Collision ferroviaire en Espagne : les enquêteurs évoquent une rupture d'un rail avant le déraillement


JORGE GUERRERO / AFP
Madrid, Espagne | AFP | vendredi 23/01/2026 - Les enquêteurs recherchant les causes de la collision de deux trains qui a fait 45 morts dimanche dans le sud de l'Espagne travaillent sur "l'hypothèse" d'une "rupture" d'un rail au niveau d'une soudure qui se serait produite juste avant la catastrophe, selon un rapport préliminaire publié vendredi.

Le drame s'était produit lorsque les trois dernières voitures d'un train de la compagnie italienne Iryo allant de Málaga à Madrid avaient déraillé, se déportant sur la voie voisine quelques secondes avan l'arrivée en sens inverse sur celle-ci d'un train de la Renfe (compagnie publique espagnole). Le choc, effroyable, s'était produit à plus de 200 km/heure. 

"L'hypothèse" des enquêteurs part de la présence d'"entailles" sur les roues situées du côté droit des voitures du train Iryo qui n'ont pas déraillé.

"Ces entailles sur les roues et la déformation observée sur la voie sont compatibles avec le fait que la voie aurait été fracturée", écrit dans ce document la Commission d'Enquête sur les Accidents ferroviaires (CIAF), organisme officiel dépendant du ministère des Transports.

"D'après les informations disponibles à ce stade, on peut formuler l'hypothèse que la rupture du rail s'est produite avant le passage du train Iryo accidenté et donc avant son déraillement", poursuivent les enquêteurs.

Ils soulignent toutefois avec force (en capitales et en caractère gras) qu'il ne s'agit que d'une "hypothèse de travail" qui "devra(it) être corroborée par des calculs et des analyses détaillés ultérieurs".

"En ce qui concerne les causes de la rupture du rail, aucune hypothèse n'est écartée", affirment-ils.

Les enquêteurs indiquent également que des encoches semblables  ont été découvertes sur les roues de trois autres trains qui étaient passés au même endroit peu avant le drame. 

La cassure de la voie se serait produite au niveau "d'une soudure entre deux tronçons" de celle-ci, estiment-ils.

L'hypothèse d'un acte de sabotage a été écartée dès le départ par le gouvernement.

La publication du rapport définitif sur les causes de la tragédie n'est pas attendue avant plusieurs mois.

Le ministre des Transports, Óscar Puente, a affirmé  qu'il s'agissait d'une "enquête complexe qui demande du temps" et un "examen exhaustif" de "l'infrastructure, du matériel roulant, des systèmes de sécurité et des conditions d'exploitation".

le Vendredi 23 Janvier 2026 à 04:56 | Lu 179 fois