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Colère de Reid-Arbelot sur le renvoi de son texte


Tahiti le 19 octobre 2026. Déception et surtout colère pour la députée Mereana Reid-Arbelot hier à la sortie de la séance au Sénat, où était étudié son texte sur l’égalité d’accès aux soins pour les ressortissants ultramarins sur l’ensemble du territoire national.

 
Adopté en première lecture à l’Assemblée nationale, le projet de loi avait été amendé en commission au Sénat et a été modifié par la suite en séance plénière par un nouvel amendement de Lana Tetuanui pour que « le dispositif d’un identifiant électronique type carte vitale soit rapidement effectif techniquement pour solutionner les anomalies vécues sur le sol hexagonal par nos compatriotes ». Ces modifications renvoient le texte en seconde lecture à l’Assemblée nationale, mais, bloqué entre le vote du projet de loi de finances 2027, l’actualité sociale et les élections à venir (présidentielle puis législatives), ce dernier pourrait être renvoyé aux calendes grecques, voire disparaître.

Il y a peu, Mereana Reid-Arbelot s’agaçait de voir des amendements pris en commission au Sénat concernant son texte, voté en première lecture à l’Assemblée nationale. Sa crainte de le voir "vidé de sa substance" au Sénat après l’adoption de sept amendements par la commission des affaires sociales s’est finalement mue en colère après le renvoi en seconde lecture de son texte visant à garantir l’égalité d’accès aux soins des ressortissants ultramarins sur l’ensemble du territoire national.
 
Sa proposition vise à rétablir les "oubliés" du dispositif de la carte vitale : étudiants, travailleurs ou patients en évacuation sanitaire, contraints à des démarches complexes ou d'avancer des frais quand ils se déplacent dans le reste du territoire national. Son texte prévoyait un "moyen d'identification électronique", analogue à la carte vitale, pour qu'ils puissent faire valoir leurs droits partout.
 
Ce lundi matin à Papeete, la députée partageait sa colère sur les réseaux sociaux. "Alors notre sénatrice a voulu mettre sa touche au texte. Il fallait qu'il y ait sa patte. (…) Eh bien on n'a plus de texte", explique Mereana Reid-Arbelot en préambule. "Modifier ce texte actuellement nous met dans un entonnoir qui permettra peut-être de ne pas l'étudier à l'Assemblée nationale. (…) Je suis très triste et dans l'incompréhension. Maintenant c'est peut-être de la politique, mais pour moi ce n'est pas ça la politique. La vraie politique, c'est celle qui s'occupe de ses concitoyens."

La réponse de Lana Tetuanui

Quelques heures après ce post sur les réseaux sociaux, Lana Tetuanui et Édouard Fritch répondaient par voie de communiqué à la polémique naissante. "Le Sénat n’est pas une chambre d’enregistrement des désirs d’une députée. Il doit pleinement contribuer à l’élaboration de la loi. C’est précisément le sens du travail accompli par la commission des affaires sociales d’une part, et des amendements défendus par la sénatrice Lana Tetuanui d’autre part : améliorer le dispositif proposé afin de le rendre plus efficace, plus opérationnel et mieux adapté aux réalités de sa mise en œuvre", explique le communiqué, alors même que d’autres sénateurs en séance regrettaient ce dépôt d’amendement à la marge qui renvoyait le texte en seconde lecture à l’Assemblée nationale.

"L’une des avancées majeures du texte adopté par le Sénat est de prévoir son entrée en application dès janvier 2028, au lieu de 2030", poursuivent les deux sénateurs polynésiens. "Sur un sujet aussi important pour la vie quotidienne de nos compatriotes, l’essentiel n’est pas de revendiquer la paternité d’un texte, mais de rechercher la solution la plus efficace au bénéfice de la population", justifient-ils, alors que la députée Mereana Reid-Arbelot insistait sur la volonté de Lana Tetuanui d’y mettre "sa patte".

Rédigé par Bertrand PREVOST le Lundi 19 Octobre 2026 à 14:58 | Lu 655 fois