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« Des fois, je rêve que maman arrête de me taper »



« Des fois,  je rêve que maman arrête de me taper »
PAPEETE, le 17 mai 2019 - Un homme et une femme ont été présentés en comparution immédiate ce jeudi pour répondre de violences habituelles et de violences volontaires commises sur quatre de leurs sept enfants, âgés de 4 à 13 ans. Jugés en état de récidive légale, le père et la mère des victimes ont été respectivement condamnés à trois ans et demi et quatre ans et demi de prison ferme.

Il aura fallu le courage d’un petit garçon de huit ans pour que l’affaire soit portée devant la justice. Le 14 mai dernier, l’enfant se confie à la directrice de son école. La veille, lorsqu’il est rentré au domicile familial, il a été violemment frappé par sa mère. Pour une raison qu’il ignore, le petit garçon a reçu plusieurs coups de poing. Ses déclarations, reportées par le corps enseignant, démontrent qu’il est régulièrement victime de violences de la part de ses parents. La famille, dont trois des sept enfants ont déjà été placés, est bien connue des services sociaux et de la justice. Le père et la mère ont été condamnés pour des faits similaires. Des mesures d’assistance éducative ont également été mises en place. Mais la violence n’a pas cessé et les auditions des autres enfants dressent un contexte de vie effroyable. Ils sont régulièrement frappés et insultés par leurs parents. Mais « certains reçoivent plus que d’autres ». Leur souffre-douleur semble en effet être leur fils âgé de 8 ans.

Au tribunal ce jeudi, le président lit ses déclarations dans un silence absolu. Le petit a parlé car il n’en peut plus : « c’est moi tout seul qui ait décidé car je ne veux plus qu’on me tape. Des fois, je rêve que maman arrêt de me taper ». Après avoir été frappé, il « pleure » et reste « seul ». Quand sa sœur est à son tour victime, il essaie de la « consoler » mais elle ne « dit rien ». Après avoir frappé ses enfants, la mère est « normale », elle « fait comme si rien ne s’était passé ». Le père, qui les frappe aussi de temps en temps, ne fait rien face aux excès de sa femme. Il ferme les yeux car il est « déjà suivi par la justice ». Un autre enfant, âgé de 7 ans, dit qu’il a souvent « mal » mais qu’il ne dit rien car il a « peur » de ses parents. Face aux enquêteurs, il explique qu’il préfère aller à l’école qu’être en vacances.



« L’ice pour explication »

La directrice de l’école des victimes a rempli un cahier dans lequel elle a noté les déclarations des enfants. Le 14 mars, les deux petits garçons disent que leur mère leur a donné des « coups de pied dans le dos. » Le 6 mai, ils ont été frappés « à la tête ». La liste, longue, est un « inventaire de l’horreur des coups », explique le procureur de la République.

A la barre, le couple, qui a reconnu les faits tout en les minimisant, tente de se justifier. La mère assure qu’elle les « tape » mais ne les « frappe » pas. Quelle est donc la différence ? Quand on tape, c’est avec la "main ouverte". Quand on frappe, c’est avec la « main fermée ». En garde à vue, la mère de famille s’était emportée : « Pourquoi, dans ce monde, on ne peut plus corriger ses enfants ? » Si son mari reste muet face au tribunal, elle pleure et invoque son addiction à l’ice : « quand il n’y en a pas, je pète un plomb, je n’arrive plus à gérer ma colère ». L’avocate des parties civiles, Me Rebeyrol, lui rappelle qu’elle est violente même lorsqu’elle n’a pas consommé d’ice.

Lors de sa plaidoirie, le conseil des enfants met le tribunal en garde : « Aujourd’hui, madame pleure et semble émotive. Elle essaie peut-être de vous amadouer mais lorsque ses enfants pleuraient après les pluies de coups, elle n’était pas amadouée. Lorsque l’on vous entend Monsieur le Président, c’est fort ! Nous imaginons cet enfant de 8 ans lorsqu’il explique aux gendarmes qu’il rêve que sa mère arrête de le frapper. »

Pour le procureur de la République, les justifications apportées par les prévenus ne « valent, en aucun cas, explications » : « N’en déplaise, l’éducation par la gifle, par les coups de trique ou les coups de pied ne marche pas. Elle créé un traumatisme évident qui empêche l’enfant de se construire ». 36 mois de prison dont 6 avec sursis ainsi que les révocations partielles des peines de 6 mois avec sursis prononcées contre les prévenus lors d’une précédente affaire sont requis.

Lourde tâche pour l’avocate du couple qui dénonce des « services sociaux démissionnaires » : « les parents et les enfants étaient en demande et personne ne les a aidés. Le fléau de cette famille tient essentiellement à la drogue ».

Au terme de deux heures d’audience, la mère de famille est condamnée à quatre ans et demi de prison ferme. Son mari écope d’un an de moins. Les quatre victimes ont quant à elles été placées.

Rédigé par Garance Colbert le Vendredi 17 Mai 2019 à 11:19 | Lu 63851 fois





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