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Du ferme requis pour les parents trafiquants


Tahiti, le 22 octobre 2026 - Le tribunal correctionnel a jugé jeudi en comparution immédiate le couple qui avait été interpellé le 12 septembre dernier en possessions d’ice, dont 160 grammes avaient été retrouvés dans la couche de son bébé.
 
Le 12 septembre à l’aéroport de Tahiti-Faa’a, les douaniers ont interpellé deux couples alors qu’ils venaient de débarquer d’un vol en provenance des États-Unis. Trois des quatre individus transportaient de l’ice in corpore et l’un des deux couples avait aussi choisi de mettre 160 grammes d’ice dans la couche de son bébé. Au total, les douaniers avaient saisi 600 grammes d’ice.
 
À la suite de l’enquête ouverte après ces arrestations, il était ressorti que la mère du bébé, une fleuriste gagnant 200 000 francs par mois, avait organisé le voyage en payant les billets et en se mettant en contact avec un fournisseur en Californie pour se procurer la drogue qui avait ensuite été conditionnée dans des ovules à l’aide, notamment, de “capotes” et de “film plastique”. Les enquêteurs avaient également établi que le mari de cette femme avait déjà fait plusieurs importations et qu’il revendait à Tahiti, notamment à son coprévenu, un jeune homme qui comparaissait auprès de sa compagne jeudi pour avoir servi de mule.
 
Un projet d’hydroponie
 
Première à être entendue lors de l’audience, la mère du bébé a reconnu les faits tout en se déchargeant complètement sur son mari. En charge de quatre enfants, elle a indiqué au tribunal qu’elle souhaitait monter un projet dans l’hydroponie avec l’argent engrangé grâce au trafic. Elle a ainsi assuré qu’elle avait été “forcée” par son conjoint.
 
Interrogé à son tour, son concubin au visage marqué par une longue consommation d’ice a lui aussi affirmé qu’il avait tout organisé. Alors que le président du tribunal lui demandait pourquoi il s’était embarqué dans le trafic alors que les revenus du foyer étaient normaux, l’homme a expliqué que cela avait permis de gâter ses enfants et, notamment, d’aller au restaurant.
 
Lors de ses réquisitions, la procureure de la République s’est indignée contre un couple qui n’a pas hésité à mettre en danger son bébé de 12 mois. “Je ne sais pas ce que cela donne un ovule cassé sur les parties génitales d’un bébé”, a-t-elle asséné avant de requérir quatre ans de prison ferme dont six mois avec sursis probatoire contre le père de l’enfant et quatre ans dont un avec sursis probatoire contre la mère.
 
À l’heure où nous mettions sous presse, le tribunal était encore en cours de délibération.

Rédigé par Garance Colbert le Jeudi 22 Octobre 2026 à 20:42 | Lu 568 fois