A gauche : exemple d'un ostracode actuel de l'ordre des Myodocopida, qui sont des ostracodes planctoniques. Celui-ci appartient au genre Spelaeoecia des Bermudes (oceanexplorer.noaa.gov) A droite : fossile d'ostracode de l'ordre des Myodocopida (genre Luprisca) datant d'environ 450 Millions d'années (Ordovicien; Siveter, David J., Tanaka, G., Farrell, C. Ú., Martin, M.J., Siveter, Derek J & Briggs, D.E.G. 2014. Exceptionally preserved 450 million-year-old Ordovician ostracods with brood care. CurrentBiology). Ce spécimen est exceptionnel par la préservation des parties internes et de ses oeufs.
PUNAAUIA, le 09 décembre 2014. (COMMUNIQUE) Marie-Béatrice FOREL, Docteur en Paléontologie, Post-doctorante à la China University of Geosciences (Wuhan, Chine), interviendra, dans le cadre du cycle des Conférences « Savoirs pour Tous » le 11 décembre 2014 à 18h15 (amphi F) sur le thème : " Il y a 252 Millions d’années, la plus grande extinction de l’histoire de la Vie : que nous apprennent les Ostracodes (micro-crustacés) ? ".
Il y a environ 4 Milliards d’années émergeait la Vie sur une Terre soumise à des conditions extrêmes. Les organismes ont lentement évolué au gré des événements géologiques et environnementaux, donnant naissance il y a environ 540 Millions d’années (Ma) aux premiers animaux à squelette. Leur évolution ultérieure, jusqu’à nos jours, est jalonnée de périodes de crises biologiques, capitales pour la structuration des écosystèmes et l’apparition de nouveaux taxons. On compte 5 extinctions majeures au cours des derniers 540 Ma. La plus dévastatrice d’entre elles a eu lieu il y a environ 252 Ma, à la transition entre les ères Paléozoïque et Mésozoïque (Permien-Trias), marquant la disparition de plus de 90% des espèces marines, 70% des vertébrés terrestres et 90% des végétaux.
Les causes de ce cataclysme sont encore débattues mais le consensus actuel considère qu’il serait lié à une diminution du niveau marin et une forte augmentation de la température à la toute fin du Paléozoïque, des éruptions volcaniques massives et leurs conséquences néfastes à la limite entre le Permien et le Trias, suivies d’une arrivée massive d’eaux anoxiques directement après l’extinction.
Parmi les survivants, des micro-crustacés (les ostracodes) nous permettent une compréhension inattendue des réponses paléobiologiques des organismes marins à ces événements et des adaptations physiologiques ayant permis la recolonisation ultérieure des écosystèmes. Ils constituent par ailleurs un important outil pour comprendre pourquoi et comment se sont développés d’abondants tapis microbiens directement après l’extinction.
Les ostracodes sont des organismes encore très abondants et diversifiés dans les environnements aquatiques actuels, aussi bien marins que dulçaquicoles. Parmi les formes marines connues aujourd’hui notamment en Polynésie Française, subsistent encore des représentants de la famille ayant abondamment survécu après l’extinction Permien-Trias. Ces ostracodes sont une rare opportunité pour les paléontologues d’observer un fossile vivant et d’ouvrir une fenêtre sur un monde que l’on pensait disparu et inaccessible. De récentes observations et expérimentations remettent en question nos connaissances traditionnelles de ces ostracodes fossiles.
Biographie Marie-Béatrice FOREL
- 2006-2007 : Master recherche ENVOLH (Environnement et Océanographie littorale et Hauturière) à l’Université Bordeaux I.
- 2007-2010 :Thèse de doctorat en Paléontologie «Extinctions et reconquêtes lors des événements associés à la limite Permien-Trias: les ostracodes (Crustacea).» à l’Université Pierre et Marie Curie Paris 6.
- 2010-2011 : Attachée Temporaire d’Enseignement et de Recherche à l’UPMC.
2011- Maintenant : Post-doctorante à la China University of Geosciences (Wuhan, Chine) pour comprendre l’influence des événements volcaniques sur la survie des ostracodesapres l’extinction du Permien-Trias en Chine du Sud.
- Distinctions : 2011: Lauréate du Grand Prix Louis Gentil-Jacques Bourcart de l'Académie des Sciences
Dernier ouvrage paru :
Forel M.B. 2014. Heterochronic growth of ostracods (Crustacea) frommicrobial deposits in the aftermath of the end-Permianextinction.Journal of SystematicPalaeontology.
À Paraître :
- Forel M.B., Crasquin S., Anisong C., Angiolini L., Gaetani M. sous presse. Precocious sexual dimorphism and Lilliput effect of Neo–TethyanOstracoda (Crustacea) through the Permian–Triassic boundary. Palaeontology.
- Forel M.B., Crasquin S., Anisong C., Sebe O., Zazzali S. Hunt G. soumis. Coping with mass extinctions: changes in size of ostracods (Crustacea) from the Early Permian to the Late Triassic. Geobiology.
Contacts :
Université de la Polynésie française 40 803 888
Il y a environ 4 Milliards d’années émergeait la Vie sur une Terre soumise à des conditions extrêmes. Les organismes ont lentement évolué au gré des événements géologiques et environnementaux, donnant naissance il y a environ 540 Millions d’années (Ma) aux premiers animaux à squelette. Leur évolution ultérieure, jusqu’à nos jours, est jalonnée de périodes de crises biologiques, capitales pour la structuration des écosystèmes et l’apparition de nouveaux taxons. On compte 5 extinctions majeures au cours des derniers 540 Ma. La plus dévastatrice d’entre elles a eu lieu il y a environ 252 Ma, à la transition entre les ères Paléozoïque et Mésozoïque (Permien-Trias), marquant la disparition de plus de 90% des espèces marines, 70% des vertébrés terrestres et 90% des végétaux.
Les causes de ce cataclysme sont encore débattues mais le consensus actuel considère qu’il serait lié à une diminution du niveau marin et une forte augmentation de la température à la toute fin du Paléozoïque, des éruptions volcaniques massives et leurs conséquences néfastes à la limite entre le Permien et le Trias, suivies d’une arrivée massive d’eaux anoxiques directement après l’extinction.
Parmi les survivants, des micro-crustacés (les ostracodes) nous permettent une compréhension inattendue des réponses paléobiologiques des organismes marins à ces événements et des adaptations physiologiques ayant permis la recolonisation ultérieure des écosystèmes. Ils constituent par ailleurs un important outil pour comprendre pourquoi et comment se sont développés d’abondants tapis microbiens directement après l’extinction.
Les ostracodes sont des organismes encore très abondants et diversifiés dans les environnements aquatiques actuels, aussi bien marins que dulçaquicoles. Parmi les formes marines connues aujourd’hui notamment en Polynésie Française, subsistent encore des représentants de la famille ayant abondamment survécu après l’extinction Permien-Trias. Ces ostracodes sont une rare opportunité pour les paléontologues d’observer un fossile vivant et d’ouvrir une fenêtre sur un monde que l’on pensait disparu et inaccessible. De récentes observations et expérimentations remettent en question nos connaissances traditionnelles de ces ostracodes fossiles.
Biographie Marie-Béatrice FOREL
- 2006-2007 : Master recherche ENVOLH (Environnement et Océanographie littorale et Hauturière) à l’Université Bordeaux I.
- 2007-2010 :Thèse de doctorat en Paléontologie «Extinctions et reconquêtes lors des événements associés à la limite Permien-Trias: les ostracodes (Crustacea).» à l’Université Pierre et Marie Curie Paris 6.
- 2010-2011 : Attachée Temporaire d’Enseignement et de Recherche à l’UPMC.
2011- Maintenant : Post-doctorante à la China University of Geosciences (Wuhan, Chine) pour comprendre l’influence des événements volcaniques sur la survie des ostracodesapres l’extinction du Permien-Trias en Chine du Sud.
- Distinctions : 2011: Lauréate du Grand Prix Louis Gentil-Jacques Bourcart de l'Académie des Sciences
Dernier ouvrage paru :
Forel M.B. 2014. Heterochronic growth of ostracods (Crustacea) frommicrobial deposits in the aftermath of the end-Permianextinction.Journal of SystematicPalaeontology.
À Paraître :
- Forel M.B., Crasquin S., Anisong C., Angiolini L., Gaetani M. sous presse. Precocious sexual dimorphism and Lilliput effect of Neo–TethyanOstracoda (Crustacea) through the Permian–Triassic boundary. Palaeontology.
- Forel M.B., Crasquin S., Anisong C., Sebe O., Zazzali S. Hunt G. soumis. Coping with mass extinctions: changes in size of ostracods (Crustacea) from the Early Permian to the Late Triassic. Geobiology.
Contacts :
Université de la Polynésie française 40 803 888