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Indochine : John Bourne, "Tamarii manureva" à Dien Bien Phu



John Bourne. (Fonds Shigetomi).
John Bourne. (Fonds Shigetomi).
PAPEETE, 11 février 2019 - L’association Mémoire polynésienne et la Maison de la culture organisent une conférence sur le thème Les Tahitiens dans les guerres d’Indochine et de Corée, mardi 12 février au Petit théâtre. Tahiti Infos s’associe à cet événement en publiant chaque jour un épisode de ces épopées tahitiennes en Orient. 

Beaucoup de livres ont raconté les hommes qui ont fait l’histoire de la bataille de Dien Bien Phu. Cette tragédie fut surtout une bataille aérienne perdue. À travers, John Bourne, un tamari’i manureva c’est cette bataille aérienne qui est relatée.
Le radio John Bourne, ancien du Groupe de bombardement lourd Lorraine de la France libre découvre l’Indochine dans les rangs du Groupe de Transport II/62 Franche-Comté puis au GT 63 Sénégal. Il effectue une campagne de guerre d’un an, trois mois et quatre jours et va participer à la bataille aérienne du camp retranché de Dien Bien Phu.

Le général Henri Navarre commandant en chef des forces françaises en Indochine a pour instruction de protéger le Laos des intrusions du vietminh mais aussi de permettre à la France de sortir honorablement de la guerre par une victoire militaire. En affrontant le Vietminh sur le terrain et en le brisant, la France démontre qu’elle ne peut être vaincue par les armes et peut s’affirmer sur la diplomatie en cours. Le général Henri Navarre choisit la cuvette de Dien Bien Phu dans le Haut Tonkin, près du Laos pour barrer la route aux troupes vietminh.

Ecusson du GT Sénégal. (Fonds Shigetomi).
Ecusson du GT Sénégal. (Fonds Shigetomi).
Le matin du 20 novembre 1953, soixante-cinq Dakota larguent deux bataillons parachutistes français sur la cuvette de Dien Bien Phu. L’infanterie relève les corps de parachutistes à l’exception du 1er BEP et du 8e BPC qui s’enterre dans un large dédale de tranchées protégées de barbelés et de mines. Quatre points d’appui (PA) au centre du camp fortifié assurent la défense de la piste d’aviation longue de mille mètres, clé de l’acheminement des renforts et leur ravitaillement. Ces PA sont tous baptisés de prénoms féminins : Huguette, Dominique, Claudine Éliane, Anne-Marie et Isabelle.

Giap sait que son adversaire est d’abord l’armée de l’air qui ravitaille le camp retranché de Dien Bien Phu par ce pont aérien qu’elle alimente de Hanoi. Ce pont aérien est la Voie sacrée du camp retranché de Dien Bien Phu. Les chasseurs bombardiers sont par ailleurs un appui défensif contre tout assaut au sol. Le succès du plan de bataille Giap passe par la destruction de ce pont aérien pour isoler le camp retranché, le grignoter et le réduire. Les premiers tirs de l’artillerie vietminh sur la cuvette de Dien Bien Phu visent la neutralisation de la piste, ses aires de manœuvres et ses dépôts. Mais l’artillerie vietminh ne peut rompre seule le pont aérien mis en place avec le camp retranché. Le choix de l’attaque des postes avancés du nord n’est pas anodin pour interdire aux escadrilles françaises le ciel de Dien Bien Phu. 

Une fois ces PA tombés et occupés, l’installation de plates-formes de DCA sur sites empêchera tous circuits d’atterrissage à leur verticale ou sur le côté. Les pièces d'artillerie vietminh de calibre 105 mm ont raison du PA Béatrice tenu  par le 3e bataillon de la 13e demi-brigade de Légion étrangère. Ces pièces d’artillerie lourdes ont été acheminées en pièces détachées par des pistes taillées à travers la jungle montagneuse. Leur transport fut réalisé à dos d'homme et sur des vélos en se cachant des avions d'observation français. Un tel défi était impensable pour le commandement français. Gabrielle tombe à son tour malgré la contre-attaque française par le 1er BEP et le 5e BPVN. La perte de ces deux postes avancés menace désormais la piste de Dien Bien Phu. Les Dakotas du GT Franche-Comté arborant leur Croix rouge évacuent les blessés sous le feu de la DCA vietminh désormais installée à Gabrielle. Giap compte sur l’impact psychologique que peut provoquer dans les rangs français l’impossibilité d’évacuer leurs blessés par voie aérienne. 

Les pilotes réussissent des exploits. Les derniers blessés sont  évacués, les autres restés dans la cuvette seront désormais les protégés de l’ange de Dien Bien Phu, Geneviève de Galard, convoyeuse de l'Air dont l’avion a été endommagé et détruit par l'artillerie vietminh en tentant de se poser pour l’évacuation de blessés. Les posés de jour étant prohibés, les équipages recourent au largage à basse altitude. La manœuvre n’est pas sans risque car les avions, volant à basse altitude et à une vitesse réduite, sont des cibles privilégiées de la DCA. Le C-47 du sergent radio navigateur John Bourne n’est pas épargné par la DCA vietminh. Lors d’une mission de parachutage sous le feu d’une DCA assez intense, John Bourne s'est levé de son poste de radio pour rejoindre le pilote dans le cockpit. A son retour, il y avait un trou dans son siège et dans la carlingue, au-dessus. Un obus de DCA avait perforé l'avion juste à la place qu'il occupait quelques instants auparavant. Le Vietminh poursuit au prix de lourdes pertes ses offensives contre les autres postes d’appui qui vont tomber successivement. Les approvisionnements en matériels et munitions sont parachutés. Ils sont souvent infructueux tombant dans les lignes vietminh. En amont de la chaîne de largage se trouve la Compagnie de ravitaillement par air des troupes françaises d’Indochine du Nord. 

Dans leurs rangs, le Tahitien Teriimatae Ueva. Des volontaires sont demandés à Hanoï comme dans toute l’Indochine pour sauter sur Dien Bien Phu. De nombreux volontaires répondent présents pour l’honneur ou pour les copains, alors qu’ils savent que c’est foutu. Certains n’ont jamais sauté en parachute. C’est l’aller sans le retour. Dans le fracas des combats des largages malheureux les feront atterrir chez l’ennemi qui les massacrera.  Le Quartier maître Bernard Baudry s’est porté volontaire. Un trois galons lui a alors retourné sa feuille d’engagement volontaire. Le Tahitien André Castellani s’est aussi porté volontaire pour Dien Bien Phu en contrepartie de l’obtention d’un grade supérieur.

Dien Bien Phu tombe le 7 mai 1954 à dix-sept heures trente après cinquante-sept jours et nuits de combat ininterrompus. 
750 volontaires de tous grades, de toutes armes ont sauté dans la nuit, en pleine bataille sans être brevetés. John Bourne junior : "(…) Mon père me racontait que certains n’avaient pas osé sauter. Il les trouvait alors prostrés à l’arrière de l’avion."

​Conférence le 12 février

L’association Mémoire polynésienne et la Maison de la culture organisent une conférence sur le thème Les Tahitiens dans les guerres d’Indochine et de Corée.
Jean-Christophe Shigetomi relatera l’épopée des Tamari’i Tahiti engagés dans le corps expéditionnaire d’Extrême-Orient, entre 1945 et 1954. Il parlera aussi de ceux, moins nombreux, qui ont servi au sein du Bataillon français de l’ONU, entre 1950 et 1953 en Corée.

Date : le 12 février 2019 à partir de 18 heures

Lieu : Petit théâtre

Entrée libre et gratuite

Rédigé par TI le Lundi 11 Février 2019 à 15:09 | Lu 997 fois






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