Cinq ans ferme pour avoir blanchi 76 millions


Tahiti, le 11 mars 2026 - Un homme de 32 ans a été condamné mardi en correctionnelle à cinq ans de prison ferme pour avoir blanchi pas moins de 76 millions de francs récoltés, selon l'accusation, grâce au trafic d'ice et de cocaïne. Les trois autres prévenus qui comparaissaient à ses côtés, dont sa jeune compagne, ont quant à eux écopé de peines comprises entre trois et un an de prison ferme.

Le procès d'un homme de 32 ans, poursuivi pour “blanchiment aggravé et concours en bande organisée à une opération de placement, dissimulation ou conversion d'un crime ou d'un délit”, commis du 1er janvier 2023 au 17 novembre 2024, s'est déroulé mardi devant le tribunal correctionnel. La compagne du trentenaire ainsi que deux autres hommes décrits comme ayant été des intermédiaires étaient également jugés. Ils étaient tous poursuivis pour avoir, chacun à leur niveau, concouru au blanchiment de 76 millions de francs ou pour avoir été complices de ces faits.

Tel que l'a relaté le président du tribunal, il était reproché au principal prévenu d'avoir acquis des biens et du numéraire alors même qu'il n'avait pas de revenus. Jet-skis, voiture, montres en or, station de carwash, opérations de chirurgie esthétique pour lui et implant de prothèses mammaires pour sa compagne – payé 700 000 francs en cash au médecin –, gestion de roulotte ou bien même de location de scooters : le trentenaire a bien eu du mal ce mardi à justifier des dépenses évaluées à plusieurs millions alors qu'il n’exerçait aucun emploi.

Combats de coqs et kikiriri

Interrogé sur cette profusion d'argent mardi lors de l'audience, le prévenu a soutenu qu'il avait fait fortune grâce aux combats de coqs et au kikiriri. Ce à quoi le président du tribunal lui a opposé qu'il défiait la “loi des statistiques” pour avoir gagné autant d'argent dans ce domaine. Le magistrat a surtout rappelé que le trentenaire avait toujours utilisé des prête-noms pour entretenir ses activités tout en prenant soin de n'avoir aucune traçabilité au niveau de son activité financière.

Lors de ses réquisitions, la procureure de la République a ensuite tenu à rappeler qu'en matière de blanchiment, il n'est pas nécessaire de démontrer l'origine de l'infraction. Concernant le principal prévenu, elle a requis six ans de prison en assurant que ce dernier avait commandité le trafic pour en déduire du numéraire.

Le principal mis en cause a finalement écopé de cinq ans de prison. Les trois autres prévenus ont quant à eux écopé de peines comprises entre trois et un an de prison.
 

 

 


Rédigé par Garance Colbert le Mercredi 11 Mars 2026 à 07:36 | Lu 797 fois