Tahiti, le 3 janvier 2026 - Après 43 jours de grève et des négociations qui n’ont pas abouti entre la direction de l’aviation civile et le syndicat Usac-CGT après le dépôt d’un nouveau préavis, le mouvement est reparti jeudi matin. “Grève ou pas grève, les agents fatiguent”, indique le syndicat qui rappelle qu’en 2022-2023, ils étaient 36 agents. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 23 agents qui “assurent H24 la sécurité aérienne du ciel polynésien avec le trafic que l'on connaît”.
Le syndicat Usac-CGT a répondu favorablement à l’invitation lancée par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) mercredi pour négocier avant que les agents ne prolongent leur mouvement de grève. En effet, leur nouveau préavis de grève devait prendre effet le 1er janvier à 0 heure. Les négociations ont duré plus de deux heures, mercredi, sans qu’aucun accord n’ait été trouvé entre les deux parties.
Les revendications du syndicat ainsi que les propositions de la direction ont été réétudiées et aucune décision n’a finalement été prise sauf à “toujours renvoyer à des échéances ultérieures”, regrette la représentante du syndicat Tiarama Lehartel. Cette dernière souligne tout de même qu’il y a eu une petite avancée : “Le directeur a accepté de transmettre à la DGAC trois demandes, le classement en liste 5 immédiat, l'évaluation du besoin opérationnel en contrôleurs aériens à 42 et un plan d'affectation des contrôleurs aériens écrit, daté et chiffré avec des échéances et signé au plus haut niveau afin qu'il ne puisse être opposable et qu’il puisse se faire respecter”.
Elle regrette toutefois que la direction ait dû attendre 43 jours de grève pour se rendre compte que les agents sont “mobilisés et déterminés. On ne lâchera pas, en tout cas on ne prendra pas le risque de lâcher une grève sur des promesses ou encore sur des groupes de travail, des études, c'est plus une question d'analyse, les chiffres sont là, le trafic est là. Les agents, il n'y en a pas assez, ils sont fatigués, donc on n'est plus au stade d'analyser ou de justifier, maintenant on est au stade où il faut une prise de décision et c'est urgent.”
Deux membres de la CGT au niveau national ont même participé aux négociations par visioconférence, ce qui a conforté ses représentants. “Malgré le contexte festif de fin d'année, ils étaient présents et ils ont même passé la barre de minuit en conciliation avec nous, donc c'est un signe fort aussi envoyé à l'administration qu'on est soudés et déterminés”. Tiarama Lehartel précise que c’est la première fois que l’administration se retrouve en minorité lors d’une négociation, elle était représentée par deux membres et le syndicat quatre.
Direction et syndicat se sont quittés aux alentours de 13 h 30 et puis plus rien. Le mouvement de grève a donc continué à Faa’a.
Le syndicat Usac-CGT a répondu favorablement à l’invitation lancée par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) mercredi pour négocier avant que les agents ne prolongent leur mouvement de grève. En effet, leur nouveau préavis de grève devait prendre effet le 1er janvier à 0 heure. Les négociations ont duré plus de deux heures, mercredi, sans qu’aucun accord n’ait été trouvé entre les deux parties.
Les revendications du syndicat ainsi que les propositions de la direction ont été réétudiées et aucune décision n’a finalement été prise sauf à “toujours renvoyer à des échéances ultérieures”, regrette la représentante du syndicat Tiarama Lehartel. Cette dernière souligne tout de même qu’il y a eu une petite avancée : “Le directeur a accepté de transmettre à la DGAC trois demandes, le classement en liste 5 immédiat, l'évaluation du besoin opérationnel en contrôleurs aériens à 42 et un plan d'affectation des contrôleurs aériens écrit, daté et chiffré avec des échéances et signé au plus haut niveau afin qu'il ne puisse être opposable et qu’il puisse se faire respecter”.
Elle regrette toutefois que la direction ait dû attendre 43 jours de grève pour se rendre compte que les agents sont “mobilisés et déterminés. On ne lâchera pas, en tout cas on ne prendra pas le risque de lâcher une grève sur des promesses ou encore sur des groupes de travail, des études, c'est plus une question d'analyse, les chiffres sont là, le trafic est là. Les agents, il n'y en a pas assez, ils sont fatigués, donc on n'est plus au stade d'analyser ou de justifier, maintenant on est au stade où il faut une prise de décision et c'est urgent.”
Deux membres de la CGT au niveau national ont même participé aux négociations par visioconférence, ce qui a conforté ses représentants. “Malgré le contexte festif de fin d'année, ils étaient présents et ils ont même passé la barre de minuit en conciliation avec nous, donc c'est un signe fort aussi envoyé à l'administration qu'on est soudés et déterminés”. Tiarama Lehartel précise que c’est la première fois que l’administration se retrouve en minorité lors d’une négociation, elle était représentée par deux membres et le syndicat quatre.
Direction et syndicat se sont quittés aux alentours de 13 h 30 et puis plus rien. Le mouvement de grève a donc continué à Faa’a.
“Maintenant, on veut des actes”
La représentante du syndicat Usac-CGT rappelle que la direction de l’aéroport de Tahiti-Faa’a a annoncé lors d’une conférence de presse, début décembre, une augmentation de plus de 6 % du trafic commercial domestique et international. “C’est même une année record”, avait souligné ADT.
“Et tout ça avec 23 contrôleurs, donc, évidemment qu'ils fatiguent. Qu'il y ait grève ou pas grève, les agents fatiguent. Il n'y a que 23 agents qui assurent H24 la sécurité aérienne du ciel polynésien avec le trafic que l'on connaît. On sait que le mois de décembre, c'est le mois le plus chargé de l'année et on a un trafic en augmentation”, insiste lourdement la représentante de l’Usac-CGT.
Elle rappelle d’ailleurs qu’en 2022-2023, la DGAC comptabilisait 36 contrôleurs. “Le besoin opérationnel était fixé à 38, on était déjà en sous-effectif”, précise la syndicaliste.
Elle reconnaît qu’il y a eu des renforts. Seulement, “ils ont fait venir 18 personnes, mais ils ne disent jamais qu'il y en avait 30 qui partaient et c'est ça le problème. L'information est tronquée, et il faut les croire sur parole, alors que dans les actes, ce n'est pas le cas. On a passé ce temps de croire au Père Noël, maintenant on veut des actes”.
“Et tout ça avec 23 contrôleurs, donc, évidemment qu'ils fatiguent. Qu'il y ait grève ou pas grève, les agents fatiguent. Il n'y a que 23 agents qui assurent H24 la sécurité aérienne du ciel polynésien avec le trafic que l'on connaît. On sait que le mois de décembre, c'est le mois le plus chargé de l'année et on a un trafic en augmentation”, insiste lourdement la représentante de l’Usac-CGT.
Elle rappelle d’ailleurs qu’en 2022-2023, la DGAC comptabilisait 36 contrôleurs. “Le besoin opérationnel était fixé à 38, on était déjà en sous-effectif”, précise la syndicaliste.
Elle reconnaît qu’il y a eu des renforts. Seulement, “ils ont fait venir 18 personnes, mais ils ne disent jamais qu'il y en avait 30 qui partaient et c'est ça le problème. L'information est tronquée, et il faut les croire sur parole, alors que dans les actes, ce n'est pas le cas. On a passé ce temps de croire au Père Noël, maintenant on veut des actes”.
“L’État est capable de faire des choses hors cadre pour ne pas dire hors la loi”
La syndicaliste pointe également du doigt le fait que les “droits” des agents de l’aviation civile du Fenua soient piétinés. “On devrait avoir les mêmes droits que tous les fonctionnaires d'État et notamment des droits au repos, des droits à la déconnexion, des droits au congé et un droit de grève qui est respecté”.
La représentante de Usac-CGT, Tiarama Lehartel, fait référence notamment au “chantage aux congés. Parce qu'il y a une grève en cours, on ne peut pas valider nos congés. Mais où est-ce qu'on a vu ça ? Je n’ai jamais vu ça avant dans ma carrière. Il a fallu venir en Polynésie pour se rendre compte que l'État est quand même capable de faire des choses hors cadre pour ne pas dire hors la loi.”
Elle rappelle d’ailleurs à sa direction que “diriger, c’est prévoir (…). Ce n'est pas le boulot des contrôleurs aériens de leur expliquer leur travail, chacun fait son travail. Un contrôleur aérien garantit la sécurité du trafic aérien et il faut qu'il arrive reposé, en pleine capacité pour faire son travail, il ne va pas aller résoudre les problèmes de l'administration, en termes de planning”.
Tiarama Lehartel rajoute même que la direction doit arrêter de “marchander” les heures auprès des contrôleurs aériens. “Si un contrôleur doit faire 9 heures de travail maximum par jour, tu ne peux pas lui demander d’en faire 12 et lui dire : ‘Ne t'inquiète pas, on va te rembourser tes heures’. Ça suffit.”
La représentante de Usac-CGT rappelle que les contrôleurs aériens “ne sont pas des robots. Ce sont des êtres humains avec des besoins physiologiques, avec des limites physiologiques, vous ne pouvez pas les traiter comme des décimales ou des virgules, c'est-à-dire 0,5 plus 0,5, ça fait 1. Eh bien non, ce sont quand même deux personnes."
La représentante de Usac-CGT, Tiarama Lehartel, fait référence notamment au “chantage aux congés. Parce qu'il y a une grève en cours, on ne peut pas valider nos congés. Mais où est-ce qu'on a vu ça ? Je n’ai jamais vu ça avant dans ma carrière. Il a fallu venir en Polynésie pour se rendre compte que l'État est quand même capable de faire des choses hors cadre pour ne pas dire hors la loi.”
Elle rappelle d’ailleurs à sa direction que “diriger, c’est prévoir (…). Ce n'est pas le boulot des contrôleurs aériens de leur expliquer leur travail, chacun fait son travail. Un contrôleur aérien garantit la sécurité du trafic aérien et il faut qu'il arrive reposé, en pleine capacité pour faire son travail, il ne va pas aller résoudre les problèmes de l'administration, en termes de planning”.
Tiarama Lehartel rajoute même que la direction doit arrêter de “marchander” les heures auprès des contrôleurs aériens. “Si un contrôleur doit faire 9 heures de travail maximum par jour, tu ne peux pas lui demander d’en faire 12 et lui dire : ‘Ne t'inquiète pas, on va te rembourser tes heures’. Ça suffit.”
La représentante de Usac-CGT rappelle que les contrôleurs aériens “ne sont pas des robots. Ce sont des êtres humains avec des besoins physiologiques, avec des limites physiologiques, vous ne pouvez pas les traiter comme des décimales ou des virgules, c'est-à-dire 0,5 plus 0,5, ça fait 1. Eh bien non, ce sont quand même deux personnes."
Tiarama Lehartel, représentante de l’Usac-CGT “Nous sommes pénalement responsables”
“Il y a un moment, il faut aussi qu’on se protège car être contrôleur aérien, ce n’est pas remplir des tableaux Excel. Il est là pour assurer la sécurité des avions qui volent avec des passagers à bord. S'il y a une erreur, on va en prison, nous sommes pénalement responsables alors que si tu te trompes dans un tableau Excel, tu ne l’es pas. Même si on ne va pas jusqu'à l'accident, on peut être inquiété pénalement, parce qu'on va venir chercher notre prise de décision et ce même si la prise de décision se fait dans un contexte où celui qui la prend est fatigué et que la décision doit être prise en temps réel. On ne peut pas dire à un avion, s'il vous plaît, arrêtez-vous au feu rouge, là il faut que je souffle. Non, la sécurité aérienne ne prend pas de pause. Voilà, les contrôleurs aériens s’occupent particulièrement de la sécurité du ciel polynésien, et c'est pour ça qu’on en est rendus à 43 jours de grève, nous sommes des gens responsables, on aime notre travail, mais on exige d'avoir les moyens d'assumer les missions qui nous sont confiées H24 et 7 jours sur 7.”