Tahiti le 4 mai 2026. Aller plus vite et plus fort vers le réarmement: les députés ont entamé lundi l'examen d'une loi actualisant la programmation militaire votée en 2023, déjà dépassée à l'heure du retour de la guerre en Europe et de l'embrasement au Moyen-Orient.
Ce projet de loi, qui fixe d'ici 2030 les grandes orientations et les moyens des armées françaises, prévoit 36 milliards d'euros de plus pour atteindre 436 milliards d'euros d'investissements budgétaires d'ici à 2030.
Ouvrant les débats dans l'hémicycle, la ministre des Armées Catherine Vautrin a défendu "la nécessité d'accélérer, de densifier notre effort de réarmement", invoquant "les retours d'expérience" d'"Ukraine comme du Proche et Moyen-Orient, mais aussi de la crise Covid".
La trajectoire prévue aboutirait en 2030 à un budget militaire annuel de 76,3 milliards (2,5% du PIB). Elle devra toutefois être validée, ou remise en cause, chaque automne à l'occasion des débats sur le budget de l'Etat, et sera percutée par la prochaine présidentielle.
Ce projet de loi, qui fixe d'ici 2030 les grandes orientations et les moyens des armées françaises, prévoit 36 milliards d'euros de plus pour atteindre 436 milliards d'euros d'investissements budgétaires d'ici à 2030.
Ouvrant les débats dans l'hémicycle, la ministre des Armées Catherine Vautrin a défendu "la nécessité d'accélérer, de densifier notre effort de réarmement", invoquant "les retours d'expérience" d'"Ukraine comme du Proche et Moyen-Orient, mais aussi de la crise Covid".
La trajectoire prévue aboutirait en 2030 à un budget militaire annuel de 76,3 milliards (2,5% du PIB). Elle devra toutefois être validée, ou remise en cause, chaque automne à l'occasion des débats sur le budget de l'Etat, et sera percutée par la prochaine présidentielle.
Munitions et drones
"Cette actualisation n'est pas un effort historique. Nous sommes à 2% du PIB. Durant toute la guerre froide, nous étions à 3,5%", a également tempéré Jean-Louis Thiériot, ancien ministre LR et rapporteur du texte. "La route sera longue, mais le mouvement est engagé."
A contrario, La France insoumise a défendu sans succès une motion de rejet préalable contre une "loi mal pensée, mal ficelée, qui fragilise notre défense nationale et entraîne notre pays dans la spirale de l'escalade", selon les mots du député Bastien Lachaud.
"Refuser ne serait-ce que d'en débattre, c'est priver le Parlement d'une discussion essentielle, au moment même où le contexte international impose de répondre à l'urgence. Ce n'est ni responsable, ni sérieux", a réagi sur X le Premier ministre Sébastien Lecornu.
En début de soirée, les députés ont commencé à se pencher sur les quelque 700 amendements à examiner d'ici jeudi soir.
S'il ne prévoit pas de modifier le format des armées, le projet de loi met l'accent sur des postes d'investissement jugés nécessaires, à l'instar des munitions et des drones.
Outre le volet investissement, il apporte aussi quelques nouveautés.
A contrario, La France insoumise a défendu sans succès une motion de rejet préalable contre une "loi mal pensée, mal ficelée, qui fragilise notre défense nationale et entraîne notre pays dans la spirale de l'escalade", selon les mots du député Bastien Lachaud.
"Refuser ne serait-ce que d'en débattre, c'est priver le Parlement d'une discussion essentielle, au moment même où le contexte international impose de répondre à l'urgence. Ce n'est ni responsable, ni sérieux", a réagi sur X le Premier ministre Sébastien Lecornu.
En début de soirée, les députés ont commencé à se pencher sur les quelque 700 amendements à examiner d'ici jeudi soir.
S'il ne prévoit pas de modifier le format des armées, le projet de loi met l'accent sur des postes d'investissement jugés nécessaires, à l'instar des munitions et des drones.
Outre le volet investissement, il apporte aussi quelques nouveautés.
- "Etat d'alerte" -
Il entend notamment créer un nouvel "état d'alerte de sécurité nationale", permettant de déroger à plusieurs règles (de construction, d'expropriation, ou environnementale) en cas de "menace grave" pour la Nation.
La mesure suscite l'inquiétude à gauche, qui redoute un nouveau "régime d'exception" aux critères d'activation "trop flous".
Un autre article permettrait à certains opérateurs, dont les aéroports, d'avoir recours à des dispositifs de brouillage ou de neutralisation de drones, y compris en déléguant cette tâche à des sous-traitants, alors que les incursions indésirables dans les espaces aériens se sont multipliées en Europe.
Autre mesure, le nouveau service national militaire et volontaire dont la campagne de recrutement a démarré en janvier. D'un coût de 2,3 milliards d'euros sur cinq ans, le projet est jugé inadapté par la gauche qui y voit une tentative de faire oublier l'échec du Service national universel, lancé en 2019 mais jamais généralisé.
Le texte entend également permettre le recours à des algorithmes par les renseignements, pour traquer et exploiter des données de connexions sur le web. Et ce notamment "pour la défense nationale" et contre "la criminalité organisée" et le trafic de stupéfiants ou d'armes.
A la mi-journée quelques dizaines de personnes se sont réunies près de l'Assemblée contre le texte, à l'appel de la CGT.
"Le projet du gouvernement, c'est d'augmenter considérablement les dépenses militaires, alors qu'il y a d'autres fantassins dans ce pays (...) de la santé, du social, de l'éducation, qui ont leur budget pas augmenté, voire diminué", a déclaré à l'AFP Simon Le Coeur, secrétaire général CGT du centre d'action sociale de la ville de Paris.
Les socialistes, qui ont voté en faveur du projet de loi en commission de la Défense fin avril, se joignant aux votes des députés du bloc central et à rebours du reste de la gauche, ont estimé que ces nouveaux crédits ne doivent pas se faire au détriment des services publics.
Le Rassemblement national, qui s'était abstenu en commission, dit réserver son vote et dénonce une opération de communication du président de la République Emmanuel Macron "dont l'obsession n'est pas la remontée en puissance de nos armées, mais de faire adopter un texte bricolé d'ici le 14 juillet", selon Laurent Jacobelli.
Un vote solennel est prévu le 12 mai à l'Assemblée nationale. Le projet de loi est ensuite attendu dans l'hémicycle du Sénat à partir du 2 juin.
La mesure suscite l'inquiétude à gauche, qui redoute un nouveau "régime d'exception" aux critères d'activation "trop flous".
Un autre article permettrait à certains opérateurs, dont les aéroports, d'avoir recours à des dispositifs de brouillage ou de neutralisation de drones, y compris en déléguant cette tâche à des sous-traitants, alors que les incursions indésirables dans les espaces aériens se sont multipliées en Europe.
Autre mesure, le nouveau service national militaire et volontaire dont la campagne de recrutement a démarré en janvier. D'un coût de 2,3 milliards d'euros sur cinq ans, le projet est jugé inadapté par la gauche qui y voit une tentative de faire oublier l'échec du Service national universel, lancé en 2019 mais jamais généralisé.
Le texte entend également permettre le recours à des algorithmes par les renseignements, pour traquer et exploiter des données de connexions sur le web. Et ce notamment "pour la défense nationale" et contre "la criminalité organisée" et le trafic de stupéfiants ou d'armes.
A la mi-journée quelques dizaines de personnes se sont réunies près de l'Assemblée contre le texte, à l'appel de la CGT.
"Le projet du gouvernement, c'est d'augmenter considérablement les dépenses militaires, alors qu'il y a d'autres fantassins dans ce pays (...) de la santé, du social, de l'éducation, qui ont leur budget pas augmenté, voire diminué", a déclaré à l'AFP Simon Le Coeur, secrétaire général CGT du centre d'action sociale de la ville de Paris.
Les socialistes, qui ont voté en faveur du projet de loi en commission de la Défense fin avril, se joignant aux votes des députés du bloc central et à rebours du reste de la gauche, ont estimé que ces nouveaux crédits ne doivent pas se faire au détriment des services publics.
Le Rassemblement national, qui s'était abstenu en commission, dit réserver son vote et dénonce une opération de communication du président de la République Emmanuel Macron "dont l'obsession n'est pas la remontée en puissance de nos armées, mais de faire adopter un texte bricolé d'ici le 14 juillet", selon Laurent Jacobelli.
Un vote solennel est prévu le 12 mai à l'Assemblée nationale. Le projet de loi est ensuite attendu dans l'hémicycle du Sénat à partir du 2 juin.