Clarenntz Vernaudon met le cap sur Taiarapu-Est


Clarenntz Vernaudon, tête de liste à Taiarapu-Est, est épaulé par Hiro Pratx (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 25 février 2026 - Discret ces dernières années après des déboires judiciaires, l’ancien maire de Taiarapu-Ouest se lance dans la course aux municipales à Taiarapu-Est avec Tapura amui no Taiarapu Hita’a o te ra. Tête de liste, Clarenntz Vernaudon ne manque pas d’idées pour sa commune d’adoption : il souhaite optimiser les recettes pour financer les projets en matière de jeunesse, d’éducation, d’environnement ou encore d’insertion professionnelle en mettant en avant son “expérience du terrain”.
 

Clarenntz Vernaudon, dit Kalin, 67 ans, revient sur le devant de la scène politique à l’occasion des élections municipales de Taiarapu-Est, en tant que tête de liste. Marié, père de trois enfants et grand-père de sept petits-enfants, il a exercé plusieurs métiers : manœuvre sur des chantiers dès l’âge de 15 ans, il s’est ensuite orienté vers le génie civil, avant de se lancer dans la construction de pirogues et de bateaux en polyester, dont des thoniers.
 
Sur le plan politique, Clarenntz Vernaudon a été ministre des Sports et de la Jeunesse en 2008 sous le gouvernement de Gaston Tong Sang, mais aussi représentant à l’assemblée de la Polynésie française. Il a surtout été élu maire de Taiarapu-Ouest, fonction qu’il a exercée pendant deux mandatures, de 2002 à 2014. “En raison de mon inéligibilité à cause de mes comptes de campagne aux législatives, je n’ai pas pu me représenter”, explique-t-il, également condamné pour fraude en 2019 dans l’affaire Pageau. “On retient ce qui est mal, mais pas ce que j’ai bien fait. J’ai exercé plusieurs métiers et j’ai toujours aimé le contact avec les gens. Je suis sociable, à l’écoute et j’ai l’expérience du terrain”, se défend le candidat.
 

​“Travailler sur les recettes”


Sa liste, Tapura amui no Taiarapu Hita’a o te ra (liste d’union communale de Taiarapu-Est), n’est pas liée au parti politique du même nom. Cette “nouvelle équipe avec de nouveaux projets” compte 33 colistiers âgés de 22 à 76 ans, dont Joachim Lucas, secrétaire administratif d’un collège, à Faaone, Marcelle Pito, chauffeure de bus, à Tautira, et Giovani Wan, professeur des écoles, à Pueu. La liste arbore un bateau pour emblème avec “le changement” comme cap.
 
Résident de Afaahiti-Taravao depuis trois ans, Clarenntz Vernaudon ne manque pas d’idées pour sa commune d’adoption. Il est épaulé sur le plan administratif par Hiro Pratx, en troisième position sur sa liste, enseignant et directeur d’école à la retraite passé par plusieurs autres fonctions, dont celle de directeur de cabinet au ministère du Travail et de l’Emploi en 2010. “J’ai accepté de suivre Kalin parce que c’est un homme d’expérience qui sait de quoi il parle. On a construit cette équipe pour se lancer dans la campagne sans mentir à la population en promettant tout et n’importe quoi”, remarque-t-il.
 
“On est en train de travailler sur les recettes qui peuvent revenir à la commune pour abonder les projets. Un exemple : ramener Terehēamanu et Secosud (Syndicat pour l’électrification des communes du sud, NDLR) à Teaputa pour que la location bénéficie à Taiarapu-Est, contrairement à ces dernières années”, suggère Clarenntz Vernaudon, qui a bâti sa profession de foi d’après les retours des administrés : “Les communes associées demandent toutes de l’eau propre. Avec l’appui d’un cabinet d’études agréé, on pourrait commencer à avoir des résultats dans certains secteurs d’ici la fin de l’année. Pour la Dorsale, j’estime que c’est faisable en deux ans. Autre sujet important, la saturation des cimetières, qu’il faut solutionner. Il y a aussi les écoles à rénover : ce sont de gros chantiers en matière de financement auprès du Pays et de l’État. Et je suis prêt à redonner plus de moyens aux communes associées avec la délégation de signature et le matériel qu’il faut pour ne pas avoir systématiquement à se tourner vers Taravao.”
 

​“Tourner sur le terrain”


Au chapitre de l’environnement, le candidat souhaite relancer le traitement de déchets verts avec l’acquisition d’un broyeur. Du côté de la baie de Phaëton, il est favorable à “l’évacuation des navires abandonnés et à l’établissement d’un rāhui pour dépolluer la zone”. En matière de jeunesse, il envisage de faciliter l’accès aux activités musicales et culturelles, d’implanter des terrains de paddle et d’augmenter les subventions aux associations : “Aujourd’hui, c’est ridicule. Il faut mettre les moyens pour les accompagner”. Pour lutter contre le désœuvrement et la drogue, il imagine un “pôle de réinsertion” bâti autour d’activités du secteur primaire. Outre la dynamisation du centre-ville de Taravao, il prévoit de soutenir les investisseurs en faveur de la création d’emplois. À la reconstruction de la caserne des pompiers, il ajoute la volonté de “tourner régulièrement sur le terrain avec les mūto’i, car ça fait partie du rôle d’un maire qui ne doit pas rester dans son bureau”. “Il faut communiquer et apporter de la transparence en faisant des réunions tous les trois mois pour présenter le budget et l’avancement des projets”, conclut-t-il.
 
L’équipe de Tapura amui no Taiarapu Hita’a o te ra enchaîne actuellement les rencontres dans les quartiers. Les grandes réunions publiques se tiendront du 9 au 13 mars dans les quatre communes associées de Taiarapu-Est.
 

Rédigé par Anne-Charlotte Lehartel le Mercredi 25 Février 2026 à 15:09 | Lu 576 fois