Il devient champion du monde junior de danse du feu à 11 ans


Tahiti, le 19 mai 2026 - À seulement 11 ans, Mathias Svenson est déjà au sommet de son art. Le jeune Tahitien a décroché, mercredi 6 mai à Hawai’i, le titre de champion du monde junior de danse du feu (World Fire Knife Championship 2026). Une consécration pour celui qui s’entraîne avec passion presque tous les jours de la semaine.
 
Pour Mathias, la discipline est avant tout “une passion, un partage”, bien loin d’un sport vécu comme une contrainte. Du lundi au vendredi, après l’école, le jeune garçon enchaîne les entraînements jusqu’en soirée afin de perfectionner sa technique et son sens du spectacle.
 
La danse du feu est entrée dans sa vie presque naturellement. “Au début, je faisais de la danse tahitienne et de la danse samoane de guerre”, raconte le nouveau ‘aito. C’est à l’école Etuahi, auprès de Tamatea Ondicolberry, qu’il découvre cet art spectaculaire. “C’est une danse où le feu sert à impressionner entre les tribus”, explique-t-il avec ses mots d’enfant.
 
Il débute réellement la discipline à l’âge de 8 ans. Quelques compétitions plus tard, il devient aujourd’hui le meilleur junior du monde. Régulièrement appelé lors d’événements privés, il multiplie déjà les prestations. “Hier, j’étais à l’InterContinental pour faire une danse du feu pendant dix minutes”, confie-t-il avec enthousiasme.

​Star des réseaux sociaux


Très suivi sur les réseaux sociaux, Mathias peut aussi compter sur le soutien de sa sœur, qui alimente régulièrement les comptes TikTok et Instagram consacrés à ses performances. Vidéos d’entraînements, compétitions, coulisses ou voyages : les publications attirent de nombreux internautes fascinés par les prouesses du jeune champion tahitien.
 
Au-delà de la maîtrise du feu, la discipline demande une importante dimension artistique. “Là où j’ai progressé, c’est dans l’acting”, explique Mathias. “Je fais mon beau, je joue avec l’espace pour le public.” Car dans la danse du feu, le spectacle est aussi important que la technique.
 
Et la technique, justement, est exigeante. Costumes faits main, maniement de couteaux enflammés, coordination millimétrée : le jeune danseur fait tournoyer un ou deux couteaux en feu durant ses chorégraphies.
 
S’il a atteint ce niveau, Mathias le doit aussi à son coach Léon Teai, de l’association Te Tama Ahi. Encadré par l’une des figures reconnues de la discipline, il participe désormais à trois ou quatre compétitions par an, toujours accompagné de l’un de ses parents.

​ “Une grande famille”

 
Grâce à la danse du feu, le jeune champion a déjà voyagé à travers le Pacifique : Nouvelle-Zélande, îles Cook, Japon et désormais Hawai’i. “C’était une première à Hawai’i. Avec papa, on a un peu fait les touristes”, raconte-t-il en souriant.
 
Lors de la finale mondiale, tout n’a pourtant pas été parfait. Une erreur lui coûte quelques points. “Mon couteau est tombé par terre”, se souvient-il. Malgré cela, il termine premier devant ses adversaires… devenus aussi des amis. “La danse du feu, c’est une grande famille. Des anciens champions du monde m’ont encouragé. Des fois, c’est plus pour partager que pour les battre”, confie le jeune garçon, qui reconnaît malgré tout avoir “envie de gagner à chaque fois”.
 
Son quotidien, lui, est parfaitement rythmé. À 16 heures, il quitte l’école avant de rejoindre son centre d’entraînement jusqu’à 18 ou 19 heures. Ils sont près d’une cinquantaine à s’y entraîner régulièrement.
 
Le père de Mathias, Thomas Svenson, espère désormais voir davantage de soutien pour cette discipline, qui ne fait pas encore partie des sports Tū’aro Mā’ohi. “Quand il gagne la plus grande compétition à Tahiti, la Te Ahi Toa, il gagne son billet d’avion pour Hawai’i, ce qui allège les dépenses. Mais le reste est à nos frais”, explique-t-il.
 
Depuis quelque temps, Mathias développe également une autre passion : les percussions traditionnelles. Il apprend le pahu et le tō’ere afin d’accompagner d’autres danseurs du feu. Une manière pour lui de continuer à faire vivre cet art qu’il pratique déjà avec une maturité impressionnante malgré son jeune âge.


Rédigé par Violaine Broquet le Mardi 19 Mai 2026 à 15:47 | Lu 675 fois