Inflation : le billet d’avion fait décoller les prix, le BTP reste sous tension


Tahiti, le 15 mai 2026 – Après plusieurs mois relativement sages, les prix repartent légèrement à la hausse en Polynésie française. En avril, l’inflation progresse de 0,1 %, portée notamment par le transport aérien et les produits alimentaires, selon les derniers chiffres de l’ISPF. Dans le même temps, l’index du BTP grimpe lui aussi de 0,2 %, signe que les coûts de construction continuent de jouer au yoyo malgré un ralentissement sur un an.

 
Le panier de la ménagère reprend doucement de l’altitude. Selon la dernière note mensuelle de l’ISPF, l’indice des prix à la consommation atteint 112,60 en avril 2026, soit une hausse de 0,1 % sur un mois. Une augmentation modeste, presque discrète, mais qui raconte malgré tout beaucoup de choses sur le quotidien des Polynésiens.

Premier responsable de cette poussée : le transport aérien. Crise pétrolière oblige, les tarifs des billets d’avion bondissent de 5,5 % sur un mois, entraînant à eux seuls une bonne partie de la hausse générale. “L’évolution de l’indice des prix à la consommation (…) s’explique d’abord par l’augmentation des tarifs des services de transport”, résume l’ISPF. Autre poste en hausse : l’alimentation. Les produits alimentaires progressent de 0,3 %, avec une flambée particulièrement marquée pour les produits de la mer (+5,7 %). Le poisson coûte plus cher, et cela finit toujours par se voir dans les assiettes comme dans les porte-monnaie.

Mais tout n’augmente pas. Les légumes reculent de 2,8 %, les produits d’entretien et de réparation du logement baissent de 2,5 %, tandis que les prix des viandes diminuent légèrement (-0,7 %). De quoi limiter un peu la casse pour les consommateurs même si cela ne se ressent pas vraiment à la caisse. Sur un an, la tendance reste d’ailleurs relativement contenue : l’indice général des prix recule même de 0,2 % entre avril 2025 et avril 2026. L’inflation moyenne annuelle demeure à +0,8 %, loin des poussées observées ces dernières années.

Le BTP toujours sur une ligne de crête

Du côté du bâtiment et des travaux publics, l’ambiance reste plus contrastée. L’index général du BTP augmente lui aussi de 0,2 % en avril pour atteindre 135,02 points. Là encore, ce sont principalement les matériaux et certains services qui tirent les prix vers le haut.
Les matériaux chimiques progressent notamment de 0,5 %, tandis que les services augmentent également de 0,5 %. Résultat : certains secteurs continuent d’encaisser des surcoûts, même si la situation semble moins explosive qu’au plus fort des tensions post-Covid.

Dans le détail, les travaux publics résistent mieux que le bâtiment. Le génie civil grimpe de 0,5 % et les travaux spécialisés de 0,1 %. À l’inverse, le gros œuvre et le second œuvre reculent légèrement de 0,1 %. Une illustration assez fidèle d’un secteur qui avance désormais par à-coups, entre stabilisation des matériaux importés et coûts toujours élevés des chantiers locaux. Certains postes flambent encore franchement. Les couvertures végétales enregistrent ainsi une hausse spectaculaire de 3,1 % sur un mois, tandis que les travaux d’électrification aériens augmentent de 0,7 %. À l’inverse, plusieurs activités liées à la plomberie ou aux revêtements affichent des replis marqués.

En clair, si l’inflation semble aujourd’hui moins brutale qu’en 2022 ou 2023, elle continue de se glisser dans les dépenses du quotidien… et jusque dans les fondations des futurs chantiers.
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Rédigé par Stéphanie Delorme le Vendredi 15 Mai 2026 à 12:00 | Lu 478 fois