“Chacun est responsable de ses déchets”, rappelle la présidente de Mama Natura (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 11 avril 2026 – Samedi matin, 709 kg de déchets ont été ramassés en face du cimetière de Papara par des bénévoles de l’association Mama Natura, trois mois seulement après une opération similaire. Face aux incivilités qui perdurent, les bénévoles ont choisi de planter plusieurs arbres pour “reconnecter les gens à la nature” et “donner de l’ombre et des fruits”.
Des gants, des pinces et une énergie à la hauteur du désastre environnemental. Ce samedi, une vingtaine de bénévoles ont répondu à l’appel de l’association Mama Natura, qui organisait une nouvelle matinée de nettoyage à Papara, entre la forêt située en face du cimetière et le pont de l’est. Les déchets se sont rapidement amoncelés : canettes, bouteilles en plastique, encombrants divers, batteries, outils usagés, cigarettes électroniques, pneus... et une impressionnante collection de bouteilles en verre !
“On essaie de venir tous les trois mois. La dernière fois, c’était le 6 janvier sur la même zone, où on avait ramassé une tonne de déchets avec beaucoup de puffs”, confie la présidente de Mama Natura, Adeline Yvon. “Malheureusement, à Papara, il y a de quoi faire. C’est une belle commune et Tahiti est une belle île : on ne peut qu’encourager les gens à repartir avec leurs déchets, parce que tôt ou tard, il faut être conscient que ça finit dans leur assiette ou celle de leurs enfants. Il faut faire un effort pour l’environnement et notre santé. Chacun est responsable de ses déchets”.
Des gants, des pinces et une énergie à la hauteur du désastre environnemental. Ce samedi, une vingtaine de bénévoles ont répondu à l’appel de l’association Mama Natura, qui organisait une nouvelle matinée de nettoyage à Papara, entre la forêt située en face du cimetière et le pont de l’est. Les déchets se sont rapidement amoncelés : canettes, bouteilles en plastique, encombrants divers, batteries, outils usagés, cigarettes électroniques, pneus... et une impressionnante collection de bouteilles en verre !
“On essaie de venir tous les trois mois. La dernière fois, c’était le 6 janvier sur la même zone, où on avait ramassé une tonne de déchets avec beaucoup de puffs”, confie la présidente de Mama Natura, Adeline Yvon. “Malheureusement, à Papara, il y a de quoi faire. C’est une belle commune et Tahiti est une belle île : on ne peut qu’encourager les gens à repartir avec leurs déchets, parce que tôt ou tard, il faut être conscient que ça finit dans leur assiette ou celle de leurs enfants. Il faut faire un effort pour l’environnement et notre santé. Chacun est responsable de ses déchets”.
Au total, ce sont 709 kg de déchets qui ont été ramassés et triés.
709 kg d’incivilités
Malgré la pose de blocs de pierre par la commune il y a quelques années, le terrain est toujours en proie aux incivilités. Une situation qui désole Orla Johnston, résident de Papara qui a décidé de se joindre à l’initiative : “Ce n’est pas normal que les gens continuent à jeter leurs déchets n’importe où ! Il faut changer cette mentalité de je-m’en-foutistes. Le pire, c’est que ce sont souvent des Tahitiens qui pensent comme ça... Moi, j’essaie de montrer l’exemple à mes enfants”. L’opération n’est pas passée inaperçue sur cet axe passant ; une riveraine est par exemple venue apporter des bouteilles d’eau en signe de soutien.
Après un tri minutieux, les déchets ont été évacués par un camion de la commune. Le maire de Papara, Mike Teissier, s’est également rendu sur place. “Je suis venu rencontrer l’association pour savoir comment on peut soutenir ses actions. On va s’organiser pour être encore plus nombreux la prochaine fois. Il y a un gros travail de sensibilisation à faire”, remarque-t-il, citant le dispositif “Mā benne” de la commune de Punaauia comme source d’inspiration.
Le verdict est tombé en fin de matinée, après la pesée et la découverte d’un nouveau dépotoir : au total, ce sont 709 kg de déchets qui ont été extraits d’une nature luxuriante. Un choc pour Lilla, étudiante néozélandaise venue prêter main forte au groupe : “Je voulais voir et aider. Je n’ai pas les mots... Ça fait tellement mal au cœur. Ce n’est pas parce que les déchets sont cachés que ce n’est pas un problème. En Nouvelle-Zélande, on n’imagine pas ça : on rêve de venir en Polynésie ! Chez nous, les gens sont sanctionnés par des amendes et on a un très bon système de tri dans tous les lieux publics”.
Les bénévoles ont planté plusieurs arbres fruitiers pour encourager les riverains à respecter les lieux.
Planter et respecter
Pour la première fois, l’association Mama Natura a décidé de laisser une trace de son passage, à sa façon. Après avoir fait place nette, les bénévoles ont unis les dernières forces qui leur restaient pour planter plusieurs arbres fruitiers, dont un cocotier nain, un manguier et une variété de ‘autera’a. “C’est toujours agréable d’avoir des arbres qui donnent de l’ombre et des fruits. Ça donne du sens à notre geste en remplaçant les déchets par des arbres. C’est une façon de reconnecter les gens à la nature. Je suis dans une optique de partage, comme faisaient nos grands-parents à Rurutu dans un esprit communautaire”, témoigne Vanaa, bénévole de Punaauia venu avec des plants de son fa’a’apu.
Mama Natura poursuit sans relâche ses actions sur le terrain. Le prochain rendez-vous est fixé au samedi 18 avril à Mahina, sur la plage de Ahonu, en partenariat avec des étudiants américains dans une démarche de science participative. En juin, c’est un projet de dépollution des plages aux Tuamotu qui se profile autour de la Journée mondiale de l’océan.
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