Tahiti le 6 mars 2026 – Après les grosses pluies de jeudi, un éboulement a encore eu lieu dans le quartier Te Honu à Afaahiti, le site du drame de novembre dernier. Le président du Pays appelle à la vigilance en évoquant la “probabilité (…) pas nulle” d’un nouvel éboulement.
En novembre dernier, lors des fortes pluies, huit habitants étaient décédés à Afaahiti à la suite du grave éboulement qui avait enseveli plusieurs habitations du quartier Te Honu. Depuis, la plupart des familles habitant en zone exposée ont été relogées par le Pays, à l’instar de la famille Tura, qui revient de temps en temps chez elle pour “faire un peu de ménage”.
Mercredi dernier, cette famille décide de se rendre à son domicile et envisage d’y passer la nuit : “On était tout content d'être chez nous (…). Mais quand on retourne là-bas on reste vigilant”, assure Poeana Tura.
En novembre dernier, lors des fortes pluies, huit habitants étaient décédés à Afaahiti à la suite du grave éboulement qui avait enseveli plusieurs habitations du quartier Te Honu. Depuis, la plupart des familles habitant en zone exposée ont été relogées par le Pays, à l’instar de la famille Tura, qui revient de temps en temps chez elle pour “faire un peu de ménage”.
Mercredi dernier, cette famille décide de se rendre à son domicile et envisage d’y passer la nuit : “On était tout content d'être chez nous (…). Mais quand on retourne là-bas on reste vigilant”, assure Poeana Tura.
“On n'est pas près de retourner”
À 16 heures jeudi, une grosse pluie tombe sur Afaahiti. “Il y avait des fuites d’eau dans la maison (…) Mon mari est allé regarder d'où elles venaient, et en allant voir dans notre chambre (…). Il a entendu un gros bruit. Ça l'a un peu effrayé, du coup, il a couru dehors. Et c'est là qu'il a vu que la montagne n'était plus une montagne, c'était une cascade. Il y avait un grand torrent d'eau qui coulait tout le long de la montagne.”
Sans perdre un instant, la décision de quitter les lieux est prise : “Mes enfants sont allés prévenir le voisinage pendant que mon mari et moi on préparait les affaires”, se souvient Poeana. “Les murs et la maison ont tremblé (…). C'était effrayant, mes enfants ont eu peur.”
En se rendant chez eux, la famille Tura voulait reprendre possession des lieux. “C'était le but, on voulait voir comment on allait réagir en étant dans notre maison. Passer quelques nuits là-bas, pour voir si ça va. Mais là, on n'est pas près de retourner, nos enfants sont choqués.”
Depuis novembre dernier, les familles qui ont été relogées ont juste “le droit d'aller récupérer quelques affaires et tout, mais pas encore d'y dormir.” À la suite de l’éboulement meurtrier qui avait frappé, le quartier Te Honu a été découpé selon les risques encourus par les riverains : les maisons situées à l’entrée du quartier sont en “zone verte”. La maison de Poema et de sa famille est située en zone orange : “Il y a deux mois, en janvier, il y a eu un arrêté [municipal] qui nous a reclassés en zone verte. Du coup, on s'est dit, que l’on pouvait essayer de retourner chez nous.".
Sans perdre un instant, la décision de quitter les lieux est prise : “Mes enfants sont allés prévenir le voisinage pendant que mon mari et moi on préparait les affaires”, se souvient Poeana. “Les murs et la maison ont tremblé (…). C'était effrayant, mes enfants ont eu peur.”
En se rendant chez eux, la famille Tura voulait reprendre possession des lieux. “C'était le but, on voulait voir comment on allait réagir en étant dans notre maison. Passer quelques nuits là-bas, pour voir si ça va. Mais là, on n'est pas près de retourner, nos enfants sont choqués.”
Depuis novembre dernier, les familles qui ont été relogées ont juste “le droit d'aller récupérer quelques affaires et tout, mais pas encore d'y dormir.” À la suite de l’éboulement meurtrier qui avait frappé, le quartier Te Honu a été découpé selon les risques encourus par les riverains : les maisons situées à l’entrée du quartier sont en “zone verte”. La maison de Poema et de sa famille est située en zone orange : “Il y a deux mois, en janvier, il y a eu un arrêté [municipal] qui nous a reclassés en zone verte. Du coup, on s'est dit, que l’on pouvait essayer de retourner chez nous.".
“La probabilité qu'il y ait un nouvel éboulement n'est pas nulle”
Dès vendredi le président du Pays Moetai Brotherson s’est rendu à Afaahiti pour rencontrer les familles. “J'ai vu circuler sur les réseaux des vidéos et des images qui étaient potentiellement un peu alarmiste, donc je me suis tout de suite déplacé sur Afaahiti. Il en ressort que ce n'est pas un nouvel éboulement, c'est une coulée de boue qui, sous l'effet de la pluie battante qu'il y a eu ces derniers jours, a emporté une partie du talus qui s'est déformé après l'éboulement. Et c'est ce talus qui s'est déversé dans une partie du lotissement et dans la servitude notamment”, a-t-il précisé.
Mais le président du Pays reste prudent : “Je ne suis pas spécialiste mais visuellement, quand on regarde le flanc de colline, on voit bien qu'il y a des endroits qui ont l'air un peu en suspens. La probabilité qu'il y ait un nouvel éboulement n'est pas nulle. C'est la raison pour laquelle il y a des maisons, celles qui sont vraiment le plus près de la colline, ont été tout de suite classées interdites pour que les gens ne les réintègrent pas, parce qu’elles sont les plus exposées.”
Mais le président du Pays reste prudent : “Je ne suis pas spécialiste mais visuellement, quand on regarde le flanc de colline, on voit bien qu'il y a des endroits qui ont l'air un peu en suspens. La probabilité qu'il y ait un nouvel éboulement n'est pas nulle. C'est la raison pour laquelle il y a des maisons, celles qui sont vraiment le plus près de la colline, ont été tout de suite classées interdites pour que les gens ne les réintègrent pas, parce qu’elles sont les plus exposées.”
“Nous avons conseillé d'étendre la zone rouge”
Des mesures administratives ont été prises et rédigées après analyse des experts et des géotechniciens calédoniens dépêchés par l'État en novembre dernier. Trois zones ont été mises établies : une zone rouge où l’accès est interdit ; une zone orange avec un accès limité en journée avec l'appui des pompiers, et en fonction des conditions météorologiques juste pour récupérer leurs effets personnels, et nourrir les animaux ; et enfin une zone verte “hors de danger” où les habitants ont été autorisés à réintégrer leur logement.
Depuis les pluies de jeudi dernier “nous avons conseillé d'étendre la zone rouge, qui aujourd'hui englobe quasiment toutes les maisons qui existent en zone orange (…). Personne n'a le droit d'y accéder, jusqu'à un nouvel ordre, c'est-à-dire jusqu’à que les travaux de sécurisation soient engagés et que toutes les études permettent de confirmer la sécurité optimale”
Depuis les pluies de jeudi dernier “nous avons conseillé d'étendre la zone rouge, qui aujourd'hui englobe quasiment toutes les maisons qui existent en zone orange (…). Personne n'a le droit d'y accéder, jusqu'à un nouvel ordre, c'est-à-dire jusqu’à que les travaux de sécurisation soient engagés et que toutes les études permettent de confirmer la sécurité optimale”
Plans d'action curatifs et préventifs
Selon le directeur général des services de Taiarapu-est, Teiva Archer, Taiarapu-Est a depuis deux ans “le plus grand nombre de permis de construire octroyés sur Tahiti, juste derrière Moorea. On a un volume de 180 à 200 permis de construire par an, sur à peu près 220 demandes” : “On est vigilant car il faut fournir l’eau aux nouveaux administrés mais on considère aussi les risques naturels.” La commune appelle à ce titre le Pays et l’État à “réfléchir ensemble sur des plans d'action curatifs c’est-à-dire comment on règle les désordres connus, et préventifs pour l’octroi des permis de construire, et la mise en place des aménagements”.
Même si Taiarapu-Est n’a toujours pas de Plan général d’aménagement, le responsable municipal précise que “les communes du Sud réfléchissent depuis un moment à sa rédaction”. Elles sont conscientes que le risque est de réduire les “superficies constructibles. Beaucoup de Tahitiens migrent vers le sud, parce qu'on a une qualité d'offres de services, une qualité de vie et on a encore accès aux ressources naturelles et à la mer. Et aussi parce que le prix est encore abordable. Le PGA va avoir un impact forcément sur les prix”. Teiva Archer rappelle aussi que Taiarapu-Est accueille les administrés des communes voisines en étant le centre administratif : “On absorbe un petit peu comme Papeete les populations limitrophes, aujourd'hui, on doit organiser cela.”
Même si Taiarapu-Est n’a toujours pas de Plan général d’aménagement, le responsable municipal précise que “les communes du Sud réfléchissent depuis un moment à sa rédaction”. Elles sont conscientes que le risque est de réduire les “superficies constructibles. Beaucoup de Tahitiens migrent vers le sud, parce qu'on a une qualité d'offres de services, une qualité de vie et on a encore accès aux ressources naturelles et à la mer. Et aussi parce que le prix est encore abordable. Le PGA va avoir un impact forcément sur les prix”. Teiva Archer rappelle aussi que Taiarapu-Est accueille les administrés des communes voisines en étant le centre administratif : “On absorbe un petit peu comme Papeete les populations limitrophes, aujourd'hui, on doit organiser cela.”
Moetai Brotherson, Président de la Polynésie française “On a prévu de voir les habitants pour faire le point”
“Le Pays n'a pas vocation à venir se substituer au système assurantiel (…). Je crois que la plupart des personnes qui habitaient ce lotissement n'ont pas pris d'assurance spécifique par rapport au type de sinistre qui les a touchés. On n'a pas vocation à venir remplacer le bien qui serait indisponible suite au zonage. Dans l'urgence, on a repositionné les gens dans le lotissement OPH, de manière temporaire.
Ensuite, on les accompagne pour qu'ils réintègrent leur domicile, pour ceux qui peuvent, et pour ceux qui ne peuvent pas, on les aide à intégrer le parc privé. Les lotissements OPH sont destinés à un public social, il faut répondre à certains critères. Or, la plupart des personnes qui ont été relogées temporairement sont bien au-delà des critères sociaux.
De toute façon, on a prévu, après les élections municipales, de revenir voir les habitants pour faire le point, parce qu'il y en a qui veulent rentrer, d’autres ne veulent pas. Il y en a qui étaient locataires, d'autres propriétaires. Donc, les situations sont vraiment spécifiques et doivent être examinées au cas par cas (…). Un travail d'enquête sociale a déjà été mené par la DSFE. Donc, on a la cartographie, en gros, des situations. Maintenant, il faut rediscuter avec toutes ces personnes.”
Ensuite, on les accompagne pour qu'ils réintègrent leur domicile, pour ceux qui peuvent, et pour ceux qui ne peuvent pas, on les aide à intégrer le parc privé. Les lotissements OPH sont destinés à un public social, il faut répondre à certains critères. Or, la plupart des personnes qui ont été relogées temporairement sont bien au-delà des critères sociaux.
De toute façon, on a prévu, après les élections municipales, de revenir voir les habitants pour faire le point, parce qu'il y en a qui veulent rentrer, d’autres ne veulent pas. Il y en a qui étaient locataires, d'autres propriétaires. Donc, les situations sont vraiment spécifiques et doivent être examinées au cas par cas (…). Un travail d'enquête sociale a déjà été mené par la DSFE. Donc, on a la cartographie, en gros, des situations. Maintenant, il faut rediscuter avec toutes ces personnes.”
Teiva Archer, Directeur général des services de Taiarapu-Est “Une mise en danger des personnes”
“En allant sur le terrain, on a vu des locataires dans une des maisons situées en zone orange et ils viennent des îles. Il n’y a eu aucun respect aussi bien des mesures de police, que de ces personnes qui vivent dans une zone dangereuse (…). C'est apparemment une nouvelle famille (…). Je pense que là, une enquête va être ouverte s'il y a une mise en danger des personnes (…). On va devoir agir.
Sachez aussi qu'il y a quand même une enquête judiciaire qui concerne toute cette affaire d’éboulement en rechercher du ou des responsables parce qu'il y a des vies qui ont été perdues, malheureusement. Il y a aussi des travaux de consolidation, parce que c'est une perte économique pour toutes ces personnes qui ont construit, qui vivent là, et qui, du jour au lendemain, se sont retrouvées sans logement.”
Sachez aussi qu'il y a quand même une enquête judiciaire qui concerne toute cette affaire d’éboulement en rechercher du ou des responsables parce qu'il y a des vies qui ont été perdues, malheureusement. Il y a aussi des travaux de consolidation, parce que c'est une perte économique pour toutes ces personnes qui ont construit, qui vivent là, et qui, du jour au lendemain, se sont retrouvées sans logement.”