Tahiti, le 28 avril 2026 - L’OPH a organisé son premier forum d’insertion professionnelle dans un quartier prioritaire de Pira’e, ce mardi, et a bien l’intention de le renouveler. Une démarche qui a plu aux habitants du quartier puisque certains ont déjà des rendez-vous de pris. Du côté de l’OPH, le but est de diminuer les impayés relatifs aux loyers : “Ça rentre dans un cercle vertueux”.
L’Office polynésien de l’habitat (OPH) a organisé, ce mardi, son premier forum d’insertion professionnelle à la résidence Atimaro à Pira’e. Les habitants ont pu profiter de la présence de plusieurs acteurs de l’emploi ou de la formation.
Cette journée a été un succès, estime Cameron, l’un des visiteurs du forum. “C'est vrai qu’il faut attendre car il y a du monde, mais c'est tout bénéfique pour nous”.
Kahaia cherche une formation. “C’est pour cela que je suis venue, car les familles de la résidence rencontrent trop de difficultés pour chercher un emploi, car ce n’est pas toujours facile de se déplacer”, explique-t-elle.
Lucie, elle, fait partie du programme d’insertion Te Nati. Elle se souvient encore quand elle y a fait son entrée : “J’étais renfermée et, petit à petit, j’ai pris confiance en moi et je me suis appréciée moi-même”. Elle espère que cet événement sera maintenu pour les jeunes et moins jeunes, notamment pour une insertion. “Le 13 mai, je passe un test au CFPA en conseil en vente, c’est vraiment rapide car on m’a annoncé cela ce matin, c’est bien.”
L’Office polynésien de l’habitat (OPH) a organisé, ce mardi, son premier forum d’insertion professionnelle à la résidence Atimaro à Pira’e. Les habitants ont pu profiter de la présence de plusieurs acteurs de l’emploi ou de la formation.
Cette journée a été un succès, estime Cameron, l’un des visiteurs du forum. “C'est vrai qu’il faut attendre car il y a du monde, mais c'est tout bénéfique pour nous”.
Kahaia cherche une formation. “C’est pour cela que je suis venue, car les familles de la résidence rencontrent trop de difficultés pour chercher un emploi, car ce n’est pas toujours facile de se déplacer”, explique-t-elle.
Lucie, elle, fait partie du programme d’insertion Te Nati. Elle se souvient encore quand elle y a fait son entrée : “J’étais renfermée et, petit à petit, j’ai pris confiance en moi et je me suis appréciée moi-même”. Elle espère que cet événement sera maintenu pour les jeunes et moins jeunes, notamment pour une insertion. “Le 13 mai, je passe un test au CFPA en conseil en vente, c’est vraiment rapide car on m’a annoncé cela ce matin, c’est bien.”
“Il faut mettre les familles au cœur de notre stratégie”
Au-delà d’être un bailleur social, l’OPH met l’accent sur l’humain. “La priorité, c'est de les accompagner vers la recherche d'un emploi. Avoir un logement, c'est bien pour construire sa vie, mais il faut un travail, sinon c'est compliqué”, explique Mike At Tchoy, directeur général de l’OPH.
Organiser ce forum au sein des quartiers est désormais sa priorité car “on se rend compte qu'il y a pas mal de choses qui ne sont pas connues des familles, en tout cas au sein des quartiers prioritaires, au sein des logements sociaux”. Il est important pour lui “d'inverser la vapeur”.
Ce forum était une première et le directeur a bien l’intention de continuer sur cette lancée et “suivre l'évolution de certains indicateurs comme le taux d'emploi dans les résidences pour voir l'impact de ces forums-là”. Mike At Tchoy précise que tout cela rentre dans “une stratégie globale”, à savoir diminuer les impayés relatifs aux loyers. “Ça rentre dans un cercle vertueux dès lors que les familles arrivent à payer leurs loyers, à payer leurs charges, ça permet à l'OPH d'entretenir ses logements et de construire de nouveaux logements pour d'autres familles.”
Il préfère accompagner les familles plutôt que de “taper dessus”. Il espère d’ailleurs que ce forum aura “des effets positifs car la recherche d'emploi n'est pas une simple question de motivation, il y a des freins dans les familles qu'il faut pouvoir lever (…). Il faut mettre les familles au cœur de notre stratégie”. Pour Mike At Tchoy, il n’est pas uniquement question du paiement des loyers mais il faut aussi que “les habitants se sentent bien dans leur logement et avec un environnement agréable”.
Organiser ce forum au sein des quartiers est désormais sa priorité car “on se rend compte qu'il y a pas mal de choses qui ne sont pas connues des familles, en tout cas au sein des quartiers prioritaires, au sein des logements sociaux”. Il est important pour lui “d'inverser la vapeur”.
Ce forum était une première et le directeur a bien l’intention de continuer sur cette lancée et “suivre l'évolution de certains indicateurs comme le taux d'emploi dans les résidences pour voir l'impact de ces forums-là”. Mike At Tchoy précise que tout cela rentre dans “une stratégie globale”, à savoir diminuer les impayés relatifs aux loyers. “Ça rentre dans un cercle vertueux dès lors que les familles arrivent à payer leurs loyers, à payer leurs charges, ça permet à l'OPH d'entretenir ses logements et de construire de nouveaux logements pour d'autres familles.”
Il préfère accompagner les familles plutôt que de “taper dessus”. Il espère d’ailleurs que ce forum aura “des effets positifs car la recherche d'emploi n'est pas une simple question de motivation, il y a des freins dans les familles qu'il faut pouvoir lever (…). Il faut mettre les familles au cœur de notre stratégie”. Pour Mike At Tchoy, il n’est pas uniquement question du paiement des loyers mais il faut aussi que “les habitants se sentent bien dans leur logement et avec un environnement agréable”.
“On a vraiment des talents, des pépites dans nos quartiers prioritaires”
Le 9e adjoint au maire, Teddy Teng, explique que la commune de Pira’e a mis en place le programme Te Nati il y a cinq ans en partenariat avec la Fédération des œuvres laïques pour “régler des problèmes sociaux à travers le premier prisme de la famille, où on a mis en place le camp famille pour les sortir de leur environnement et lever les différents freins comme le frein psychologique, les addictions ou le frein administratif”.
Des formations ont été mises en place pour “les intégrer petit à petit vers le monde du travail. Le programme Te Nati, c'est vraiment un suivi de nos familles”. C’est “une très grande fierté” pour la commune de Pira’e, explique l’élu, car “le programme Te Nati est en train de donner des petits au niveau du Pays, c’est même une victoire car c’est une compétence du Pays”.
Ce programme est financé par la commune et le contrat de ville. “C'est vraiment notre maire Édouard Fritch qui a soutenu ce programme parce qu'on a des familles qui se déchirent, qui ne peuvent même pas se nourrir le soir.” Et lorsque ce dernier voit la métamorphose chez ces jeunes, il se dit “très ému, on a toujours cru au potentiel de chacun. On a vraiment des talents, des pépites dans nos quartiers prioritaires”.
Des formations ont été mises en place pour “les intégrer petit à petit vers le monde du travail. Le programme Te Nati, c'est vraiment un suivi de nos familles”. C’est “une très grande fierté” pour la commune de Pira’e, explique l’élu, car “le programme Te Nati est en train de donner des petits au niveau du Pays, c’est même une victoire car c’est une compétence du Pays”.
Ce programme est financé par la commune et le contrat de ville. “C'est vraiment notre maire Édouard Fritch qui a soutenu ce programme parce qu'on a des familles qui se déchirent, qui ne peuvent même pas se nourrir le soir.” Et lorsque ce dernier voit la métamorphose chez ces jeunes, il se dit “très ému, on a toujours cru au potentiel de chacun. On a vraiment des talents, des pépites dans nos quartiers prioritaires”.
“Le taux d’insertion est de 70 %”
Tehinarotapu Utahia, coordinatrice adjointe pour le programme Te Nati, rappelle qu’ils ont commencé à travailler en partenariat avec l’OPH depuis mars dernier. “On nous a demandé de mettre en place le suivi pour des familles. Et grâce à ce suivi, on les accompagne pour l'insertion à l'emploi. Mais l'insertion à l'emploi n'est pas possible durablement si, préalablement, il n'y a pas d'accompagnement pour régler tous les freins périphériques qu'il y a dans leur vie.”
Ces freins sont divers comme la violence, les addictions ou encore “la promiscuité”. “C'est pour ça qu'on a mis en place le partenariat avec l'OPH. C'est pour pouvoir aider toutes ces familles qui vivent entassées les unes sur les autres. Et justement, quand on est trop dans une maison, ça crée des conflits.”
Tehinarotapu Utahia explique que des spécialistes interviennent “pour la gestion des émotions, la parentalité, l'éducation. Et même, nous, on les accompagne pour le soutien scolaire parce que certains, ils ont du mal à trouver du travail parce qu'ils ne savent pas lire, ni écrire”.
Les entreprises ont de plus en plus confiance en le programme Te Nati car, comme le précise Tehinarotapu Utahia, ce sont les patrons qui viennent à eux. “Ils savent qu’on met en place un programme où on accompagne les familles avant l'emploi. Et c'est ça qui fait que ces personnes-là durent dans le temps parce que même si elles ont un emploi, on continue de les suivre, même quatre ans après.”
Elle ajoute qu’ils ont suivi 150 familles ces quatre dernières années et que “le taux d’insertion est de 70 %”.
Ces freins sont divers comme la violence, les addictions ou encore “la promiscuité”. “C'est pour ça qu'on a mis en place le partenariat avec l'OPH. C'est pour pouvoir aider toutes ces familles qui vivent entassées les unes sur les autres. Et justement, quand on est trop dans une maison, ça crée des conflits.”
Tehinarotapu Utahia explique que des spécialistes interviennent “pour la gestion des émotions, la parentalité, l'éducation. Et même, nous, on les accompagne pour le soutien scolaire parce que certains, ils ont du mal à trouver du travail parce qu'ils ne savent pas lire, ni écrire”.
Les entreprises ont de plus en plus confiance en le programme Te Nati car, comme le précise Tehinarotapu Utahia, ce sont les patrons qui viennent à eux. “Ils savent qu’on met en place un programme où on accompagne les familles avant l'emploi. Et c'est ça qui fait que ces personnes-là durent dans le temps parce que même si elles ont un emploi, on continue de les suivre, même quatre ans après.”
Elle ajoute qu’ils ont suivi 150 familles ces quatre dernières années et que “le taux d’insertion est de 70 %”.
Cameron, habitant du quartier Atimaro “Avoir confiance en soi et donc être bien dans sa peau”
“Il faut se dire que nos parents ne vivront pas éternellement et on ne pourra pas rester sous leurs ailes indéfiniment, donc c'est mieux pour nous de commencer à prendre notre envol. Le programme Te Nati nous aide à avoir confiance en soi et à être bien dans sa peau. Cela nous permet de mieux se concentrer sur nous-mêmes car cela peut nous ouvrir des possibilités (…). Avant, ici, on ne se parlait quasiment pas même si on est du même quartier. Le programme Te Nati a changé tout ça. Chez nous, on est six, il n’y a que mon papa et moi qui travaillons et je l’aide à payer les charges. J’ai commencé à travailler à 17 ans, c'était pour pouvoir aider mon papa. Quand j’ai commencé à payer les factures, j’étais plutôt fier de moi et pour aider encore plus mon papa, je recherche autre chose et en venant à ce forum de l'emploi, ça va me permettre de voir autre chose que l'animation.”
Lucie, habitante du quartier Atimaro “Notre vie a changé”
“Toute ma famille est inscrite dans ce programme Te Nati, mes deux enfants et mon mari. Mon fils m’a dit qu’il veut travailler. Ma fille voulait arrêter l’école et du coup, on l’a orientée vers le programme Te Nati pour qu’elle retourne à l’école. Et grâce à Léo Marais (coordinateur pour le programme Te Nati, NDLR) et au papa, elle est retournée à l’école et est actuellement à l’internat. Donc il y a vraiment eu un grand changement dans notre vie familiale, on est vraiment contents qu’il y ait eu ce changement. Notre vie a changé, merci à eux.”
Tehinarotapu Utahia, coordinatrice adjointe pour le programme Te Nati “Sortir du quartier, c’est sortir du piège à poissons”
“Sortir du quartier, c’est sortir du piège à poissons, car le quartier, c'est facile d'y entrer, mais difficile d'en sortir, c'est comme les nasses à poissons. Quand tu restes tout le temps dans ton quartier, forcément tu fais comme tout le monde. Mais si tu ouvres ton esprit, tu changes de chemin, ton esprit s'ouvre au monde (…). Quand ils sont en entreprise, ils ne sont plus les mêmes, ils sont vraiment beaux. Il y en a qui maigrissent car pendant le programme, on leur demande de perdre du poids car être bien dans sa tête, c’est aussi être bien dans son corps (...). Et littéralement, les autres ont un autre regard. Le fait d'aider ces personnes, ça met en place ce qu'on appelle, nous, un genre d'antivirus car s’ils sont bien du début à la fin. Ça injecte dans les quartiers une nouvelle dynamique, qui les pousse à sortir du quartier.”