Kahe Walker au sommet du jiu-jitsu féminin


Kahe Walker, entourée des membres de son club de toujours, le Tahitian Top Team, est devenue la première femme de Polynésie à décrocher la ceinture noire de jiu-jitsu. © DR
Tahiti, le 15 janvier 2026 - Le jiu-jitsu polynésien vient de vivre un moment unique. Kahe Walker, licenciée au club Tahitian Top Team, vient d’obtenir sa ceinture noire. Elle devient par la même occasion la première femme du Fenua à atteindre ce niveau. Un exploit immense pour cette combattante qui n’a cessé de croire en son destin depuis ses débuts dans cette discipline. Douze ans de travail, de compétitions et de sacrifices pour atteindre ce rêve. Une fierté pour cette enfant du Fenua qui n’a pas fini d’écrire son histoire.

C’était le vendredi 9 janvier 2026. Quand Kahe Walker a franchi la porte de son premier et unique club de jiu-jitsu, elle ne savait pas ce qui l’attendait. “Ça a été une grande surprise. Quand je suis arrivée, tout le club m’attendait. J’ai compris de suite et j’ai été prise d’un fort sentiment de fierté. Quand on te décerne une ceinture, tu passes par le rituel du couloir. C’est un moment symbolique qui marque la fin d’une étape et le passage dans une autre. Chaque club célèbre ses ceintures de manière différente. Chez nous, c’est un véritable moment de partage et de cohésion”, explique la première combattante féminine de jiu-jitsu à obtenir la ceinture noire en Polynésie. “Un rêve qui devient réalité” pour Kahe, qui ne se prédestinait pas au départ à cette discipline.

Sportive dans l’âme, Kahe a fait beaucoup de bodybuilding et de cross-fit. Des sports exigeants mais loin de l’aspect combat que demande cet art ancestral. “C’est vrai que je n’avais jamais pensé à faire un sport de combat. Je faisais beaucoup de musculation, je faisais pas mal de compétitions et je m’entraînais régulièrement. Mais je sentais qu’il me manquait quelque chose car je suis quelqu’un de très nerveuse et je savais que j’avais besoin d’une discipline pour me canaliser. Quand une amie m’a proposé d’essayer le jiu-jitsu, je me suis laissé tenter. Je suis allée avec elle au club Tahitian Top Team et j’ai de suite accroché. J’ai aussi essayé d’autres sports de combat comme le muay-thaï ou le MMA, mais c’était vraiment dans le jiu-jitsu que je me retrouvais le plus.”

De l’entraînement et des sacrifices

C’était en 2012 et depuis, Kahe n’a cessé de progresser. Très vite plongée dans le bain des compétitions au vu de son niveau, la championne s’est rapidement distinguée au pays. “Mes coachs m’ont proposé rapidement de m’inscrire dans les championnats locaux car j’ai très vite progressé. Et les résultats ont tout de suite suivi. J’ai commencé à gagner souvent et, après quelque temps, mes coachs m’ont dit que si je voulais progresser, il fallait que je fasse des compétitions à l’international.” Pan American, Los Angeles Winter International, World Masters… Kahe enchaîne et ramène beaucoup de médailles, ce qui lui permet de passer ses ceintures avec succès : blanche, bleue, mauve, marron et, pour finir, le graal.

“Ce sont les clubs qui déterminent chacun leurs critères pour décerner les ceintures. Dans notre club, le niveau, le nombre de compétitions et l’assiduité déterminent le passage de ceinture. Et c’est vrai que pour obtenir la noire, c’est beaucoup d’entraînement et de sacrifices. Mes nombreux combats à l’étranger, une quantité incalculable d’entraînements et mes résultats m’ont permis d’obtenir cette ceinture noire. Ma longévité aussi, car je vois que je suis la plus ancienne sur les tatamis polynésiens. Mes copines qui avaient commencé en même temps que moi ont arrêté et maintenant, c’est la relève qui arrive et c’est très bien pour notre sport.”

Continuer de gagner et transmettre son savoir

Une nouvelle génération que Kahe aimerait accompagner. “Je vais commencer à entraîner. C’est une chose que j’ai envie de faire car c’est important de transmettre aux jeunes. C’est un sport qui apporte beaucoup et qui transmet énormément de valeurs. J’ai envie de les voir progresser et de les emmener le plus haut possible.” Mais sans s’arrêter de combattre. “Cette année, je vais m’inscrire sur des compétitions internationales en adultes (entre 18 et 30 ans). Le niveau est très relevé en ceinture noire et j’ai vraiment envie de m’y confronter pour continuer de progresser.” Le planning n’est pas encore arrêté car il faut prendre beaucoup d’éléments en compte dans l’organisation d’une année internationale. “Il faut s’organiser car cela demande beaucoup de temps et d’argent pour participer à ce genre d’épreuves. Donc il faut bien l’organiser.” Avec son nouveau statut, Kahe Walker sera sûrement bien accompagnée pour continuer de faire briller le Fenua à travers le monde.

Kahe Walker a connu énormément de succès sur les compétitions internationales. © DR

Rédigé par Manu Rodor le Jeudi 15 Janvier 2026 à 18:13 | Lu 1670 fois