Tahiti, le 17 mai 2026 - Après trois étapes en Australie et une en Nouvelle-Zélande, le Championship Tour quittera la zone océanienne avant de revenir à Teahupo'o puis aux Fidji. La dernière étape se déroulait pour la première fois sur le spot de Raglan, au sud d’Auckland, non loin d’Hamilton, rendu mythique par le film The Endless Summer, une vague longtemps cachée que les meilleurs surfeurs mondiaux tentent de dompter pour vivre une nouvelle expérience. Nos trois ‘aito présents dans cette élite, Kauli Vaast, Vahine Fierro et Tya Zebrowski, ont fait partie de l’aventure. Après avoir passé le premier tour, nos hine ont chuté en huitième de finale. Quant à notre champion olympique, son duel dans le premier heat face à Jack Robinson a tourné à l’avantage de l’Australien.
Pour son retour à la compétition depuis 2013, la Nouvelle-Zélande proposait à l’élite du surf mondial de surfer la vague de Manu Bay, dans la ville de Raglan. Un lieu rendu célèbre par le film The Endless Summer, qui raconte comment un surfeur californien, Bruce Brown, a dévoilé au monde entier un lieu tenu secret depuis des années par les locaux. Au départ contrasté, ce film a permis à ce spot de devenir l’un des endroits les plus mythiques et les plus fréquentés par les surfeurs du monde entier. Une reconnaissance qui a amené la WSL à y programmer une étape du CT 2026. Une première sur cette gauche interminable déroulant le long des rochers volcaniques noirs, qui vient couronner l’apogée d’un spot devenu le haut lieu du surf trip moderne.
Et pour rajouter une belle histoire à ce scénario déjà idyllique, la présence du Championship Tour va permettre à l’un des plus grands surfeurs néo-zélandais, Billy Stairmand, de participer pour la première fois à une étape de ce championnat. Neuf fois champion de Nouvelle-Zélande, plusieurs participations aux Jeux olympiques et membre des CS et QS depuis plusieurs années, le local de l’étape vit un rêve éveillé. “C’est fou et vraiment surréaliste pour moi. Je suis dans les séries QS et Challenger depuis plus de 15 ans maintenant, frappant à la porte du CT et j’ai failli le faire plusieurs fois. Mais maintenant, avoir cette opportunité et l’avoir chez moi, dans mon jardin et devant tous mes amis, ma famille, ma communauté et mon pays, c’est un immense honneur et un privilège.”
Première pour Zebrowski
C’est donc avec beaucoup d’excitation de la part des surfeurs que cette compétition a débuté jeudi 15 mai, car personne n’avait ridé ces vagues sur un CT. Seules les femmes avaient eu l’occasion d’évoluer en Nouvelle-Zélande dans le cadre du championnat élite entre 2010 et 2013 à Taranaki, mais jamais à Manu Bay. Et pour une première, on peut dire qu’elle a réussi à la nouvelle concurrente du CT, Tya Zebrowski. À la recherche de sa première victoire, la jeune Franco-Tahitienne a réussi à écarter la vedette du Bonsoy Gold Coast Pro, Nadia Erostarbe. Face à l’Espagnole, la jeune surfeuse de 15 ans a réussi à obtenir le deuxième meilleur total de la manche, 14,60, ce qui lui a donné confiance dans le fait que la tendance commence à s’inverser. “J’ai enfin réussi à passer le premier tour, et c’est incroyable. On m’avait dit que c’était bien plus difficile que les Challenger Series, que l’ambiance était complètement différente et qu’il fallait s’y faire. Les trois premiers événements, j’essayais de m’y habituer, et j’ai aussi fait quelques erreurs. Je suis en plein apprentissage et c’est comme ça que je grandis. C’est un peu difficile au début, mais je pense que la machine démarre, donc j’espère juste continuer comme ça.” Mais son parcours s’arrête face à la talentueuse et expérimentée Caroline Marks. La championne du monde 2023, dauphine de Molly Picklum la saison dernière, a claqué deux grosses vagues (7,33 et 7,30) et s’est envolée en quart de finale.
Pour son aînée, Vahine Fierro, sa deuxième saison sur le World Tour est plutôt bien entamée. Neuvième sur les deux dernières étapes, la surfeuse de Huahine est sur un bon rythme et elle l’a encore prouvé face à l’Australienne Sally Fitzgibbons. Les deux surfeuses se connaissent très bien puisqu’elles se croisent régulièrement sur les vagues et la bataille est toujours relevée. D’autant plus que cette fois-ci, ce sont elles qui ouvraient le bal. Notre championne a eu une progression lente dans cette série avant de trouver les bonnes vagues et de pouvoir démontrer tout son talent. Elle a obtenu 6,83 points tandis que Fitzgibbons peinait à sortir de la fourchette des 5 points. Grâce à cette victoire, Vahine Fierro s’est qualifiée pour le deuxième tour. Malheureusement, en huitième de finale, elle est tombée sur la championne du monde en titre et actuelle troisième du classement général, l’Australienne Molly Picklum. Malgré cela, Vahine Fierro s’est battue et tombe à quelques centièmes de point, 9,40 contre 9,84 points. De bon augure pour la suite.
Vaast-Robinson, l’éternel duel
Pour notre champion Kauli Vaast, qui sortait d’une magnifique cinquième place sur la dernière étape australienne, son duel lors du premier tour face à son éternel rival, Jack Robinson, médaillé d’argent aux Jeux olympiques de Paris, a tourné en faveur de l’Australien. Les deux hommes s’étaient déjà affrontés lors de la deuxième étape du continent et notre ‘aito voulait prendre sa revanche et surtout enchaîner après sa belle performance. Dans un heat toujours aussi serré, c’est l’Australien qui a mené grâce à une vague notée 7,50 points. Le Tahitien ne lâchait pas et est très vite revenu à quelques centièmes de point (6,17). Avec deux très bonnes vagues, Robinson a pris le large et malgré une dernière vague du surfeur de Vairao, notée 9 points, exceptionnelle, meilleur score de ce début de compétition, cela n’a pas suffi pour passer, l’Australien s’imposant 16,10 points contre 15,83 points. Au vu du niveau affiché, Kauli Vaast a un bel avenir devant lui pour sa première saison sur le Championship Tour.
Pour l’élite mondiale du surf, direction maintenant le Salvador pour la cinquième étape du World Tour.