L’aviron indoor à l’heure internationale


Beaucoup de monde a participé à ces championnats, dans toutes les îles de Polynésie.

Tahiti, le 8 mars 2026 - Durant quatre jours, du 4 au 7 mars, les World Rowing Virtual Indoor Sprints, organisés par la Fédération internationale des sociétés d’aviron, ont connecté les rameurs du monde entier. Et l’aviron polynésien n’a pas manqué cette occasion de participer à l’événement. Associée aux championnats de Polynésie du 1 000 mètres et organisée samedi à la salle polyvalente du Lagon Bleu de Papeete, cette compétition a réuni au Fenua des participants de Tahiti jusqu’aux Marquises en passant par Moorea. Un intérêt grandissant pour l’aviron indoor connecté, qui permet de se mesurer à l’international, où que l’on se trouve. 

 

L’aviron polynésien est en plein essor. Grâce à l’investissement des clubs et au dynamisme de la Fédération polynésienne d’aviron, ce sport de glisse a su s’adapter à ses différents environnements pour permettre à tout le monde de le pratiquer. Ramer sur l’eau demande une adaptation complexe. Entre le temps et le matériel exigés, les résultats peuvent être parfois irréguliers. Ces différents facteurs qui affectent l’aviron traditionnel ont facilité l’arrivée de l’indoor. Pratique qui permet de continuer à ramer pendant n’importe quelle saison, cette méthode d’entraînement s’est muée en discipline à part entière. Et la Polynésie n’a pas manqué ce virage important, permettant à beaucoup de personnes de se lancer dans l’aventure. 

 

Avec un engouement grandissant, les clubs se sont adaptés à cette nouvelle forme de rame, allant même jusqu’à se spécialiser. “Nous, on ne fait que de l’aviron indoor. Notre club développe uniquement cette discipline, qui a beaucoup d’avantages, comme pouvoir mesurer précisément les distances, les temps et les performances. Elle est accessible à tous, que ce soit pour le loisir, la santé ou la compétition. Aujourd’hui, on participe avec les rameurs du club à cet événement qui regroupe les WRV Indoor Sprints et les championnats de Polynésie du 1 000 mètres. Moi, je les accompagne pour les soutenir, mais aussi pour participer.” Pour Cyril Gaudemer, champion de judo mais aussi coach de rame indoor au club Farehoe de Pirae, ce genre d’événements doit aussi attirer les non-licenciés. “Ce sont des éléments moteurs pour l’aviron indoor, mais on attend beaucoup plus de personnes non licenciées qui viendraient découvrir cette pratique ou se lancer un challenge. Tout le monde peut y participer et se découvrir une passion pour ce sport complet.” 

 

Surtout que toutes les catégories peuvent participer et de n’importe où en Polynésie. “C’est vraiment une discipline adaptée à tout le monde. Les catégories sont très détaillées. Chez les jeunes, ce sont des catégories d’âge tous les deux ans jusqu’à 18 ans. Après, c’est tous les dix ans et on peut ramer longtemps. Il y a aussi la distinction hommes/femmes, bien sûr, mais aussi poids légers/toutes catégories chez les adultes, et en plus des catégories avec des handicaps. Donc c’est très accessible et chacun est dans sa catégorie, ce qui permet de s’exprimer à son niveau”, explique Kevin Scott, le cadre technique de la fédération. 

 

Pour cette compétition mondiale, qui sert donc aussi de championnat de Polynésie, chacun a pu s’exprimer à sa juste valeur et va pouvoir comparer son résultat avec des participants du monde entier. Un challenge que même les élèves de certains établissements scolaires ont pu relever. “On travaille beaucoup sur le développement de cette discipline dans le système scolaire. Car avec peu de matériel, on peut s’entraîner et surtout se mesurer régulièrement sur des compétitions internationales ou inter-îles grâce à ce système informatique qui permet d’être connecté au même moment sur la même compétition, à n’importe quel endroit du monde. Il y a énormément de jeunes qui ont participé à cet événement. On a des résultats qui nous arrivent de Ua Pou, Nuku Hiva, Raiatea, Moorea. C’est sympa, ils adhèrent énormément car, où que tu sois et quel que soit ton niveau, tu sais que tu vas pouvoir ramer face à d’autres jeunes de ton niveau qui sont sur d’autres îles ou ailleurs. Les établissements sont investis sur ce sport car cela leur permet de mettre en place cette activité soit sur du temps périscolaire ou avec les internes. Ça crée de la distraction pendant des moments où ils pourraient s’ennuyer, mais aussi sur des associations sportives ou carrément sur des cycles pendant le temps scolaire. Ça crée une véritable synergie entre eux, avec la volonté de bien représenter l’établissement lors des compétitions.” 

 

Une année intense qui s’annonce 

 

Tous ces jeunes sont les futurs représentants de la Polynésie sur les prochaines échéances internationales. Et même si l’aviron ne sera pas présent aux prochains Jeux du Pacifique, c’est un sport olympique qui rayonne dans le monde entier et qui pourrait trouver sa place sur l’échiquier du Pacifique dans un avenir proche : “On espère que les îles qui sont en train de se développer, comme le Vanuatu ou les Samoa américaines, seront moteurs avec nous du développement de l’aviron dans le Pacifique. C’est un sport important en Australie et en Nouvelle-Zélande, mais eux sont tournés vers les Jeux olympiques. Nous, on essaye d’aider les cousins du Pacifique en créant des passerelles et en les aidant à se développer, car leur rayonnement aidera l’aviron à intégrer un jour, nous l’espérons, les Jeux du Pacifique.” 

 

En attendant, l’aviron polynésien continue d’avancer dans le développement de ses jeunes pousses : “Nous allons organiser une compétition connectée fin mai, qui nous permettra d’accueillir des compétiteurs de France et d’Océanie et de se mesurer à eux en temps réel. Cet événement vient terminer le chemin de sélection car on a une échéance au mois de juillet aux Samoa américaines pour les U17. On fera un stage où les quatre meilleurs garçons et les quatre meilleures filles seront invités pendant les vacances d’avril. Il y aura une initiation en mer car, pendant la compétition, il y aura de l’indoor mais aussi de l’aviron en mer.” 

 

Le cadre technique aura fort à faire car seulement deux par catégorie seront retenus. Et vu les résultats lors de la dernière compétition du Pacifique, qui a vu nos jeunes remporter beaucoup de médailles, le challenge s’annonce intense. 


L'école de Teavaro à Moorea était connecté pour participer à la compétition.

Rédigé par Manu Rodor le Dimanche 8 Mars 2026 à 14:49 | Lu 304 fois