Condamné pour avoir frappé sa femme enceinte


Tahiti, le 28 janvier 2026 - Déjà condamné à huit reprises, un ancien militaire âgé de 37 ans a été jugé mardi par le tribunal correctionnel pour avoir mis un coup de pied à sa compagne alors que cette dernière conduisait. L'individu a cette fois écopé de 12 mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans.

Un homme de 37 ans, ancien militaire ayant exercé dans un commando de parachutistes de l'armée, a été jugé mardi par le tribunal correctionnel pour des violences commises sur son ex-compagne qui s'était vu prescrire 30 jours d'incapacité totale de travail suite à l'agression.

Les faits, reconnus par le prévenu, s'étaient déroulés le 26 juillet 2025. Alors qu'ils venaient de passer une journée avec des amis, l'intéressé et sa compagne enceinte de trois mois, ainsi que leur petite fille âgée de 13 mois, avaient repris la route pour rentrer chez eux. Suite à une dispute avec sa concubine, l'ancien militaire avait mis un violent coup de pied sur le siège dans lequel elle se trouvait. La tête de la jeune femme avait alors heurté le volant du véhicule.

Interdiction de contact

À la barre du tribunal ce mardi, le prévenu a tenté de contextualiser les faits en assurant qu'à l'époque, lui et son ex-compagne avaient dû gérer un bébé difficile. “On a eu un premier bébé qui était hors norme, on en a vu de toutes les couleurs”, a-t-il expliqué avant d'affirmer qu'un “bébé comme ça, ça tape sur le système”. Le président du tribunal a ensuite rappelé qu'il avait été condamné à huit reprises pour des violences, des vols ou bien encore des délits routiers et qu'il avait même déjà été incarcéré.

En l'absence de sa cliente, désormais installée en métropole, Me Emmanuelle Teixidor a assuré lors de sa plaidoirie que cette dernière aurait aimé être présente pour “exprimer sa souffrance”. Elle a ensuite expliqué que suite aux faits, la victime avait dû se cacher durant plusieurs semaines à Tahiti avant de rentrer en France dans sa famille et qu'elle avait dû être particulièrement suivie durant sa grossesse suite aux violences subies.

Considérant que le prévenu tentait d'“atténuer” la violence des faits, Me Teixidor a demandé au tribunal de prononcer une interdiction de contact entre le prévenu et sa cliente au motif que cette dernière avait “besoin d'être protégée” et que cela est “essentiel pour elle”. L'avocate a également demandé 600 000 francs au titre des dommages et intérêts.

Retrait de l'exercice de l'autorité parentale

Lors de ses réquisitions, la procureure de la République a tenu à rappeler que la victime avait “tout de même” eu une conséquente incapacité totale de 30 jours. Elle a ensuite évoqué les violences “d'autant plus condamnables” qu'elles ont été commises dans la voiture en présence d'un bébé de 13 mois. Puis elle a dénoncé la force du coup de pied, d'une “telle violence” qu'il avait projeté la victime sur son volant alors qu'elle conduisait. La représentante du ministère public a finalement requis 12 mois de prison dont six avec sursis ainsi que le retrait de l'exercice de l'autorité parentale et l'interdiction d'entrer en contact avec la victime.

Me Betty Hayoun a ensuite pris la parole pour la défense du prévenu en rappelant que ce dernier avait reconnu qu'il avait “mal agi”. “Il a donné ce coup de pied car il était énervé et, depuis, il a fait en sorte d'évoluer. Nous sommes là pour apaiser les choses et non pas pour les envenimer”, a déclaré l'avocate avant d'assurer que son client devait affronter une “situation difficile” puisque son ex-compagne a quitté le territoire avec leur fille aînée sans l'aviser de ce départ.

Après en avoir délibéré, le tribunal correctionnel a finalement condamné le trentenaire à 12 mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans ainsi qu'à une interdiction de contact avec son ex-compagne hormis pour leurs enfants. Il devra lui verser 250 000 francs au titre des dommages et intérêts.
 

Rédigé par Garance Colbert le Mercredi 28 Janvier 2026 à 06:07 | Lu 1248 fois