Tahiti, le 15 février 2026 - Rendez-vous incontournable de l’athlétisme polynésien, le Challenge Colgate a encore réussi à rassembler les sprinters et les fondeurs sur la piste de la Punaruu ce samedi après-midi. Mais cette année, un parfum de Jeux du Pacifique flottait sur chaque épreuve. Car la saison des sélections est bien lancée et les athlètes présents à cet événement savent que chaque course, chaque foulée, peut être déterminante pour obtenir le ticket magique.
Il y avait du monde ce samedi après-midi au stade de la Punaruu, à Punaauia. Malgré la chaleur écrasante, les spécialistes du sprint et du demi-fond s’étaient donné rendez-vous pour cette première journée du Challenge Colgate. La compétition se décline en deux étapes (la deuxième aura lieu le 15 avril), avec des épreuves sur piste qui restent un moment incontournable de la saison de l’athlétisme polynésien. Mais cette année est particulière. À 17 mois de l’ouverture des Jeux du Pacifique de Tahiti 2027, toutes les fédérations ont mis en place leurs chemins de sélection. Et l’athlétisme n’est pas en reste. Discipline majeure au Fenua, principale pourvoyeuse de médailles, l’athlétisme va entamer ses présélections. Dans ce contexte, le Challenge Colgate est un passage obligé sur la route des Jeux comme l’explique Titaua Maurin, la présidente du club Tamarii Punaruu Athlétisme, organisateur de cette compétition : “Chez les sprinters, il y avait tous ceux du CPP (Centre de performance polynésien), car ils savent que c’est un passage important pour voir où ils en sont, mais aussi pour préparer les championnats de Nouvelle-Zélande qui se dérouleront du 5 au 8 mars et qui seront un rendez-vous phare pour valider leurs performances. On est pour l’instant sur une période de présélections car ça va bouger dans les âges. Il y a certains cadets qui vont passer juniors dans l’année et qui voudront, eux aussi, décrocher leur sélection. En plus, sur ces Jeux, comme on est à la maison, on a le droit à trois athlètes par épreuve, donc ça crée de la motivation. Il va y avoir une année riche en compétitions et en performances car rien n’est joué pour aller chercher les minima.”
Des planchers de performance qui seront accompagnés de critères de sélection bien établis : “Nous avons eu une réunion vendredi pour clarifier le chemin de sélection”, détaille la championne Amandine Matera. “Il va y avoir des minima qui sont imposés avec différents critères. Les résultats de cette année vont être importants. Ça permettra d’avoir plus de chances de médailles. En plus, ils ont mis en place des minima pour obtenir des aides qui permettront d’optimiser la préparation. Cela étant, nous avons jusqu’au début d’année prochaine pour décrocher notre ticket, mais c’est bien de s’y prendre tôt. Ça nous permet de bien nous préparer et d’aller dans les détails.”
À chacun son challenge
Et ce Challenge a permis à chacun de travailler, parfois sans tenir compte du chrono. “Sur les 800 mètres, mon objectif aujourd’hui, c’était de travailler ma vitesse car j’ai fait une préparation sur de la longue distance et je voyais qu’il m’en manquait. Puis c’était aussi intéressant de ne pas se fixer sur un chrono mais sur la technique, car sur le 3 000 mètres steeple, il en faut beaucoup”, explique Amandine, qui se lance dans cette discipline après avoir performé sur le fond.
À chacun sa préparation. Pour Jensen Teraiamano-Camillos, jeune minime première année du club Tamarii Punaruu, ce challenge lui a permis de travailler plusieurs objectifs. “En benjamins, on est sur du 1 000 mètres. Maintenant, en minimes, on passe sur du 800. Donc c’est différent et il faut beaucoup s’entraîner pour s’adapter. J’adore le demi-fond et je suis content de mon temps aujourd’hui. Je suis content car je vais participer à mes premiers championnats de Nouvelle-Zélande et j’ai hâte d’y être pour découvrir autre chose et tenter de performer tout en prenant du plaisir.”
Du côté des grands, c’est Killian Barracosa qui l’emporte sur le 800 mètres. Avec une forte concurrence due à l’attrait des sélections aux prochains Jeux, le pensionnaire du club hôte a su tirer son épingle du jeu, bien que cette course ne soit pas sa spécialité. “Je n’étais pas censé faire la course, mais la présidente (Titaua Maurin) m’a motivé pour que j’y participe. Ce n’est pas trop ma spécialité, je suis plutôt sur de plus longues distances ou alors le trail, mais j’en avais fait plus jeune et je me suis dit pourquoi pas. Après, il faut que je m’entraîne sur ce genre de distances parce que mon chrono n’est pas terrible”, sourit le vainqueur de l’épreuve, samedi.
D’ici avril et la deuxième journée, les courses et les entraînements avec, très probablement, de belles surprises à la clé.