Francofolies : “On veut pérenniser le festival”


 Tahiti, le 24 septembre 2025 - Les Francofolies de Tahiti se sont tenues pour la deuxième fois à la mairie de Pirae le week-end dernier. Une deuxième édition très prometteuse que les organisateurs, Arnaud et Laetitia, souhaitent voir s’implanter de façon durable dans le calendrier événementiel polynésien.

 
Arnaud, qu’est-ce que tu souhaites retenir de cette deuxième édition des Francofolies de Tahiti ?
“On a eu un super beau temps, contrairement à l’édition de l’an passé [rires]. Surtout, on a eu énormément de messages le dimanche matin pour nous dire que le festival de la veille était super. Ils nous encouragent à continuer. Les choix des artistes étaient top. Des gens ont découvert plein d’artistes comme Deluxe ou encore Franck et Damien. Zaho de Sagazan a été super bien accueillie aussi. L’idée était d’avoir un potentiel d’artistes avec un monde musical différent pour que tout le monde s’y retrouve et on a réussi le pari.”
 
La mairie de Pirae était bien remplie. Vous êtes heureux de la fréquentation du festival ?
“Carrément. On avait une jauge de 4 000 personnes et doit en être pas loin.”
 
Tu as échangé avec les artistes sur leur ressenti sur scène ?
“Ils étaient enchantés de cette journée. Ravis du public, du lieu, de l’organisation. On a quelques efforts à faire au niveau technique. Pour ça, il faut du budget, mais sans sponsors financiers, c’est difficile.”
 
La mairie de Pirae était le choix de départ dès la première année. Pourquoi ce choix ?
“La mairie de Pirae, que nous remercions de nous accompagner dans le projet, est un site emblématique. Nous voulions un site avec un cachet architectural visible, reconnaissable, pour pouvoir identifier les Francofolies au lieu. On aimerait pouvoir pérenniser le festival sur ce site de sorte qu’on puisse programmer les artistes plus tôt, prévoir une production que l’on pourra améliorer chaque année. Les Francofolies de Tahiti auraient une signature en restant chaque année dans cette enceinte.”
 
La direction des Francofolies était présente ?
“Oui, il y avait Gérard Pont, l’ancien big boss des Francofolies qui était présent. Il était accompagné de Pierre Pauly qui est le directeur artistique. Ils étaient vraiment ravis. On a pu faire un débrief sur ce qui allait, sur ce qu’il fallait encore améliorer. On est conscients qu’après la deuxième édition seulement, il y a des choses à travailler comme l’accueil du bar. Mais dans l’ensemble, on a eu beaucoup de félicitations de la part des organisateurs des Franco de La Rochelle. Ils nous encouragent à continuer, tout en étant conscients de la grosse difficulté que nous avons. Nous ne le faisons que sur fonds propres. On n’a aucune aide de l’État ni du Pays. Mais on croit en ce projet. Nous avons eu la chance d’avoir un grand article dans Le Parisien en France donc ça va faire parler. On espère que les instances du Pays et de l’État et des partenaires financiers privés voudront bien nous accompagner dans la prolongation de cette aventure. Tous les organisateurs des Francofolies ont des aides, on devrait pouvoir être accompagnés. Je voudrais dire aussi un grand merci à tous les bénévoles qui nous ont aidé ce week-end. Nous avons eu 35 personnes avec nous qui étaient au top. Et bien sûr, aussi, les partenaires de l’événement.”
 
Avec la reprise du festival en Nouvelle-Calédonie, il y a un moyen de faire des passerelles ?
“Tout à fait. Si la situation se stabilise à Nouméa, l’idée est de pouvoir enchaîner Nouméa et Tahiti sur la même période pour que les artistes puissent jouer sur les deux endroits. En plus, on pourrait mutualiser les frais de déplacement des artistes.”
 
Les Franco de Tahiti 2026, vous y pensez déjà ?
“Oui et non. Nous sommes dans la réflexion pour continuer. Ce sont quand même des risques financiers que nous prenons seuls. J’ai fait un discours d’appel à la fin du festival pour inviter ceux qui veulent nous rejoindre dans le projet. On se laisse un peu de temps. On a déjà contacté certains artistes. On a déjà des retours positifs… On se laisse le temps de souffler pour décider comment on s’organise la saison prochaine et si la mairie continue à nous suivre.”
 
LA Production, ce n’est pas que les Francofolies. Quelle est la suite du programme ?
“Nous devrions accueillir Alpha Blondy le 7 février. Nous avons Sinclair qui sera sur le Motu de l’Intercontinental le 27 avril et une autre date au mois de mars que nous travaillons.”

Rédigé par Bertrand PREVOST le Mercredi 24 Septembre 2025 à 18:02 | Lu 1894 fois