Avera voulait qu’Alicia lui raconte une histoire d’île. 
- C’est l’histoire…de Hina, lut Alicia sur un livre posé sur l’étagère, une femme qui venait sur Tahiti pour la première fois. Elle regarda par le hublot de l’avion. Elle vit d’immenses montagnes au milieu de l’océan et, autour, un lagon, du bleu le plus pur qu’elle n’ait jamais vu.
Les yeux d’Avera brillaient. Elle adorait les baignades dans le lagon. 
- Mais quand Hina débarqua à l’aéroport, on lui annonça que sa valise était égarée. Elle chercha son ami qui devait la chercher. Hélas, il s’est trompé à cause du décalage horaire. Il est à Moorea et ne peut pas venir aujourd’hui. 
- Il est carrément nul! Alicia rit face au jugement de la jeune fille et poursuivit: 
- Le monde autour de Hina lui parut alors hostile. Elle s’effondra sur un siège de l’aéroport et pleura…
Avera resta silencieuse. 
- C’est alors qu’un couple de jeunes Tahitiens s’approcha d’elle. La femme demanda à Hina ce qui l’attristait. Après que celle-ci lui ait raconté son incident, le couple proposa de l’héberger. A ces mots, Hina fut gênée. Dans son pays, on parlait rarement aux inconnus. Encore moins pour leur proposer de l’aide. Mais elle n’avait pas d’autre option. Elle sécha donc ses larmes et accepta. Ce couple la reçut avec une hospitalité exemplaire. Ils partagèrent un maa tahiti. Hina a adoré le poisson cru! Ils ont bien ris en lui faisant goûter du fafaru…ça puait tellement !
Avera éclata de rire. 
- Ils lui montrèrent l’île, ses montagnes, ses plages. Hina se sentit proche de la nature. Ils l’emmenèrent voir la danse traditionnelle tahitienne. Ses amis étaient d’excellents danseurs. Hina sentait la nature polynésienne dans la fluidité de leurs gestes. Quelques jours plus tard, on ramena la valise de Hina. Emue par l’accueil de ses amis, cette dernière en avait oublié ses soucis. Elle comprit que la beauté des îles ne résidait pas dans la splendeur de ses paysages, mais dans la bonté du coeur de ses habitants.
Une fois Avera endormie, Alicia retrouva Fetia. 
- Tu lui as parlé du fafaru! lança-t-elle en riant. 
Alicia sourit. Une larme roula sur sa joue. 
- Tu pleures?
- Parfois je me demande juste ce que j’aurais fait ce jour-là si tu ne m’avais pas trouvé avec Aroha…
- C’est normal…on n’allait pas te laisser comme ça! 
- Ce qui est normal pour toi n’était pas évident pour moi…Je n’aurais pas cru que l’on puisse aider des inconnus. Je ne te remercierais jamais assez pour tout ce que tu as fait…
 
Pour toute réponse, Fetia lui sourit. Cela faisait six ans qu’Alicia était en Polynésie et elle n’oubliait pas son arrivée qu’elle racontait autour d’elle. Pour que chacun sache que la vraie beauté des îles vient de la bonté de ceux qui y vivent… 
 
Molly Jean