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L'interdiction des crèmes solaires n'est pas la priorité selon le CESC


Photo d'illustration : AFP
Photo d'illustration : AFP
PAPEETE, le 26 mars 2019. Le CESC a étudié ce mardi matin la proposition de loi du Pays, déposée par Eliane Tevahitua, visant à interdire l'utilisation des crèmes solaires. Pour la quatrième institution, il faut "prioriser les actions à mettre en œuvre" pour la préservation de notre environnement et s'occuper d'abord des décharges sauvages.



Le CESC a examiné ce mardi une proposition de loi du Pays portant interdiction des produits de protection solaire contenant de l'oxybenzone ou de l'octinoxate.

"La protection des récifs coralliens, tant pour notre Pays que dans le monde entier, est un objectif vital qui doit être défendu et poursuivi", ont indiqué les membres de la quatrième institution du Pays. "En l’état actuel des recherches scientifiques et des connaissances en la matière et suite à l’ensemble des auditions tenues, l’interdiction en Polynésie française des produits de protection solaire contenant de l’oxybenzone ou de l’octinoxate constitue une mesure présentant un intérêt certain mais qui n’est pas suffisante à elle seule pour atteindre un objectif de protection durable de nos coraux."

"Cette proposition de loi du Pays a l’intérêt de susciter le débat mais, si cette interdiction se veut symbolique à l’instar de celle de Hawaii ou de Palau, elle est aujourd’hui incomplète, tant au niveau des produits qui devraient être interdits (qu’il s’agisse des composants ou des produits finis), qu’au niveau du périmètre des interdictions", relève le CESC.
"D’autres problématiques environnementales doivent être traitées prioritairement, telles que les décharges sauvages, l’absence de systèmes d’assainissement collectif, les évacuations de boues dans les rivières se déversant dans les lagons et l’océan ou le recyclage des plastiques qui méritent une attention et des actions urgentes et spécifiques."

" Les remblais notamment sur le littoral et le récif frangeant, les extractions de soupe de corail et le changement climatique global (montée du niveau des eaux, augmentation de la température, risque accru de cyclones) pèsent également dans la dégradation de notre milieu marin et la disparition de notre biodiversité", ont souligné les membres du CESC.

Le CESC enjoint les autorités publiques concernées à compléter la réglementation actuelle et prioriser les actions à mettre en œuvre dans ce domaine, pour la préservation de notre environnement.



le Mardi 26 Mars 2019 à 13:48 | Lu 2172 fois