L'UE réclame des explications à la Hongrie sur des échanges téléphoniques avec la Russie


Tahiti le 9 avril 2026. La Commission européenne a réclamé jeudi dans les "plus brefs délais" des explications à la Hongrie, après des informations de presse faisant état de conversations téléphoniques avec la Russie au sujet de documents internes de l'Union européenne. La France a quant à elle dénoncé une "trahison" de la Hongrie.


Un consortium de médias est-européens affirme que le ministre des Affaires étrangères, hongrois Peter Szijjarto, a fourni en "ligne directe" à Moscou, notamment via son homologue Sergueï Lavrov, "des informations stratégiques sur des questions cruciales", en marge de réunions à Bruxelles.

Mercredi, dans un second volet de leur enquête, ces médias - The Insider, VSquare et Delfi - ont publié une conversation téléphonique de juillet 2024 au cours de laquelle M. Szijjarto assure à Sergueï Lavrov qu'il va "immédiatement" lui transmettre un document concernant les négociations d'adhésion de l'Ukraine à l'UE.

Ces révélations ont suscité une série de critiques en Europe, à l'approche des législatives dimanche en Hongrie, où le Premier ministre nationaliste Viktor Orban brigue un cinquième mandat. 

Ces informations de presse sont "extrêmement préoccupantes" avec la "possibilité alarmante qu'un gouvernement d'un Etat membre ait coordonné ses actions avec la Russie (...) contre la sécurité et les intérêts de l'Union européenne", a dénoncé la porte-parole de la Commission européenne Paula Pinho.

"Il appartient dès lors au gouvernement de l'Etat membre concerné de s'expliquer dans les plus brefs délais", a-t-elle ajouté, en précisant que la présidente de la Commission Ursula von der Leyen comptait en discuter avec les autres dirigeants européens.

Jeudi matin sur France Inter, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a fustigé une "trahison" de la Hongrie envers "l'exigence de solidarité qui s'impose entre les pays de l'Union européenne".

A propos de la publication de ces conversations, le ministre hongrois des Affaires étrangères avait dénoncé une "ingérence" étrangère dans la campagne électorale en Hongrie, où les élections législatives s'annoncent très serrées dimanche.

Evoquant un "très grand scandale", M. Szijjarto avait fustigé sur Facebook "l'interception de ses appels par des services secrets étrangers, qui les ont rendus publics", estimant que c'était "dans l'intérêt de l'Ukraine", à l'approche des élections.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, âgé de 62 ans, est au pouvoir depuis 16 ans.

Les sondages des instituts indépendants prédisent une victoire pour le parti Tisza du conservateur proeuropéen Peter Magyar. 

Ce dernier a réussi en moins de deux ans à construire un mouvement d'opposition capable de bousculer l'hégémonie de Viktor Orban, dirigeant européen le plus proche du Russe Vladimir Poutine, et qui a érigé son pays de 9,5 millions d'habitants en modèle de démocratie illibérale.

Toutefois les institutions progouvernementales donnent, elles, gagnante la coalition Fidesz-KDNP de Viktor Orban.
 

Rédigé par AFP le Jeudi 9 Avril 2026 à 09:08 | Lu 92 fois