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Il assassine sa femme à coups de bûche : 17 ans de réclusion criminelle (Màj)



Raphaël Maifano encourt la perpétuité pour cet assassinat. Le parquet général a requis entre 17 et 20 ans de réclusion criminelle. Le jugement est attendu.
Raphaël Maifano encourt la perpétuité pour cet assassinat. Le parquet général a requis entre 17 et 20 ans de réclusion criminelle. Le jugement est attendu.
PAPEETE, le 10 décembre 2015 - Les jurés viennent de rendre leur verdict dans l'affaire Raphaël Maifano, ce mari violent de 57 ans et ancien notable de Makemo. Il était accusé d'avoir sauvagement assassiné sa femme de 43 ans après l'avoir harcelée pendant des mois, parce qu'elle l'avait trompé avec un amour de jeunesse avant de demander le divorce. Les jurés ont retenu la préméditation de son acte.


Le procès de Raphaël Maifano, ce mari violent de 57 ans accusé d'avoir sauvagement tué sa femme de plusieurs coups de bûche à la tête pendant qu'elle dormait, en janvier 2014 à Makemo, vient tout juste de s'achever, ce jeudi devant la cour d'assises de la Polynésie française. Le quinquagénaire écope de 17 ans de réclusion criminelle. Le parquet avait requis, à la mi-journée, une peine de l'ordre de "17 à 20 ans de réclusion criminelle" contre lui. L'avocat général a demandé aux jurés de ne pas se perdre dans les explications alambiquées de l'accusé, qui nie avoir rendu visite à sa femme la nuit du drame dans le but de la tuer, mais bien de retenir la préméditation de son acte. Ce qu'ils ont fait.

"C'est une exécution"

"C'est une exécution". Dire que l'avocat général Brigitte Angibaud ne s'était pas laissé convaincre par la version de l'accusé est un doux euphémisme. " Il ne lui a donné ni la chance, ni le temps de se défendre, il l'a tuée dans son sommeil, sans autre bruit que le bruit sourd de cette bûche d'un kilo quatre qui s'abattra et s'abattra encore sur le visage de la victime (…) Avec une force phénoménale".

Depuis le début, Raphaël Maifano s'enferre dans une défense en total décalage avec les éléments objectifs du dossier. Séparé depuis des mois au moment des faits, il dit s'être rendu chez sa femme pour parler avec elle cette nuit-là, pour tenter une dernière fois de recoller les morceaux. Il dit l'avoir réveillée doucement, avoir discuté avec elle dix longues minutes. Puis il dit que le ton est monté. Et qu'il l'a frappée deux fois avec le bois. Le coup de sang, une crise de folie passagère qu'il n'explique pas. Et tout ça sans que jamais, à aucun moment, la malheureuse Christine ne se redresse du matelas où elle dormait, ni ne se défende d'une quelconque façon de ce mari dont elle avait déjà expérimenté la violence, dont elle avait peur et qu'elle fuyait depuis près de deux ans.

Or, le corps de la victime avait été retrouvé allongé sur le matelas comme s'il n'en avait jamais bougé. Aucune trace de lutte n'avait été constatée dans le salon ou s'est produit le drame, rangé et en ordre, ni aucune blessures de défense sur le corps de Christine. La propre fille du couple, 12 ans, qui dormait dans la pièce d'à côté, avec pour seule isolation une fine cloison, ne s'était pas réveillée alors que son père était, selon ses dires, en train de se disputer bruyamment avec la mère.

"Il a signé son arrêt de mort"

"Il n'y a que lui qui peut croire en cette version", s'est agacée Me Bambridge, avocate de la famille de la défunte : "Il était minuit, il n'y a pas de meilleurs moments pour se parler ? Il va traverser tout le village, dans le vent et sous la pluie cette nuit-là, prendre un chemin de traverse, pas la route habituelle, passer par l'arrière de la maison, se saisir d'une buche sur un tas dans le jardin, se glisser dans le noir dans le salon où il savait qu'elle dormait, et tout ça pour parler ?"

Depuis des mois qu'ils étaient séparés, Raphaël harcelait Christine, tournait déjà régulièrement autour de la maison familiale qu'elle habitait seule depuis la séparation. Il ne supportait pas cette émancipation, la procédure de divorce en cours. Ex homme fort du foyer, l'ancien adjoint au maire de Makemo rencontré 25 ans plus tôt avait perdu de sa superbe. Retourné dans les champs de coprah après la défaite électorale de son équipe au début des années 2000, il était devenu dépendant de Christine qui, elle, avait trouvé dans le même temps une belle place de cantinière au collège de l'atoll.

S'il était toujours parfait en public, Raphaël se comportait en petit tyran domestique à la maison, se laissait vivre à ses crochets. Une situation que Christine ne supportait plus, la fin d'une histoire qui l'avait poussée pour une aventure éphémère dans les bras d'un amour de jeunesse : "Elle voulait juste vivre enfin un peu pour elle", résume le parquet général à l'attention d'un accusé ayant un peu trop tendance à se "poser en victime d'une femme volage".

"Il aurait pu accepter la séparation, mais il lui a fait payer au quotidien, et la violence larvée a éclaté" poursuit l'avocat général Brigitte Angibaud. "Il est devenu agressif et fou. La peur s'est immiscée en Christine pour ne plus la quitter. Elle sait qu'il rentre chez elle la nuit, elle sait qu'il se vante qu'il va la tuer. Et la suite lui donnera malheureusement raison. Il l'a tuée dans son sommeil, d'un geste froid, réfléchi, presque clinique. Quand il a enfin compris qu'elle ne reviendrait pas malgré ce qu'il lui faisait subir, il a fait le deuil de sa femme et a signé son arrêt de mort. Comme elle ne voulait plus être à lui, elle ne serait à personne. Ce n'est pas le sentiment amoureux qui a tué, c'est le sentiment de propriété".


Rédigé par Raphaël Pierre le Jeudi 10 Décembre 2015 à 16:39 | Lu 900 fois

Tags : ASSISES






1.Posté par appelsolennel le 11/12/2015 09:01 | Alerter
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trop de vies gâchées,

trop de victimes, y compris les enfants!

trop de violences,
trop de foyers condamnés

la réponse viendra d'un sursaut national!

et pas seulement d'une réponse judiciaire!

il faut prendre le taureau par les cornes!

il faut agir maintenant.

car on ne pourra pas développer le pays, si on a la moitié de la population saoul, drogué, instable, et psychosé!

les entreprises n'en veulent pas
les touristes que l'on fait venir au "paradis", à coup de milliards, fuiront notre destination,....





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