Jugé pour avoir rendu son voisin infirme


Tahiti, le 3 février 2026 – Un homme de 30 ans a été jugé mardi par le tribunal correctionnel pour des violences ayant entraîné une infirmité permanente. L'individu, qui avait jeté des cailloux sur la tête de son voisin, a été condamné à deux ans de prison avec sursis probatoire pendant trois ans.
 
Le tribunal correctionnel a jugé mardi un homme de 30 ans bénéficiaire de l’allocation pour adultes handicapés Cotorep qui était poursuivi pour des violences volontaires ayant entraîné sur sa victime une infirmité permanente. Des faits passibles de dix ans de prison ferme.
 
Le 1er janvier 2020 à Taiarapu-Est et alors qu'il venait de passer la nuit à boire, le prévenu avait entendu une rumeur selon laquelle il aurait frappé des enfants. Sans savoir d'où venait ladite rumeur, le trentenaire avait commencé à lancer des cailloux sur ses voisins avec lesquels il entretenait des relations conflictuelles. Un homme de 70 ans avait reçu deux gros cailloux sur le crâne avant de s'effondrer.
 
Une victime grabataire
 
Le vieil homme avait été pris en charge au centre hospitalier du Taaone où les médecins avaient constaté qu'il souffrait d'un enfoncement du crâne de 34 cm de largeur et de 1,4 cm de profondeur. Alors qu'il menait une vie normale partagée entre ses dix enfants, son fa’a’apu et son activité de pêche, le malheureux, désormais grabataire, avait dû être placé sous tutelle en raison de gros troubles cognitifs. Il ne savait même plus combien d'enfants il avait et dormait dans un lit médicalisé. Il est finalement décédé en 2023.
 
Dotée d'une “intelligence au-dessous de la moyenne” et ayant déjà été hospitalisé plusieurs fois en psychiatrie, le prévenu a reconnu les faits à la barre du tribunal mardi. L'homme a expliqué qu'il était “complètement bourré” le jour des faits tout en se mettant à pleurer à l'évocation des faits. Il a également expliqué qu'il avait bien jeté des cailloux, qu'il voulait “en découdre” mais qu'il n'avait pas visé la victime en particulier.
 
“Extrême gravité”
 
Alors que les proches du défunt n'avaient pas souhaité assister à l'audience, leur avocate, Me Myriam Toudji a expliqué lors de sa plaidoirie que ses clients attendent que la justice passe depuis six ans. “C'était un monsieur sans histoires très pieux qui faisait son jardin”, a-t-elle rappelé avant d'expliquer qu'elle n'avait pas le sentiment que le prévenu ait pris conscience de la “l'extrême gravité” de son acte.
 
Le procureur de la République a ensuite pris la parole pour revenir sur la perte motrice et intellectuelle subie par la victime après les faits en évoquant des “lésions irréversibles”. Avant de requérir deux ans de prison avec sursis, il a demandé au tribunal de tenir compte de “lourd profil psychiatrique” du prévenu, traité par injections et qui souffre de “troubles du comportement”.
 
Alors que l'avocat du prévenu, Me Poulain, s'était dit surpris par le fait que l'expert psychiatre n’ait décelé aucune pathologie chez son client, ce dernier a finalement été condamné à la peine de deux ans de prison avec sursis probatoire pendant trois ans.
 

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 3 Février 2026 à 16:35 | Lu 835 fois