Tahiti, le 16 février 2026 - Psychologue de l’Éducation nationale en maternelle et primaire, Fabienne Boll est entrée dans la franc-maçonnerie il y a 23 ans, faisant le choix d’une obédience uniquement féminine, la Grande loge féminine de France, où elle occupe la fonction de Grande chancelière. Elle donnera une conférence le 3 mars à Tahiti.
Vous faites partie de la Grande loge féminine de France, pourriez-vous nous décrire cette obédience ?
“La Grande loge féminine de France est une organisation maçonnique exclusivement féminine. Elle compte actuellement 13 000 membres présentes en France et dans le monde, réparties en plus de 450 loges (nom donné aux lieux de réunion). Sa présidente, appelée Grande maîtresse, est Liliane Mirville. Elle est aidée dans sa tâche par deux adjointes. La Grande chancelière est l’une de ses deux adjointes qui s’occupe plus particulièrement des relations avec les autres obédiences en France et à l’étranger, ainsi que des loges qui se situent en outre-mer et à l’international. J’occupe la fonction actuellement de Grande chancelière et c’est à ce titre que j’effectue aujourd’hui ce déplacement en Polynésie.”
Comment décrire cette obédience, quels sont ses valeurs et messages ?
“D’un point de vue juridique, la Grande loge féminine de France, ou GLFF, est une fédération d’associations, ce qui implique, entre autres, l’organisation d’une assemblée générale annuelle au cours de laquelle est élu son conseil d’administration, est voté son budget… Mais, c’est avant tout un ordre initiatique. On y entre par une initiation, étymologiquement un début, une mise en route, un chemin intime, singulier, que l’on poursuivra toute sa vie. On y travaille et on y réfléchit selon une méthode et à partir de rituels dont nous avons hérité du siècle des Lumières. Nous pratiquons plusieurs rites mais toutes les sœurs – c’est ainsi que nous nous appelons – partagent un même idéal, les mêmes valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité et tendent vers la même recherche de perfectionnement de l’humanité. Nous aspirons à un monde plus juste, et en paix, où tous les êtres humains et les femmes en particulier puissent être et agir en toute liberté. Alors que les obédiences masculines et mixtes existent depuis plusieurs années, la GLFF ouvre un espace strictement réservé aux femmes. Spécificité féminine ne signifie ni un repli, ni une défiance par rapport à un travail partagé avec des hommes, ce qui n’aurait aucun sens dans une société où la mixité est de règle, mais ce choix répond à une nécessité de trouver un temps et un espace de réflexion et de parole qui nous soient propres et qui nous permettent de prendre pleinement conscience de notre identité féminine et de notre responsabilité dans l’accomplissement de notre rôle de femme dans le monde.”
Quels seront les thèmes de votre intervention ?
“Mon intervention consistera tout d’abord à décrire ce qu’est une démarche initiatique, de présenter la Grande loge féminine de France et en quoi elle peut ouvrir un espace d’émancipation pour les femmes d’aujourd’hui qui peuvent être en recherche d’une spiritualité.”
De quelle spiritualité est-il question ?
“D’une spiritualité ouverte, libre, un pari sur l’esprit, qui est différent de la spiritualité de la croyance religieuse. Les sœurs de la GLFF sont athées, agnostiques ou croyantes. Nous affirmons simplement que nous sommes des ‘êtres d’esprit’ ou des ‘êtres spirituels’.”
Pourquoi cette intervention ?
“La Grande loge féminine de France est présente dans les outre-mer : Guyane, Martinique, Guadeloupe, Réunion, Nouvelle-Calédonie, Tahiti. Avant de venir à Papeete, je serai passée en Nouvelle-Calédonie pour rencontrer les sœurs des deux loges que nous comptons là-bas. Je profiterai ensuite de ma venue à Papeete pour présenter cette conférence, informer les personnes qui s’y intéressent et proposer aux femmes qui le souhaitent de nous y rejoindre.”
Quelle place ont les femmes dans la franc-maçonnerie aujourd'hui ?
“J’ai envie de répondre que dans l’espace maçonnique aussi, les femmes ont la place qu’elles se sont faite ! La franc-maçonnerie a d’abord été masculine jusqu’à l’arrivée de l’Ordre international du droit humain qui est mixte depuis sa fondation. Il a fallu attendre 1945, l’après-guerre, pour que des femmes qui pratiquent le rite d’adoption dans des loges ‘souchées’ à la Grande loge de France se constituent en obédience autonome ouvrant ainsi une voie différente pour les femmes qui souhaitent entamer un parcours au sein d’un groupe de femmes.”
Quelle est l’histoire de la franc-maçonnerie en Polynésie ?
“Elle est présente depuis le XIXe siècle. Elle a été introduite par des marins, commerçants, administrateurs venus de France. La franc-maçonnerie a d’abord été exclusivement masculine. La mixité s’est installée par la suite. Aujourd’hui, ces loges constituent le tissu maçonnique local et accueillent des résidents polynésiens ainsi que des expatriés intéressés par l’initiation. Les effectifs restent modestes comparés à la métropole. Une loge de la GLFF s’est ouverte en 1994 à Papeete. Dans une société pluraliste, il est souhaitable que soit offert le choix de la mixité ou de la non-mixité pour ce qui ressort de l’ordre privé, plus particulièrement lorsqu’il s’agit d’une démarche initiatique. Qu’il soit clair que notre choix d’appartenir à une association exclusivement féminine est un choix fait en toute liberté par chacune et n’a rien à voir avec un désir de séparation et d’exclusion des hommes ailleurs qu’au sein de notre association. Ce choix est d’ailleurs limité dans nos réunions, dans nos loges, nous sommes profondément attachées aux principes d’ouverture puisque nous recevons tout franc-maçon ou toute franc-maçonne d’obédiences régulières souhaitant partager nos travaux. Une ancienne Grande maîtresse disait : ‘Entrer en franc-maçonnerie est le plus beau cadeau que je me suis fait à moi-même’. Je fais miens ses propos et espère le partager avec de nombreuses femmes encore.”
Vous faites partie de la Grande loge féminine de France, pourriez-vous nous décrire cette obédience ?
“La Grande loge féminine de France est une organisation maçonnique exclusivement féminine. Elle compte actuellement 13 000 membres présentes en France et dans le monde, réparties en plus de 450 loges (nom donné aux lieux de réunion). Sa présidente, appelée Grande maîtresse, est Liliane Mirville. Elle est aidée dans sa tâche par deux adjointes. La Grande chancelière est l’une de ses deux adjointes qui s’occupe plus particulièrement des relations avec les autres obédiences en France et à l’étranger, ainsi que des loges qui se situent en outre-mer et à l’international. J’occupe la fonction actuellement de Grande chancelière et c’est à ce titre que j’effectue aujourd’hui ce déplacement en Polynésie.”
Comment décrire cette obédience, quels sont ses valeurs et messages ?
“D’un point de vue juridique, la Grande loge féminine de France, ou GLFF, est une fédération d’associations, ce qui implique, entre autres, l’organisation d’une assemblée générale annuelle au cours de laquelle est élu son conseil d’administration, est voté son budget… Mais, c’est avant tout un ordre initiatique. On y entre par une initiation, étymologiquement un début, une mise en route, un chemin intime, singulier, que l’on poursuivra toute sa vie. On y travaille et on y réfléchit selon une méthode et à partir de rituels dont nous avons hérité du siècle des Lumières. Nous pratiquons plusieurs rites mais toutes les sœurs – c’est ainsi que nous nous appelons – partagent un même idéal, les mêmes valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité et tendent vers la même recherche de perfectionnement de l’humanité. Nous aspirons à un monde plus juste, et en paix, où tous les êtres humains et les femmes en particulier puissent être et agir en toute liberté. Alors que les obédiences masculines et mixtes existent depuis plusieurs années, la GLFF ouvre un espace strictement réservé aux femmes. Spécificité féminine ne signifie ni un repli, ni une défiance par rapport à un travail partagé avec des hommes, ce qui n’aurait aucun sens dans une société où la mixité est de règle, mais ce choix répond à une nécessité de trouver un temps et un espace de réflexion et de parole qui nous soient propres et qui nous permettent de prendre pleinement conscience de notre identité féminine et de notre responsabilité dans l’accomplissement de notre rôle de femme dans le monde.”
Quels seront les thèmes de votre intervention ?
“Mon intervention consistera tout d’abord à décrire ce qu’est une démarche initiatique, de présenter la Grande loge féminine de France et en quoi elle peut ouvrir un espace d’émancipation pour les femmes d’aujourd’hui qui peuvent être en recherche d’une spiritualité.”
De quelle spiritualité est-il question ?
“D’une spiritualité ouverte, libre, un pari sur l’esprit, qui est différent de la spiritualité de la croyance religieuse. Les sœurs de la GLFF sont athées, agnostiques ou croyantes. Nous affirmons simplement que nous sommes des ‘êtres d’esprit’ ou des ‘êtres spirituels’.”
Pourquoi cette intervention ?
“La Grande loge féminine de France est présente dans les outre-mer : Guyane, Martinique, Guadeloupe, Réunion, Nouvelle-Calédonie, Tahiti. Avant de venir à Papeete, je serai passée en Nouvelle-Calédonie pour rencontrer les sœurs des deux loges que nous comptons là-bas. Je profiterai ensuite de ma venue à Papeete pour présenter cette conférence, informer les personnes qui s’y intéressent et proposer aux femmes qui le souhaitent de nous y rejoindre.”
Quelle place ont les femmes dans la franc-maçonnerie aujourd'hui ?
“J’ai envie de répondre que dans l’espace maçonnique aussi, les femmes ont la place qu’elles se sont faite ! La franc-maçonnerie a d’abord été masculine jusqu’à l’arrivée de l’Ordre international du droit humain qui est mixte depuis sa fondation. Il a fallu attendre 1945, l’après-guerre, pour que des femmes qui pratiquent le rite d’adoption dans des loges ‘souchées’ à la Grande loge de France se constituent en obédience autonome ouvrant ainsi une voie différente pour les femmes qui souhaitent entamer un parcours au sein d’un groupe de femmes.”
Quelle est l’histoire de la franc-maçonnerie en Polynésie ?
“Elle est présente depuis le XIXe siècle. Elle a été introduite par des marins, commerçants, administrateurs venus de France. La franc-maçonnerie a d’abord été exclusivement masculine. La mixité s’est installée par la suite. Aujourd’hui, ces loges constituent le tissu maçonnique local et accueillent des résidents polynésiens ainsi que des expatriés intéressés par l’initiation. Les effectifs restent modestes comparés à la métropole. Une loge de la GLFF s’est ouverte en 1994 à Papeete. Dans une société pluraliste, il est souhaitable que soit offert le choix de la mixité ou de la non-mixité pour ce qui ressort de l’ordre privé, plus particulièrement lorsqu’il s’agit d’une démarche initiatique. Qu’il soit clair que notre choix d’appartenir à une association exclusivement féminine est un choix fait en toute liberté par chacune et n’a rien à voir avec un désir de séparation et d’exclusion des hommes ailleurs qu’au sein de notre association. Ce choix est d’ailleurs limité dans nos réunions, dans nos loges, nous sommes profondément attachées aux principes d’ouverture puisque nous recevons tout franc-maçon ou toute franc-maçonne d’obédiences régulières souhaitant partager nos travaux. Une ancienne Grande maîtresse disait : ‘Entrer en franc-maçonnerie est le plus beau cadeau que je me suis fait à moi-même’. Je fais miens ses propos et espère le partager avec de nombreuses femmes encore.”
Pratique
À l’occasion de ses 80 ans, la GLFF a réalisé un court documentaire qui présente son histoire. Vous pouvez le visionner en allant sur son site : http//glff.org.
Conférence le 3 mars à 18 heures dans la salle Hibiscus de l’hôtel InterContinental Tahiti.
Renseignements : conf.glff.030326@gmail.com Haut du formulaire