Tahiti, le 6 août 2026 - Déjà couronné champion olympique sur la mythique vague de Teahupo’o, le surfeur de Vairao a l’occasion d’écrire une nouvelle page de son histoire en devenant le premier représentant masculin du Fenua à inscrire son nom au palmarès de la compétition, cette fois-ci, sur le Championship Tour. Son défi commence dès ce week-end où il affronte l’Américain Crosby Colapinto.
Il est de retour “à la maison”. Qualifié pour la première fois de sa carrière au sein du Championship Tour (CT), Kauli Vaast découvre cette année le rythme effréné du calendrier mondial composé de 13 étapes : “J’ai eu beaucoup de compétitions depuis le début de la saison (en avril en Australie, NDLR). Ça ne s’est même jamais arrêté avec également les Challenger Series… C’est cool d’être revenu à Tahiti pour un mois et demi”, sourit le surfeur de Vairao.
Depuis plusieurs semaines, le Polynésien a pu évidemment s’entraîner à Teahupo’o, mais surtout se ressourcer auprès de ses proches. Un élément sine qua non pour le champion olympique afin de poursuivre son rêve au sein de l’élite de la WSL.
Teahupo’o, plus qu’un tournant dans sa saison ?
À bientôt 25 ans, Kauli Vaast commence à monter en puissance depuis plusieurs étapes. Battu au premier tour lors de trois des quatre premières manches, le “rookie” sort de deux prestations abouties respectivement au Salvador et au Brésil où il s’est hissé en quarts de finale.
Des résultats qui lui permettent de toquer aux portes du Top 10 à la mi-saison. “Je suis très heureux pour l’instant d’être 14e mondial même s’il y a eu des étapes frustrantes. Cela me motive pour le reste de la compétition.”
À l’aube de la septième manche du championnat à Teahupo’o (8 au 18 août), la vague tahitienne pourrait être “décisive” et mettre sur orbite notre ‘aito avant la deuxième partie de l’exercice 2026, estime le représentant de la WSL en Polynésie, Pascal Luciani, sur l’antenne de nos confrères de Radio 1.
“C’est une vague qu’il connaît bien, qu’il maîtrise et où il a déjà fait ses preuves en devenant champion olympique. Il a aussi démontré sur les éditions précédentes qu’on pouvait compter sur lui puisqu’il a fait de bons résultats en tant que wild card. Je crois qu’il a énormément progressé et beaucoup estiment qu’il a totalement sa place parmi l’élite mondiale. Maintenant, il faut juste qu’il fasse des résultats, qu’il s’entraîne bien et qu’il soit focalisé sur ses compétitions, son entraînement et sur le fait de gagner.”
“Je n’ai aucune personne qui me fait plus peur que d’autres”
L’an dernier, Kauli Vaast a atteint les quarts de finale de la Tahiti Pro où il s’est incliné face à Crosby Colapinto. Comme un clin d'œil, le représentant du Fenua retrouvera l’Américain lors de son entrée en lice au deuxième tour. Cependant, le Tahitien a déjà pu prendre sa revanche à l’occasion de la dernière manche du CT, à Rio, où il s’est imposé contre le Californien. C’est donc la “belle” qui se profile ce week-end.
Si l’issue est favorable au surfeur de Vairao, il défiera certainement au tour suivant Samuel Pupo – le petit frère de Miguel vainqueur ici même en 2022 en finale face à Kauli Vaast –, qui devra toutefois se défaire du Mexicain Alan Cleland avant cela. Le Brésilien, classé aux portes du Top 5, figure pour l’instant devant le Tahitien au classement du CT.
Cependant, les compteurs sont remis à zéro à Teahupo’o où le surfeur de Vairao n’a peur de personne, pas même du retour du “King” Kelly Slater qu’il a déjà battu sur ses vagues. “Kelly, il sera toujours là ! À 54 ans, il peut encore nous faire des surprises. J’ai eu la chance de faire un ‘heat’ avec lui en demi-finale (2022). C’est une légende avec ses 11 titres de champion du monde et il mérite d’être présent même s’il est là parce qu’il a eu la wild card de son sponsor (Outerknown, NDLR).”
"Tous les surfeurs du Championship Tour sont performants et possèdent énormément d’expérience. Mais voilà, je n’ai aucune personne qui me fait plus peur que d’autres”, assure le champion olympique qui vise également le titre de “Rookie of the Year”, remporté l’année dernière par le Français Marco Mignot.
Entrer encore plus son nom dans l’histoire
Mais son principal objectif reste de performer dès cette semaine. Si les conditions sont compliquées, prévient Tya Zebrowski, avec, entre autres, “le pire vent possible”, Kauli Vaast est prêt à performer quels que soient les aléas. “Peu importe le nombre de vagues que tu prends ou contre qui tu es, il faut tout faire pour l’emporter ! Chaque série est comme une finale”, insiste-il. “Je vise la victoire, surtout que je suis à la maison, c’est ce qu’il y a de plus important et c’est ce qu’on cherche tous en tant que compétiteurs.”
Un avis partagé par Pascal Luciani : “Les compétitions de surf dépendent beaucoup des conditions météorologiques. Il y a parfois aussi un élément de chance. Mais quand on arrive à ce niveau-là (Championship Tour, NDLR), généralement, quand on veut se classer, on met tous les moyens et on fait ce qu’il faut, quelles que soient les conditions”.
Un succès permettrait à Kauli Vaast de graver à nouveau son nom dans le marbre du surf tahitien en devenant le premier représentant du Fenua à remporter l’épreuve du Championship Tour à Teahupo’o chez les hommes, puisque Vahine Fierro a décroché le titre chez les femmes en 2024. Un premier grand pas vers le titre de rookie de l’année avant de rêver dans les années à venir de devenir champion du monde ? La première partie de l’histoire s’écrit dès cette semaine pour Kauli Vaast.