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Indemnités des élus de Moorea, le texte retiré revient à Tarahoi


Les liaisons maritimes entre Tahiti et Moorea sont au cœur des arguments avancés pour rétablir les indemnités supplémentaires des trois représentants de l’île Sœur. (Crédit photo : Tahiti Tourisme)
Tahiti, le 2 novembre 2026 - Retirée en avril 2025, cinq jours après son dépôt sur fond de polémique avec les médias, la proposition d'Antony Géros visant à rétablir les indemnités supplémentaires des élus de Moorea refait surface à Tarahoi. Elle est désormais portée par deux élus Tavini, Heinui Le Caill et Vincent Maono, et le président d'A Fano Ti'a, Tematai Le Gayic. Un rapprochement qui pourrait faciliter son adoption, au bénéfice de trois représentants Tavini de l'île Sœur, pour un coût annuel de 5,36 millions de francs. Examen prévu mardi en commission de l'économie.
 

En décembre 2023, Antony Géros faisait voter la suppression de l’indemnité des élus de Moorea au nom des économies budgétaires. En avril 2025, changement de cap : le président de l'assemblée proposait de la rétablir, au motif que les élus de Moorea devaient parfois quitter les travaux de Tarahoi pour attraper le dernier bateau. Il s'appuyait déjà sur une étude de 2024 selon laquelle rembourser leurs frais réels coûterait davantage que leur verser une indemnité forfaitaire.
 
Mais la proposition avait fait grincer des dents, y compris dans son propre camp. Tony Géros s'en était alors pris aux médias : “Si certains médias avaient pris la peine de s'informer sérieusement à la source avant de relayer des approximations, nous aurions épargné à notre population une polémique stérile et injustifiée”. Cinq jours après son dépôt, le texte disparaissait pourtant de l'ordre du jour de la commission. Sans explication.
 
Le voici de retour, porté cette fois par Heinui Le Caill et Vincent Maono, avec le soutien de Tematai Le Gayic. Depuis leur divorce politique, Tavini et A Fano Ti'a ne ménagent pas leurs critiques. Mais les voilà réunis autour d'une indemnité destinée à trois représentants Tavini : Mitema Tapati, Teremuura Kohumoetini-Rurua et Tevaipaea Hoiore.
 
Sur le fond, pas un franc de moins. L'indemnité serait rétablie à hauteur de 110 points d'indice, soit 119 350 francs mensuels par élu de Moorea-Maiao. Coût total : 5,36 millions de francs par an, charges comprises. Les crédits figurent déjà au projet de budget 2027 de l'assemblée.
 
Un texte recyclé, la CTC pour seule nouveauté
 
Le texte est donc le même qu'en avril 2025, à une virgule près. Et cette virgule, c'est la Chambre territoriale des comptes (CTC) qui l'a fournie. Dans ses observations de juillet dernier, elle estime que la “suppression pure et simple de ce dispositif […] ne paraît pas de nature à garantir, pour ces élus, des conditions satisfaisantes de participation aux travaux de l'assemblée”. Elle préconise ainsi “la définition d'un dispositif spécifique de prise en charge de leurs frais de séjour obligatoires à Tahiti”. Mais pas le retour du forfait de 119 350 francs par mois. De quoi permettre, en tout cas, aux rapporteurs de s'appuyer sur ces observations pour ressusciter l'indemnité supprimée en 2023, sans en changer un franc.
 
Reste que ces 5,36 millions de francs reviennent sur la table dans un contexte politique et social déjà tendu. À l'approche du budget 2027, Tarahoi sort d'un débat d'orientation budgétaire houleux, tandis que les praticiens du CHPF viennent de suspendre leur grève sur la foi des promesses des élus de leur donner davantage de moyens. Et ce lundi matin, les automobilistes découvraient à la pompe une hausse de 10 francs par litre d'essence. Pas sûr que le moment soit mieux choisi qu'en avril 2025 pour faire avaler la pilule à la population.

Rédigé par Stéphanie Delorme le Lundi 2 Novembre 2026 à 15:33 | Lu 576 fois