Forum post-bac : trois jours pour trouver sa voie


Forum Post Bac 2025, photo d'archives crédit : présidence
Tahiti, le 26 janvier 2026 - “Et maintenant, je fais quoi ?” La question trotte dans la tête de tous les lycéens de terminale à l’heure des choix post-bac. Du 29 au 31 janvier, le Forum post-bac 2026 promet d’y répondre. Organisé par le ministère de l’Éducation et la DGEE, ce rendez-vous annuel réunira plus de 1 800 élèves et 100 exposants sous le grand chapiteau de la présidence. Trois jours pour explorer, questionner, rêver un peu aussi… bref, pour construire un avenir à la hauteur de leurs ambitions.
 

“Est-ce que je fais le bon choix ? Est-ce que j’ai le niveau ? Est-ce que je peux réussir ici ou ailleurs ?” Ces interrogations, Ronny Teriipaia, ministre de l’Éducation, les connaît bien. “Elles traduisent à la fois l’espoir, le doute et parfois l’inquiétude”, reconnaît-il, avant d’ajouter qu’elles “nous rappellent que l’orientation n’est pas un simple choix administratif, mais un moment-clé dans la vie d’un jeune.”
 
C’est tout le sens du Forum post-bac, qui ouvrira jeudi à la présidence, l’idée étant d’offrir un cadre concret, humain et inspirant pour aider chacun à bâtir son projet. “Le Pays a fait un choix clair : accompagner des choix post-bac éclairés, utiles aux jeunes comme au développement de notre pays.” Sous le chapiteau, près de 1 800 élèves sont attendus – certains venant même de Raiatea. Une centaine d’exposants présenteront 90 formations et dispositifs : universités, écoles de commerce, lycées techniques, formations agricoles, industrielles, sanitaires ou hôtelières.
 
“Tous les établissements proposant du post-bac en Polynésie ont répondu présent,” se réjouit Moeragi Ley, directrice du centre d’information et d’orientation (CIO). “Et nous aurons aussi des représentants de la Nouvelle-Zélande, du Canada, et même un élève de Polytechnique pour partager son expérience.” Mais au-delà des stands, le forum se veut avant tout un lieu d’échanges. Ici, pas de longs discours ni de jargon administratif : place aux conseils, aux témoignages et à l’écoute.
 
“Apprendre à s’orienter tout au long de la vie”
 
“C’est l’occasion pour les jeunes de commencer ou de confirmer leur projet d’orientation, dans un cadre bienveillant”, souligne Moeragi Ley. Pour Cécile Martel, cheffe du département de l’orientation et de l’insertion, l’enjeu dépasse le simple choix d’une filière. “Ce n’est pas qu’un rendez-vous d’information”, explique-t-elle, “car l’orientation ne peut plus être envisagée comme un moment ponctuel. On ne peut plus se contenter d’une seule formation et d’un seul métier. Les jeunes doivent apprendre à s’orienter tout au long de la vie.” Et d’ajouter avec philosophie : “Le choix des études ne détermine pas forcément le métier qu’on exercera demain. L’essentiel, c’est d’apprendre à se connaître, à s’adapter et à rester curieux.”
 
Depuis 2023, le plan pluriannuel d’éducation à l’orientation et le parcours Avenir, déployé dès la 5e, visent à donner à chaque collégien des outils pour mieux se connaître et mieux choisir. “C’est ça, sécuriser les parcours : faire en sorte qu’il n’y ait pas de sortie sans qualification”, résume la directrice du CIO.
 
Le Forum post-bac traduit cette philosophie dans les faits. Les visiteurs y trouveront de tout : du certificat de spécialisation post-bac+1 aux classes préparatoires, des licences universitaires jusqu’au DCG (Diplôme de comptabilité et de gestion), en passant par les écoles de commerce ou les formations à l’étranger. Une cartographie complète pour ceux qui veulent rester au Fenua… ou tenter l’aventure ailleurs. “Le forum, c’est un panorama de toutes les voies possibles. Qu’on soit élève de lycée général, professionnel ou venant d’un archipel éloigné, chacun doit pouvoir y trouver sa place”, insiste Cécile Martel.
 
En toile de fond, un objectif commun : qu’aucun jeune Polynésien ne renonce faute d’information ou de confiance. Car le Forum post-bac ne délivre pas de réponses toutes faites. Il invite surtout à se poser les bonnes questions, à oser, à s’informer et à croire en ses capacités. Sous le grand chapiteau de la présidence, entre doutes et découvertes, c’est finalement un peu l’avenir du Fenua qui se dessine.
 

Parcoursup, le “parcours du combattant” ?

L’expression revient souvent dans la bouche des parents. En cause : Parcoursup, la plateforme nationale qui gère les admissions dans l’enseignement supérieur. Elle permet aux terminales de formuler leurs vœux après le bac et de suivre en ligne les réponses des établissements. Un système centralisé qui a remplacé les dossiers papier souvent laborieux d’autrefois. Mais la plateforme, fréquemment perçue comme un casse-tête, suscite encore bien des crispations, notamment parce que les réponses tombent parfois tardivement.
 
 “À notre époque, on devait envoyer un dossier papier à chaque université, avec le risque de ne jamais avoir de réponse. Aujourd’hui, tout est centralisé et transparent”, relativise Moeragi Ley qui veut “casser ces préjugés”. Pour Cécile Martel, “Parcoursup devient une source de stress quand il n’y a pas eu de travail de réflexion en amont. C’est ça, la difficulté.” Autrement dit, l’outil n’est pas si complexe, à condition d’être préparé et c’est justement ce à quoi le forum doit contribuer.
 
“Notre rôle, c’est d’accompagner les jeunes, de sécuriser leur chemin et de leur donner les moyens de construire un avenir de confiance”, souligne le ministre de l’Éducation. Et parce que l’avenir ne se limite pas aux bancs des universités, le Pays développe aussi des filières de terrain, à travers les campus des métiers et des qualifications, notamment dans la mer et l’hôtellerie. “Certains jeunes n’optent pas pour un parcours d’enseignement supérieur pour des raisons géographiques. C’est pour eux qu’on développe ces filières.”
 

Rédigé par Stéphanie Delorme le Lundi 26 Janvier 2026 à 13:24 | Lu 317 fois