crédit photo ATN
Tahiti, le 19 août 2026 – Quatre heures de débats et toujours pas d'article premier. L'examen du collectif 3 a été largement monopolisé mercredi matin par Air Tahiti Nui et son prêt de 8,5 milliards de francs. Son directeur général, Lionel Guérin, est venu défendre devant les élus le réaménagement des cabines des quatre Dreamliner, censé générer jusqu'à 4 milliards de chiffre d'affaires supplémentaire par an et contribuer au retour à l'équilibre de la compagnie à l'horizon 2029. À la pause déjeuner, la démonstration était encore loin d'avoir convaincu.
À midi, l'article premier était toujours intact. Réunis depuis 8 h 30 ce mercredi en commission de l'Économie, les élus ont consacré l'essentiel de leur matinée à une seule mesure du collectif : les 8,5 milliards de francs que le Pays veut prêter à Air Tahiti Nui pour réaménager les cabines de ses quatre Boeing 787-9.
Beaucoup de questions, et pas encore toutes les réponses. Le directeur général d'ATN, Lionel Guérin, est venu défendre un investissement présenté comme l'un des leviers du retour à l'équilibre de la compagnie. Selon les chiffres projetés aux élus, le passage de 30 à 38 sièges en classe affaires sur chacun des quatre appareils permettrait de générer entre 3,5 et 4 milliards de francs de chiffre d'affaires supplémentaire par an. Les avions doivent être réaménagés d'ici fin 2028, ATN visant l'équilibre dès 2029.
Mais ces chiffres n'ont pas suffi à lever les doutes. “Nous ne sommes pas contre ce prêt mais nous avons besoin qu'on nous explique”, insiste Nicole Sanquer, réclamant davantage de données sur les recettes des classes économique et affaires et s'interrogeant sur l'investissement dans des appareils dont ATN n'a pas encore la pleine propriété. “
Deux avions sont en location jusqu'en 2031. C'est quand même un coût de 2 milliards par avion”, souligne-t-elle, évoquant d'autres pistes : “Pourquoi pas étudier l'option de louer un avion plus adapté et plus moderne au lieu d'investir dans un avion qui ne nous appartient pas ?”
“Ni le lieu, ni le moment”
Même scepticisme du côté du Tapura, mais avec une différence de fond. Tepuaraurii Teriitahi conteste le principe même du mécanisme : “Ça veut dire que le Pays se transforme en banquier”, relève-t-elle, soulignant que le dispositif permettrait notamment à ATN de bénéficier d'un taux plus avantageux alors que la compagnie n'est, selon elle, “pas bankable” auprès des banques.
Elle critique aussi la méthode, rappelant que les élus réclamaient depuis longtemps une présentation de la stratégie d'ATN : “Mais ce n'est ni le lieu, ni le moment. On n'a même pas encore entamé l'article 1er et on est en train de nous faire toute la stratégie en deux minutes d'Air Tahiti Nui.” Les projections présentées par Lionel Guérin ne la convainquent pas davantage. Si elle reconnaît que les sièges affaires sont les plus rémunérateurs, Tepuaraurii Teriitahi juge “un peu difficile à avaler” que huit places supplémentaires par appareil puissent contribuer dans de telles proportions au redressement annoncé.
Les élus n'entendent pas pour autant bloquer un collectif comportant des mesures jugées urgentes. Faute d'être convaincue sur ATN, Tepuaraurii Teriitahi envisage donc de sortir les 8,5 milliards du texte : “Je pense que ça fait partie des amendements qui devraient être présentés, de demander à mettre à part Air Tahiti Nui et pourquoi pas que ça fasse l'objet d'un autre collectif indépendant de celui-là.” Les élus n'ont par ailleurs pas obtenu de réponse sur le “plan D” de la compagnie si le prêt était refusé.
Après une pause déjeuner d'à peine une heure, les élus ont finalement attaqué l'examen des articles vers 14 heures. “À cette allure, on en a pour quatre jours”, prévient Tepuaraurii Teriitahi. “On a des questions à poser, on veut des réponses […] et on prendra le temps qu'il faut.”
À midi, l'article premier était toujours intact. Réunis depuis 8 h 30 ce mercredi en commission de l'Économie, les élus ont consacré l'essentiel de leur matinée à une seule mesure du collectif : les 8,5 milliards de francs que le Pays veut prêter à Air Tahiti Nui pour réaménager les cabines de ses quatre Boeing 787-9.
Beaucoup de questions, et pas encore toutes les réponses. Le directeur général d'ATN, Lionel Guérin, est venu défendre un investissement présenté comme l'un des leviers du retour à l'équilibre de la compagnie. Selon les chiffres projetés aux élus, le passage de 30 à 38 sièges en classe affaires sur chacun des quatre appareils permettrait de générer entre 3,5 et 4 milliards de francs de chiffre d'affaires supplémentaire par an. Les avions doivent être réaménagés d'ici fin 2028, ATN visant l'équilibre dès 2029.
Mais ces chiffres n'ont pas suffi à lever les doutes. “Nous ne sommes pas contre ce prêt mais nous avons besoin qu'on nous explique”, insiste Nicole Sanquer, réclamant davantage de données sur les recettes des classes économique et affaires et s'interrogeant sur l'investissement dans des appareils dont ATN n'a pas encore la pleine propriété. “
Deux avions sont en location jusqu'en 2031. C'est quand même un coût de 2 milliards par avion”, souligne-t-elle, évoquant d'autres pistes : “Pourquoi pas étudier l'option de louer un avion plus adapté et plus moderne au lieu d'investir dans un avion qui ne nous appartient pas ?”
“Ni le lieu, ni le moment”
Même scepticisme du côté du Tapura, mais avec une différence de fond. Tepuaraurii Teriitahi conteste le principe même du mécanisme : “Ça veut dire que le Pays se transforme en banquier”, relève-t-elle, soulignant que le dispositif permettrait notamment à ATN de bénéficier d'un taux plus avantageux alors que la compagnie n'est, selon elle, “pas bankable” auprès des banques.
Elle critique aussi la méthode, rappelant que les élus réclamaient depuis longtemps une présentation de la stratégie d'ATN : “Mais ce n'est ni le lieu, ni le moment. On n'a même pas encore entamé l'article 1er et on est en train de nous faire toute la stratégie en deux minutes d'Air Tahiti Nui.” Les projections présentées par Lionel Guérin ne la convainquent pas davantage. Si elle reconnaît que les sièges affaires sont les plus rémunérateurs, Tepuaraurii Teriitahi juge “un peu difficile à avaler” que huit places supplémentaires par appareil puissent contribuer dans de telles proportions au redressement annoncé.
Les élus n'entendent pas pour autant bloquer un collectif comportant des mesures jugées urgentes. Faute d'être convaincue sur ATN, Tepuaraurii Teriitahi envisage donc de sortir les 8,5 milliards du texte : “Je pense que ça fait partie des amendements qui devraient être présentés, de demander à mettre à part Air Tahiti Nui et pourquoi pas que ça fasse l'objet d'un autre collectif indépendant de celui-là.” Les élus n'ont par ailleurs pas obtenu de réponse sur le “plan D” de la compagnie si le prêt était refusé.
Après une pause déjeuner d'à peine une heure, les élus ont finalement attaqué l'examen des articles vers 14 heures. “À cette allure, on en a pour quatre jours”, prévient Tepuaraurii Teriitahi. “On a des questions à poser, on veut des réponses […] et on prendra le temps qu'il faut.”