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Ciguatéra : de forts risques d'intoxications à Hatiheu et Anaho



Les personnes qui sont tombées malades début novembre ont mangé de la perche pagaie (haka en marquisien).
Les personnes qui sont tombées malades début novembre ont mangé de la perche pagaie (haka en marquisien).
PAPEETE, le 6 décembre 2017. Au total, pas moins de 20 personnes ont été touchées par une intoxication à la ciguatéra cette année après avoir mangé du poisson pêché dans la baie de Hatiheu, à Nuku Hiva. Jusqu'ici, très peu de cas avaient été signalés dans cette baie.

Début novembre, dix cas d'intoxications à la ciguatéra, dont quatre cas "sévères", sont signalés à Nuku Hiva dans la baie de Hatiheu. Les habitants de l'île sont plutôt surpris car jusqu'ici, c'est la baie voisine de Anaho qui était pointée du doigt. En juin 2014, neuf touristes y avaient été intoxiqués après avoir mangé des trocas. L'année suivante, deux touristes avaient été malades après avoir goûté des oursins.
Le gouvernement a donc débloqué un budget pour qu'une mission puisse être menée dans la baie de Anaho. En novembre 2016, les experts en ciguatéra de l'Institut Louis Malardé se sont déplacés sur cette île marquisienne. "100 % des poissons analysés étaient porteurs de ciguatoxines à Anaho", explique Mireille Chinain, chef du laboratoire des micro-algues toxiques à l'Institut Malardé. "Un résultat positif ne veut pas forcément dire que ce poisson était impropre à la consommation. Pour être impropre à la consommation, il faut dépasser un certain seuil.On a des données complètes sur les poissons, les trocas et les oursins à Anaho. Quand on regarde les données toxicologiques qui concernent cette baie, il semble raisonnable de dire que consommer des produits marins de Anaho c'est s'exposer fortement aux risques d'intoxication à la ciguatéra", souligne Mireille Chinain.

Sur Anaho, les risques étaient donc bien connus mais jusqu'ici il y avait eu très peu de cas d'intoxications à la ciguatéra dans la baie voisine, celle de Hatiheu. C'est pourquoi le laboratoire des micro-algues toxiques de l'institut Malardé a été alerté lorsque l'infirmier de Hatiheu a signalé dix cas d'intoxications, portant à 20 le nombre de cas depuis le début de l'année.


En Polynésie, il existe six espèces de micro-algues Gambierdiscus. A Anaho, c'est l'espèce la plus toxique, la polynesiensis, qui est majoritaire, ce qui explique le risque élevé de ciguatera.

Aujourd'hui, faute de budget, les chercheurs de Malardé ne peuvent pas se rendre sur place pour faire des prélèvements afin de comprendre ce qu'il se passe dans la baie de Hatiheu. On sait que les personnes qui sont tombées malades début novembre ont mangé de la perche pagaie (haka en marquisien). Les autres cas de cette année concernaient l'ingestion de carangues et de poissons chirurgiens. Pour l'instant, il n'y a donc pas eu de cas déclarés après un repas à base d'oursins, trocas ou bénitiers…

Par mesure de prévention, le hakaiki de Nuku Hiva, Benoit Kautai a mis en garde contre la consommation des produits pêchés dans les baies de Hatiheu et de Anaho, à Nuku Hiva. Dans un communiqué le 9 novembre, il indiquait qu'aucun produit de la mer issu de cette zone ne devait être consommé. Il mettait ainsi en avant les "produits marins incriminés : poissons, bénitiers, oursins..."
Aujourd'hui, il est donc difficile d'expliquer ce pic de cas. La pollution humaine semble en tous les cas devoir être écartée car " ce n'est pas une baie habitée", souligne Clémence Gatti, chargée de recherche avant d'indiquer : "Pour la population, la ciguatéra est reliée à l'impact humain. Quand on regarde la cartographie, on constate en effet des cas de ciguatera dans les passes où on a fait des travaux pour élargir les passes. C'est en effet souvent un facteur favorisant mais ce n'est pas le seul. Si la micro-algue n'est pas présente dans l'environnement cela ne va pas l'introduire."



Centre de production de ciguatoxines : les appels d'offres bientôt lancés

L’Institut Louis Malardé (ILM) possède un savoir-faire unique en matière de cultures in vitro de la micro-algue Gambierdiscus, d’isolement et purification des ciguatoxines. L'ILM a donc décidé de mettre en place un centre de production de ciguatoxines
Les études préalables, financées par le Pays, à la construction de ce centre sont actuellement en cours ont été finalisées. Le permis de construire a été obtenu. TNAD, qui sera le maître d'oeuvre, devrait lancer prochainement l'appel d'offres. Ce nouveau bâtiment sera construit à Paea, côté mer, en face du laboratoire d'entomologie.
Le coût du projet est estimé à 185 millions de Fcfp pour le bâtiment et 38 millions pour l'équipement. Le but est d'alimenter la recherche, pour les propres besoins de Malardé mais aussi pour les laboratoires extérieurs.
Les besoins en ciguatoxines vont augmenter à travers le monde. En effet, manger du poisson tropical est très à la mode dans les pays européens. Si ces poissons viennent de points chauds de la ciguatéra comme les Caraïbes, les consommateurs au niveau européen sont susceptibles de s'intoxiquer de façon sporadique. Cela entraîne des micro-épidémies.
La micro-algue responsable de l'accumulation des toxines de ciguatéra dans le poisson est également présente au niveau de l'île de Madère et Canaries.



Rédigé par Mélanie Thomas le Mercredi 6 Décembre 2017 à 15:52 | Lu 964 fois





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