Rébellion sur un agent des forces de l’ordre, refus d'obtempérer et détention de stupéfiants… La situation du prévenu, qui compte déjà à son actif plus de dix condamnations pour violences conjugales ou encore conduite sans permis, ne s’arrange pas des moindres. Mercredi dernier, aux alentours de 7 h 30, l’individu roule à “vive allure” sur sa moto sur le boulevard Pōmare.
Un policier tente de l’arrêter afin de procéder à un contrôle, mais le quadragénaire décide de faire demi-tour à contre-sens en plein milieu de la circulation. “C’était quelque chose de stupide”, a constaté son avocat lors de sa comparution immédiate, jeudi. Quelques secondes plus tard, le prévenu percute “involontairement” un autre véhicule de police qui lui barre la route. Il se relève dans la foulée et tente de fuir à pied, cette fois, avant de résister à l’interpellation.
“C’est devenu banal”
Les faits sont donc “assez simples”, a estimé jeudi le président du tribunal. D’autant plus que l’individu reconnaît l’ensemble des accusations hormis celle de “rébellion” contre les forces de l’ordre.
À la barre, il a expliqué avoir refusé de se soumettre au contrôle de police car il venait de se procurer de l’ice et du cannabis pour sa consommation personnelle : “C’est comme si on demandait à quelqu’un s’il boit une bière. C’est devenu banal”, a soupiré le président.
Le policier, légèrement blessé au niveau de l’épaule à la suite de l’interpellation, s’est constitué partie civile. Son avocate a dénoncé la multiplication de ce type d’infractions contre les forces de l’ordre et demandé une réparation à hauteur de 30 000 francs pour le policier, qui s’est vu délivrer un jour d’ITT et qui a été victime d’un préjudice moral.
Des faits contestés par le prévenu donc et son avocat qui l’a décrit à l’audience comme quelqu’un de bien inséré : “Il a un travail qui doit prolonger son CDD dans quelques jours, une femme, des enfants... Il a déjà eu des condamnations, mais son casier n’est pas le plus fourni qui est passé devant cette juridiction.”
“Vous avez franchi les lignes rouges et pas seulement les lignes blanches”
De son côté, la procureure a requis une peine de 6 mois d’emprisonnement, une suspension du permis de conduire pour une durée d’un an et une amende de 40 000 francs. Le tribunal a déclaré coupable le quadragénaire pour l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. “Vous avez franchi les lignes rouges et pas seulement les lignes blanches”, a ironisé le président.
Le prévenu a finalement été condamné à une peine d’emprisonnement de 8 mois sans mandat de dépôt et à une amende de 40 000 francs. Néanmoins, comme les prisons sont “surpeuplées”, l’individu peut “négocier” sa peine de prison avec le juge d’application des peines. Il devra également s’acquitter d’un dédommagement à hauteur de 10 000 francs envers le policier blessé.