Eto en studio avant son grand concert


Rencontre avec Eto entre la finalisation de son album et la préparation de son prochain concert (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 27 janvier 2026 - Auteur, compositeur et interprète, professeur au lycée et papa d’un petit garçon, Eto a plusieurs casquettes – mais un seul chapeau ! À 36 ans, il finalise son troisième album, Te Faufa’a, une ode à la nature, à la culture, au peuple polynésien et à l’amour déclinée en treize chansons qu’il interprétera sur la scène du Grand théâtre de la Maison de la culture, samedi 21 février, entouré de nombreux artistes et musiciens. Il se penchera ensuite sur un projet de tournée et la réalisation de plusieurs clips. Interview.

 
Ton année 2026 commence fort avec un concert au Grand théâtre de la Maison de la culture, samedi 21 février, et la sortie prochaine d’un nouvel album : Te Faufa’a. Peux-tu nous expliquer ce choix de titre ?
“Te Faufa’a, c’est ‘le plus important, la richesse’. C’est ce que je ressens à ce stade de ma vie dans le monde actuel. Je suis riche par la nature, ma culture et mon peuple, et plus largement d’amour. C’est mon côté professeur : je partage ce que j’ai compris avec la jeunesse. Ça touche au respect de la nature et de nos gardiens auxquels on a tendance à ne plus prêter attention tellement nos vies vont vite. Ça nous donne pourtant la force d’avancer pour accomplir nos rêves.”
 
C’est donc ton album “le plus important”, le plus personnel ?
“Chaque album a son empreinte. Le premier, ce sont mes débuts en 2017 sous la forme d’un EP avec Parataito et Natura, des chansons qui m’ont permis de me faire connaître. Le deuxième, Te Tere, est arrivé en 2020 après un tour du monde et une prise de conscience avec davantage de recul. Ce troisième album a une couleur plus spirituelle, comme l’illustre la pochette. J’évolue et je pense que ça se ressent dans ma musique. Mon fils est arrivé en 2024 et aujourd’hui, je suis riche d’une famille. La chanson Te Faufa’a s’adresse à tout le monde, mais aussi à lui. Il était là dès le début de cet album.”
 

“J’évolue et ça se ressent dans ma musique”


Sur ta page Facebook, tu partages quelques coulisses en studio avec d’autres artistes. Il faut donc s’attendre à plusieurs duos ?
“C’est un autre aspect de la richesse de cet album. Ce n’était pas prévu à la base : ça s’est fait au fil des envies et des rencontres. Que ce soit Teriitua de Code 98, Papehau, Eva Ariitai, Michel Poroi, Mike Teissier, Dayna Tavaearii, je les respecte tous énormément. Il y a plusieurs chansons où je suis tout seul, mais les duos, ça apporte vraiment un plus par rapport à ce que je veux transmettre.”
 
Justement, quels messages veux-tu transmettre ?
“Comme je le disais, tout va très vite. En même temps, en Polynésie, je trouve qu’on a gardé certaines valeurs inspirantes, comme l’amour, la bienveillance et le respect. C’est simple, mais fort en même temps. C’est parfaitement imagé par James Cameron dans Avatar par exemple. Pour voyager à travers l’océan sur des pirogues, notre peuple était fortement connecté à la nature. Il faut s’en inspirer et se reconnecter à notre mana et à notre culture : c’est comme ça que je me sens plus heureux.”
 
Ton métier dans l’enseignement te guide aussi dans ce sens ?
“Je suis professeur depuis plus de dix ans en économie et gestion au lycée Diadème. Artiste comme professeur, dans les deux cas, il y a une dimension de partage. Il y a beaucoup d’élèves qui manquent de confiance en eux. Une chanson parle justement de détermination et de l’importance d’être bien entouré.”
 
D’un point de vue plus musical, tu n’hésites pas à varier les styles ?
“Tout à fait. Sur cet album, il y a du tā’iri pa’umotu et du rock aussi avec une chanson qui sort du lot. Il y a du reggae, de la pop, de la pop-folk... Tout ce que j’aime ! Au total, il y a 13 titres principalement en tahitien, sauf Naviguons qui est en français. Cette chanson fait partie des cinq titres qui sont déjà sortis avec E tou nuna’a here, Te Mana, Tohorā nui e et Te Feti’a ‘ana’ana.”
 

​“Je ne vais pas être tout seul sur scène”


Dans quel état d’esprit es-tu avant de remonter sur la scène du Grand théâtre pour partager ce nouvel album avec le public ?
“Ça va être fort ! Avec To’ata, ce sont les deux plus grandes scènes de Tahiti, mais je crois que le Grand théâtre me correspond mieux. C’est plus intimiste. J’espère pouvoir embarquer les gens dans ma bulle et dans mon univers. Je ne vais pas être tout seul sur scène, puisque je vais être accompagné par des stars. Papehau, qui est déjà bien connue pour son jeune âge, assurera la première partie, puis on enchaînera sur deux heures de concert.”
 
Les répétitions ont déjà commencé ?
“On répète tous les samedis. On peut dire qu’on est prêts et qu’on a hâte d’y être. J’ai des ‘monstres’ de la scène locale avec moi : Maru Ateni à la guitare, Eremoana qui est ingénieur du son et qui sera au clavier, Nono à la basse, Brice à la batterie et Luc, le tāne de Vaiteani, aux percussions, et trois choristes avec Eva Ariitai, Ricardo Cortez et Papehau. Je suis vraiment bien entouré, en plus des artistes qui me rejoindront sur scène au fur et à mesure. Ce concert va être extra pour moi aussi : je vais réaliser plusieurs rêves en même temps !”
 
Quels sont tes autres projets pour la suite ?
“Je suis en train de finaliser un projet de tournée en métropole en juillet et en décembre, cette année. J’envisage aussi de passer par d’autres îles du Pacifique par la suite. Dans les deux années et demie à venir, j’aimerais tourner et sortir les clips des chansons de ce troisième album. J’espère que Te Mana pourra être finalisé avant le concert ! Le soutien du public, ça fait chaud au cœur et ça me permet de concrétiser tous ces projets.”
 

​Infos pratiques

Eto en concert au Grand théâtre de la Maison de la culture, samedi 21 février 2026, à 18 heures. Billets en vente sur www.ticket-pacific.pf. Son nouvel album, Te Faufa’a, sera en vente sur place uniquement, sous forme de clé USB en bois. Il sera ensuite disponible en ligne sur les plateformes musicales à partir du lundi 23 février. Plus d’infos sur la page Facebook ETO.
 

Rédigé par Anne-Charlotte Lehartel le Mardi 27 Janvier 2026 à 16:27 | Lu 306 fois