Tahiti, le 21 mai 2026 - Les infirmiers de la fonction publique dénoncent “l’injustice” et les disparités entre les “nouveaux arrivants” qui sont en CDD et les fonctionnaires du Pays. En effet, pour les premiers, toute leur ancienneté est prise en compte, contrairement aux seconds, où seule la base indiciaire est considérée. Exit donc, pour eux, l’ancienneté et la prise en compte de leur expérience professionnelle. Une différence de traitement qui peut conduire à des disparités comprises entre 80 000 et 100 000 francs aux dépens des CDD.
Le 8 décembre dernier, les élus de Tarahoi ont adopté une délibération relative au reclassement du personnel infirmier de la fonction publique en catégorie A. “Une avancée attendue depuis 2010”, s’était félicité le gouvernement Brotherson, louant une “reconnaissance forte du niveau de diplôme et du rôle essentiel de ces professionnels dans le système de santé polynésien. Elle s’inscrit dans les objectifs de réduction des inégalités et de valorisation des métiers de la fonction publique fixés par le gouvernement”.
Mais quelques mois seulement après la mise en application de cette délibération, les professionnels de la santé dénoncent “la disparité entre les CDD et les CDI. Pour être plus clair, il y a des disparités entre les CDD et les titulaires de la fonction publique. Et ce depuis cette délibération”, dénonce un interlocuteur infirmier.
Et nombreux sont ceux qui demandent “la suppression” de l’article 2 de cette délibération qui établit le mode de reclassement des fonctionnaires en fonction, surtout, de la base indiciaire ; sans prendre en considération leur ancienneté et leur expérience professionnelle. “On avait vu le rapport passer avec le ‘petit détail’ à la fin qui précisait effectivement que le Pays allait reprendre toute l’ancienneté des CDD, contrairement aux titulaires qui allaient être pris à l'indice le plus proche de la nouvelle grille indiciaire”, nous précise-t-on.
Un autre professionnel ajoute même que certains cadres du Pays leur avaient indiqué que ce texte “ne serait peut-être pas très avantageux pour nous, mais pour tous les nouveaux sortants de l'école d'infirmière, ça le sera. On nous avait aussi expliqué que même si cette grille est différente, elle permet une évolution plus rapide, contrairement à la grille qu'on avait précédemment. Donc, on a laissé passer”.
Mais depuis janvier dernier, seuls les CDD “ont été convoqués” par leur direction respective, afin de signer leur avenant avec notamment “la prise en compte de leur ancienneté et là, cela commençait à être injuste”.
Le 8 décembre dernier, les élus de Tarahoi ont adopté une délibération relative au reclassement du personnel infirmier de la fonction publique en catégorie A. “Une avancée attendue depuis 2010”, s’était félicité le gouvernement Brotherson, louant une “reconnaissance forte du niveau de diplôme et du rôle essentiel de ces professionnels dans le système de santé polynésien. Elle s’inscrit dans les objectifs de réduction des inégalités et de valorisation des métiers de la fonction publique fixés par le gouvernement”.
Mais quelques mois seulement après la mise en application de cette délibération, les professionnels de la santé dénoncent “la disparité entre les CDD et les CDI. Pour être plus clair, il y a des disparités entre les CDD et les titulaires de la fonction publique. Et ce depuis cette délibération”, dénonce un interlocuteur infirmier.
Et nombreux sont ceux qui demandent “la suppression” de l’article 2 de cette délibération qui établit le mode de reclassement des fonctionnaires en fonction, surtout, de la base indiciaire ; sans prendre en considération leur ancienneté et leur expérience professionnelle. “On avait vu le rapport passer avec le ‘petit détail’ à la fin qui précisait effectivement que le Pays allait reprendre toute l’ancienneté des CDD, contrairement aux titulaires qui allaient être pris à l'indice le plus proche de la nouvelle grille indiciaire”, nous précise-t-on.
Un autre professionnel ajoute même que certains cadres du Pays leur avaient indiqué que ce texte “ne serait peut-être pas très avantageux pour nous, mais pour tous les nouveaux sortants de l'école d'infirmière, ça le sera. On nous avait aussi expliqué que même si cette grille est différente, elle permet une évolution plus rapide, contrairement à la grille qu'on avait précédemment. Donc, on a laissé passer”.
Mais depuis janvier dernier, seuls les CDD “ont été convoqués” par leur direction respective, afin de signer leur avenant avec notamment “la prise en compte de leur ancienneté et là, cela commençait à être injuste”.
“On reprend l’ancienneté des CDD et nous, les anciens, on n’a rien”
“Cela fait quasiment onze ans que je travaille. On a un collègue qui est en CDD depuis l'année dernière. Il est sorti de l’école d’infirmière il y a cinq ans et depuis qu'il a signé son avenant au contrat il y a quelques mois, il bénéficie d’un indice supérieur au mien alors que j’ai plus d’ancienneté que lui.”
Un autre professionnel de santé l’assure : “Je suis à cinq ans de la retraite et un de mes collègues à qui on a repris ces 18 ans d’ancienneté et qui est arrivé en CDD gagne plus que moi, ce n’est pas normal.” Tous précisent qu’il était temps qu’ils soient reconnus à la hauteur de leur diplôme : “En réalité, on s'est dit, qu’enfin, on avait pu avoir notre catégorie A après plusieurs années d’attente.”
Mais ces “disparités de traitement” vont très vite venir entacher la joie de ces professionnels de santé. “On a commencé à se dire que ce n'est quand même pas juste tout ça, car tous les nouveaux CDD qui sont arrivés ou qui vont arriver et qui vont signer leur avenant, leur ancienneté va être reprise et nous, les anciens, on n’a rien.” Selon ces professionnels de santé, cette différence de traitement peut varier mensuellement entre 80 000 et 100 000 francs entre les CDD et les fonctionnaires du Pays. “Un CDD touche beaucoup plus que moi alors que je suis dans la fonction publique du Pays depuis plus de dix ans.” Certains assurent même qu’avec ce système, ils perdent l’équivalent de “3 à 4 ans d'ancienneté, si ce n’est pas plus”.
Un autre professionnel de santé l’assure : “Je suis à cinq ans de la retraite et un de mes collègues à qui on a repris ces 18 ans d’ancienneté et qui est arrivé en CDD gagne plus que moi, ce n’est pas normal.” Tous précisent qu’il était temps qu’ils soient reconnus à la hauteur de leur diplôme : “En réalité, on s'est dit, qu’enfin, on avait pu avoir notre catégorie A après plusieurs années d’attente.”
Mais ces “disparités de traitement” vont très vite venir entacher la joie de ces professionnels de santé. “On a commencé à se dire que ce n'est quand même pas juste tout ça, car tous les nouveaux CDD qui sont arrivés ou qui vont arriver et qui vont signer leur avenant, leur ancienneté va être reprise et nous, les anciens, on n’a rien.” Selon ces professionnels de santé, cette différence de traitement peut varier mensuellement entre 80 000 et 100 000 francs entre les CDD et les fonctionnaires du Pays. “Un CDD touche beaucoup plus que moi alors que je suis dans la fonction publique du Pays depuis plus de dix ans.” Certains assurent même qu’avec ce système, ils perdent l’équivalent de “3 à 4 ans d'ancienneté, si ce n’est pas plus”.
“Ils favorisent les autres car il y a un manque d’infirmiers”
Les fonctionnaires du Pays insistent sur le fait qu’ils n’en veulent pas à leurs collègues : “Ce n’est pas leur faute, les pauvres. Tout comme ce n'est pas leur faute non plus si on a eu du mal à recruter des infirmiers depuis quelques années.” Ces derniers rappellent qu’après la fermeture de l’institut Mathilde-Frébault en 2023, “il n'y avait plus de sortant d'école donc, depuis, on est obligé de recruter ailleurs et ça donne envie aux gens de venir ici. Mais à quel prix ? Tant mieux pour eux, mais c'est injuste et frustrant pour nous.”
Beaucoup avancent que le Pays aurait pu leur octroyer une “prime” au lieu de prendre en compte leur ancienneté. “S’ils passent le concours et qu’ils le réussissent, on ne pourra pas les rétrograder. Comment fera-t-on ? On a un sentiment d'injustice et de grosse frustration. Pour moi qui suis infirmière née ici, originaire d'ici, sortie de l'école d'infirmière ici, contrairement aux nouveaux arrivants qui arrivent en CDD et dont l’ancienneté est reprise en totalité. Alors que pour nous, les titulaires, on ne reprend pas notre ancienneté du tout.”
Les fonctionnaires du Pays assurent que si le Pays a décidé de prendre en compte l’ancienneté “des gens de l'extérieur, c’est tout simplement parce qu’il a besoin d'infirmiers car on a un énorme problème de recrutement au niveau infirmier et nous qui travaillons pour le Pays depuis longtemps, on est complètement défavorisés. On nous avance aussi que cela reviendrait plus cher au Pays de reprendre toutes nos anciennetés, mais ce n’est pas de notre faute. En tout cas, c’est vraiment injuste”.
Beaucoup avancent que le Pays aurait pu leur octroyer une “prime” au lieu de prendre en compte leur ancienneté. “S’ils passent le concours et qu’ils le réussissent, on ne pourra pas les rétrograder. Comment fera-t-on ? On a un sentiment d'injustice et de grosse frustration. Pour moi qui suis infirmière née ici, originaire d'ici, sortie de l'école d'infirmière ici, contrairement aux nouveaux arrivants qui arrivent en CDD et dont l’ancienneté est reprise en totalité. Alors que pour nous, les titulaires, on ne reprend pas notre ancienneté du tout.”
Les fonctionnaires du Pays assurent que si le Pays a décidé de prendre en compte l’ancienneté “des gens de l'extérieur, c’est tout simplement parce qu’il a besoin d'infirmiers car on a un énorme problème de recrutement au niveau infirmier et nous qui travaillons pour le Pays depuis longtemps, on est complètement défavorisés. On nous avance aussi que cela reviendrait plus cher au Pays de reprendre toutes nos anciennetés, mais ce n’est pas de notre faute. En tout cas, c’est vraiment injuste”.