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L’ancien bagagiste condamné à sept ans de réclusion pour viol


Tahiti, le 26 septembre 2026 - Après trois jours de procès, la cour d’assises a reconnu coupable de viol et de tentative de viol l’homme de 36 ans jugé pour des faits commis en 2019 dans un hôtel de Bora Bora. L’avocat général s’était dit “persuadé” de sa culpabilité et avait requis 12 ans de réclusion criminelle. La cour l’a finalement condamné à sept ans de prison.

 

Vendredi, au dernier jour du procès pour viol, tentative de viol et agression sexuelle dans un hôtel de Bora Bora en 2019, la cour peine toujours à départager les versions. En début de matinée, la défense fait lire le témoignage d’une cheffe de rang de l’établissement. Elle affirme avoir vu sur les réseaux sociaux l’accusé et la victime commenter les publications de l’un et l’autre, avec des “cœurs” ou des “like”.

Des affirmations fermement contestées par la victime, qui assure n’avoir jamais commenté les publications de son ancienne collègue, bagagiste au moment des faits.

 

Me Hina Lavoye, avocate de la partie civile, reconnaît la difficulté du dossier. “Je ne suis pas juge mais avocate”, rappelle-t-elle, avant de résumer l’opposition entre “une femme dans un état déplorable parce qu’elle s’est fait violer” et un accusé qui dit : “Je n’ai rien fait.” Face aux accusations de mensonge, elle lance : “Si c’est une menteuse, on peut lui décerner un Oscar”, ironise-t-elle rappelant que même le psychiatre avait jugé son récit “cohérent”. Elle insiste sur le traumatisme : “Personne ne vous prépare à ça. Vous avez été pénétrée sans avoir rien demandé. Que ce soit une minute ou une heure, on se sent salie.” Et de conclure : “Ce n’est pas parce qu’on est un beau gosse qu’on a le droit de violer impunément.”

 

“Il y a des souffrances qu’on ne peut pas mimer”

 

Dans son réquisitoire, l’avocat général rappelle le principe de présomption d’innocence. Mais face à une affaire où “c’est parole contre parole”, il demande aux jurés : “Pourquoi croire plus l’un que l’autre ?” Il décrit l’accusé comme “un jeune homme plutôt bel homme, sportif, qui présente bien, poli”, “quasiment le gendre idéal”, avant d’affirmer : “Mais au vu des éléments, je suis persuadé que Monsieur est coupable.”

 

Pour défendre la crédibilité de la plaignante, il évoque son attitude à la barre : “Est-ce qu’on peut mentir et avoir la lèvre qui tremble comme ça ? Réfléchissez.” Les quatre expertises ont, selon rappelle-t-il, établi qu’“elle souffre réellement et il y a des souffrances qu’on ne peut pas mimer”. Enconclusion, il requiert 12 ans de réclusion criminelle avec inscription au Fijaisv en précisant : “Il va recommencer. Si c’est passé une fois, ça passera une deuxième fois”, met-il en garde.

 

La défense revient de son côté sur la reconstitution en 2024 et les conditions de luminosité : “Il faisait trop nuit pour apercevoir le sexe de l’accusé”, estime Me Isabelle Nougaro. La victime ayant fait une description du pénis de l’accusé pour se justifier au moment de ses auditions. Elle évoque aussi les surnoms “Mon cœur” et “Chouchou” qu’aurait utilisés la victime avec l’accusé, d’après un autre témoignage, tout en soulignant qu’“aucune preuve de conversation et de messages entre les deux” n’a été retrouvée, les deux ayant “tout effacé”. “Un dragueur n’est pas un agresseur”, conclut-elle, avant d’ajouter à propos de l’accusé : “On peut tuer quelqu’un de plusieurs façons. Lui, il est mort socialement.”

 

Après trois jours d’audience, la cour a déclaré l’homme coupable de viol et tentative de viol. Il passera sept ans derrière les barreaux.

 

Alexandra Perrini


Rédigé par Alexandra Perrini le Samedi 26 Septembre 2026 à 17:24 | Lu 222 fois