Hapkido – Tahiti accueille un Grand Maître de classe mondiale


Le Grand Maître Raphaël Couet a dispensé son premier entraînement de hapkido samedi au dojo de l’école de judo de Arue.
Tahiti, le 15 février 2026 - Le club Kang Ho Dojang qui forme ses adhérents à la pratique du hapkido, un art martial coréen, reçoit actuellement Raphaël Couet, un Grand Maître de la discipline gradé huitième dan et dont l’expertise est mondialement reconnue. Il a animé un premier entraînement samedi après-midi au dojo de l’École de Judo de Arue.
 
Les arts martiaux sont largement pratiqués à Tahiti dans leurs différentes disciplines et si le hapkido n’est pas la plus connue, elle n’en bénéficie pas moins d’une bonne dynamique. Le hapkido est un art martial de self défense d’origine coréenne. Discipline créée dans les années 1960 et adaptée pour répondre aux situations d’agression, elle possède plusieurs écoles dont celle dite Jin Jung Kwan dont le Grand Maître, Lee Chang Soo, est le personnage emblématique. Elle s’appuie sur les valeurs fondamentales des arts martiaux : respect, humilité, persévérance, maîtrise de soi.

 
Jean-Marc Cheong structure le hapkido à Tahiti
 
Au Fenua pratique du hapkido remonde au début des années 2000 et est longtemps restée intimiste et sans véritable structure. Il a fallu attendre 2013 pour que le premier club voit le jour à Tahiti sous l’impulsion de Jean-Marc Cheong. Déjà initié aux arts martiaux, il est parti en France se former en 2012 pendant un an avec le Maître Raphaël Couet. Il a ensuite passé son grade de ceinture noire en Corée du Sud et il est revenu à Tahiti pour ouvrir son club en 2013 à l’école Fariimata de Papeete. Depuis, et malgré une baisse d’effectifs en période de Covid, le club Kang Ho Dojang a régulièrement étoffé le nombre de ses adeptes pour en compter 110 aujourd’hui. Jean-Marc Cheong qui est maintenant gradé 4e dan évoque le fonctionnement de son club et ses projets : “Nous sommes un club privé mais affilié aux Fédération française et coréenne d’hapkido. Nous avons la chance d’accueillir actuellement le Grand Maître Raphaël Couet avec qui j’ai suivi des stages par le passé et qui m’a permis d’atteindre le niveau que j’ai aujourd’hui. C’est vraiment une pointure du hapkido dont la reconnaissance est mondiale. Je pars régulièrement poursuivre ma formation en France et en Corée du Sud. Cette année, j’envisage de me former pour pouvoir organiser des compétitions à Tahiti comme cela se fait ailleurs dans notre discipline. Nos adhérents sont demandeurs et plus particulièrement les jeunes qui veulent mieux connaître leur niveau dans un contexte de compétition.” Et pour les avoir observés à l’entraînement samedi après-midi sur un rythme intense et très physique, il est évident que les pratiquants locaux de hapkido sont particulièrement motivés, les jeunes mais aussi les moins jeunes.

Un privilège que la présence du Grand Maître Raphaël Couet
 
Les relations régulières qu’a nouées Jean-Marc Cheong avec Raphaël Couet au fil du temps lui ont permis de convaincre le Grand Maître de venir à Tahiti. Le Grand Maître avait déjà fait un premier séjour sur le territoire en 2006. Mais il n’était alors pas impliqué à plein temps dans le développement du hapkido aux quatre coins de la planète. Spécialiste de taekwondo à l’origine, Raphaël Couet a commencé à s’intéresser au hapkido au début des années 1990 et plus particulièrement à l’école Jin Jung Kwan. En 1999, il a pris la décision de partir en Corée du Sud pour découvrir le hapkido au sein de son pays d’origine. Depuis 2007, il s’y consacre à plein temps avec son école à Lyon et voyage beaucoup que la discipline se développe notamment en Europe. Raphaël Couet nous en dit plus le parcours qui l’a conduit à avoir une renommée mondiale dans sa discipline : “Au début des années 2000, j’étais le seul étranger à entrer dans l’équipe nationale coréenne de démonstration. J’ai gravi les échelons et les grades jusqu’à devenir membre de l’équipe pédagogique et technique de la fédération coréenne qui m’a confié le rôle de développer la discipline en France puis en l’Europe. J’interviens aussi maintenant en Amérique du Sud. J’ai atteint le grade de 8e dan, le plus élevé en hapkido à l’exception du Grand Maître Lee Chang Soo qui est le leader de l’école Jin Jung Kwan et qui est 9e dan, un grade qui sera transmis à son successeur. J’étais déjà venu à Tahiti en 2006 et j’ai découvert un hapkido polynésien qui manquait alors de structures et de soutien technique. Depuis, Jean-Marc Cheong s’est formé et a ouvert son club et je constate, 20 ans après mon premier séjour, que le hapkido polynésien a énormément progressé tant en nombre de pratiquants qu’en qualité. Le niveau à Tahiti est quasiment équivalent à ce que je découvre ailleurs. En juillet, on se retrouvera à Séoul avec Jean-Marc et une quinzaine de ses élèves qui vont vivre une grosse densité d’entrainement pendant deux semaines avec le Maître Lee Chang Soo. Et ce sera évidemment enrichissant pour les intéressés et pour le hapkido tahitien.”
 
Le Grand Maître va poursuivre son programme d’entraînement cette semaine avec un rendez-vous quotidien à l’école Fariimata. Méthode de défense personnelle et école de rigueur, le hapkido s’adapte à tous les profils, hommes et femmes, jeunes et anciens. Sport martial à la fois défensif et offensif, il est appelé sans nul doute à poursuivre son développement localement. 

 
Patrice Bastian
 

Rédigé par Patrice Bastian le Dimanche 15 Février 2026 à 15:31 | Lu 274 fois