Tahiti, le 9 avril 2026 - Cinquante lycéens travaillent cette semaine sur les défis de demain. Sélectionnés sur concours et venus de tout le Fenua, ils sont répartis en dix groupes de cinq pour participer à la deuxième édition des Pacific Genius, une semaine immersive dédiée à l’innovation. Accueillis en internat au lycée hôtelier de Punaauia, ils doivent concevoir un projet répondant à un besoin de la Polynésie, avec l’aide de l’intelligence artificielle. À la clé : le prix du meilleur projet et plusieurs lots.
Encadrés par des experts, des membres du gouvernement et des partenaires du secteur technologique, ils imaginent des solutions concrètes aux problématiques liées au tourisme, à la santé, à l’environnement ou encore l’hébergement.
Cinq adolescents ont monté un projet baptisé “École en décroch’”. “La première source du décrochage est familiale”, expose l’un d’eux. Leur idée est très simple et plutôt ambitieuse : une application totalement gratuite, utilisable même en l’absence de réseau permettant de télécharger des cours dans toutes les matières, d’avoir un soutien scolaire et d’échanger avec d’autres élèves ou des professeurs. “Un peu comme sur “Allo qui sait quoi” sur Facebook, si quelqu’un a la réponse à la question d’un élève, il répond.” Un bouton “Avenir” doit relier les jeunes aux entreprises prêtes à accueillir des stagiaires, via un formulaire d’inscription. L’intelligence artificielle est la pièce maîtresse du dispositif. “Sous forme d’une icône en forme de fantôme bleu comme une bulle d’eau, elle est dans un coin et on peut s’en servir comme aide. Elle repère aussi les messages inappropriés et garde tout en historique, c’est mieux de tout contrôler”, explique les membres du projet. Vendredi à 13h30, le groupe présente son application aux membres du jury pour les convaincre de “financer et mettre l’application sur l’App Store”. Quand on leur demande pourquoi se casser la tête pendant les vacances scolaires, la réponse fuse : “Apprendre à travailler ensemble, se découvrir individuellement aussi.”
Encadrés par des experts, des membres du gouvernement et des partenaires du secteur technologique, ils imaginent des solutions concrètes aux problématiques liées au tourisme, à la santé, à l’environnement ou encore l’hébergement.
Cinq adolescents ont monté un projet baptisé “École en décroch’”. “La première source du décrochage est familiale”, expose l’un d’eux. Leur idée est très simple et plutôt ambitieuse : une application totalement gratuite, utilisable même en l’absence de réseau permettant de télécharger des cours dans toutes les matières, d’avoir un soutien scolaire et d’échanger avec d’autres élèves ou des professeurs. “Un peu comme sur “Allo qui sait quoi” sur Facebook, si quelqu’un a la réponse à la question d’un élève, il répond.” Un bouton “Avenir” doit relier les jeunes aux entreprises prêtes à accueillir des stagiaires, via un formulaire d’inscription. L’intelligence artificielle est la pièce maîtresse du dispositif. “Sous forme d’une icône en forme de fantôme bleu comme une bulle d’eau, elle est dans un coin et on peut s’en servir comme aide. Elle repère aussi les messages inappropriés et garde tout en historique, c’est mieux de tout contrôler”, explique les membres du projet. Vendredi à 13h30, le groupe présente son application aux membres du jury pour les convaincre de “financer et mettre l’application sur l’App Store”. Quand on leur demande pourquoi se casser la tête pendant les vacances scolaires, la réponse fuse : “Apprendre à travailler ensemble, se découvrir individuellement aussi.”
Les vainqueurs dévoilés vendredi soir
Quelques pas plus loin, un autre groupe avance sur un défi d’une tout autre ampleur : imaginer un bateau médical capable d’apporter des soins dans les îles éloignées. “C’est un problème lorsque, dans les îles, une personne attend que la maladie s’aggrave alors qu’elle aurait pu se faire dépister”, explique l’un d’eux. Leur solution : un bateau 100 % électrique, toit couvert de panneaux solaires, zéro déchet alimentaire, aucune bouteille plastique, et une capacité de dépistage pour des maladies comme le diabète ou le cancer dans une vingtaine d’îles des Tuamotu. Le budget du projet monte à “1,5 milliard de francs et 50 millions de matériel médical par an”, détaille celle chargée des comptes. “Créer des dispensaires et financer les ‘évasans’, on a calculé, c’est bien plus onéreux”, assure un autre. Leur prototype d’application est en phase terminale. On peut y voir : prise de rendez-vous, gestion du stock, point GPS du bateau, tout y est. Cette équipe présente aussi à 13h 0 son application pendant sept minutes au moins, vendredi.
Sur une autre table, une équipe se concentre sur le tourisme et développe “Fenua Best Accès”, une application destinée à améliorer l’aménagement au Fenua. Pour guider toutes ces idées, quatre pointures du numérique et de la recherche ont fait le déplacement au lycée hôtelier pour l’occasion. Tout d’abord Chris Harte, expert en transformation numérique chez Google ; Laurence Devillers, professeure en intelligence artificielle à l’université Sorbonne et chercheuse au CNRS ; Hitiura Tchang, conseillère technique pour le numérique au cabinet de la présidence ; et, ce jeudi, Alain Schuhl, directeur du CNRS en Polynésie, venu parler environnement et conchyliculture marine. Des intervenants qui sont également membres du jury constitué pour cette semaine Pacific Genius.
Avec Laurence Devillers, les élèves ont “ouvert le capot de l'IA”, comme elle aime à le dire, pour démystifier cette technologie. Elle les a guidés à travers “les risques et les limites”, ceux liés à l'addiction tout en les sensibilisant à la nécessité d'intégrer des données locales. Pour l'experte de l'IA, les projets des ados sont prometteurs mais demandent encore du travail. “Une semaine, c'est vraiment court. Il faudra retravailler sur une machine, aller au-delà pour avoir un projet dont on connait la robustesse, l'impact et l'éthique.” Au-delà de l'exercice, elle trouve la démarche géniale pour “stimuler des carrières en science et créer un écosystème en IA à Tahiti”.
Cinq équipes sont en lice pour gagner la Pacific Genius. Le jury doit annoncer le résultat de ses délibération vendredi à 16h30.