Guerre au Moyen-Orient: les prix du gaz et du pétrole s'envolent, les Bourses mondiales dans le rouge


NICOLAS MAETERLINCK / Belga / AFP
Paris, France | AFP | lundi 02/03/2026 - La guerre au Moyen-Orient fait flamber les prix du gaz et du pétrole lundi, faisant redouter des perturbations de l'offre, tandis que les Bourses mondiales reculent de concert avec l'Europe en premier plan.

"Les frappes contre l'Iran menées par les États-Unis et Israël ont ravivé la question la plus déterminante en matière de sécurité énergétique pour l'économie mondiale: la perturbation des flux de pétrole et de gaz du Moyen-Orient transitant par le goulet d'étranglement énergétique le plus important au monde, le détroit d'Ormuz", résume Simone Tagliapietra, analyste au centre de réflexion européen Bruegel.

Ce point névralgique du commerce mondial est désormais évité par les principaux armateurs mondiaux en raison du conflit.

Les prix européens du gaz naturel se sont envolés après l'annonce par la compagnie énergétique publique du Qatar, QatarEnergy, de l'arrêt de sa production de GNL à la suite d'une attaque de drones iraniens, "ce qui laisse présager des perturbations, peut être majeures, des flux énergétiques vers l'Europe", souligne Neil Wilson, analyste à Saxo Markets.

"Le Qatar figure parmi les trois principaux exportateurs mondiaux de GNL", rappelle-t-il.

Vers 14H45 GMT, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence du gaz naturel sur le Vieux Continent, s'envolait de 44,18% à 46,08 euros après avoir flambé de plus de 50% pour atteindre 49,14 euros, un sommet depuis février 2025.

Les prix du brut restaient quant à eux en forte hausse: le baril de Brent de la mer du Nord grimpait de 8,67% à 79,19 dollars, et son équivalent américain, le WTI, de 7,62% à 72,13 dollars. 

Sur les marchés d'actions, le recul des indices européens s'accélérait, emportés par la hausse fulgurante du prix du gaz.

La Bourse de Paris dévissait de 2,22%, Francfort de 2,67%, Londres de 1,59% et Milan 2,53% vers 14H45 GMT.

A Wall Street, dans les premiers échanges, le Dow Jones cédait 0,89%, l'indice Nasdaq 0,64% et l'indice élargi S&P 500 perdait 0,63%.

Frappes d'Israël au Liban en riposte à des tirs du Hezbollah, salves de missiles iraniens tous azimuts, raffinerie et pétrolier touchés dans le Golfe: le Moyen-Orient s'embrase deux jours après le lancement d'une attaque israélo-américaine sans précédent contre l'Iran.

L'euro subit la hausse des prix du gaz, le dollar brille

"Le contexte sur le marché des changes est nettement favorable au dollar" en raison de "la flambée des prix de l'énergie et la hausse de la demande de valeurs refuges alors que (...) les actions mondiales reculent", relève Fawad Razaqzada, analyste pour Forex.com.

"Les États-Unis restent largement indépendants sur le plan énergétique, contrairement à l'Europe et à une grande partie de l'Asie", rappelle-t-il.

Ainsi, "les ventes sur l'euro ont (...) pris de l'ampleur, la zone euro étant la plus exposée au conflit. La forte revalorisation des marchés de l'énergie est déterminante pour comprendre ce que ce conflit implique en matière de croissance et de réponse des politiques économiques", souligne également M. Wilson.

Vers 14H45, la monnaie unique abandonnait 0,82% face à la devise américaine, à 1,1715 dollar pour un euro.

Le fret maritime et les majors pétrolières flambent

Après l'attaque de deux navires dimanche au large des Émirats arabes unis et d'Oman, l'Organisation maritime internationale (OMI) a appelé les compagnies maritimes à "éviter" la région.

La navigation dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite 20% de la consommation mondiale de pétrole, est paralysée. Le prix des assurances devient prohibitif et les principales compagnies ont confirmé suspendre leur passage.

Maersk, spécialiste du transport de conteneurs, grimpait de 6,60% à Copenhague, l'armateur allemand Hapag-Lloyd de 5,51% à Francfort vers 14H45 GMT.

Les majors pétrolières bondissaient également, bénéficiant de la hausse des prix des hydrocarbures. TotalEnergies prenait 3,76% à Paris. Eni prenait 3,10% à Milan. Repsol grimpait de 5,39% à Madrid. Equinor s'envolait de 8,63% à Oslo.

L'aérien et le tourisme souffrent

En revanche, les titres des entreprises du secteur aérien et du tourisme chutent, alors que de nombreux vols ont été annulés et les routes aériennes fermées.

AirFrance-KLM dévissait de 8,09% à Paris, Lufthansa reculait de 4,56% à Francfort et Easyjet de 2,82% à Londres. 

Pour le secteur touristique, Accor plongeait de 9,54% à Paris et TUI de 8,69% à Francfort.

le Lundi 2 Mars 2026 à 05:58 | Lu 114 fois