En attendant la fermeture annoncée, les riverains continuent de subir des nuisances quotidiennes (Crédit : archive).
Tahiti, le 2 juin 2026 - Depuis les premiers signalements, il y a plus de six mois, plusieurs dizaines de chiens errants seraient toujours accueillis dans le chenil illégal de Afaahiti, sous le coup d’un arrêté de fermeture administrative. Épuisés par les nuisances, les riverains attendent l’application d’une décision de justice, tandis qu’un projet de chenil aux normes est évoqué par le Pays et la commune de Taiarapu-Est au plateau de Taravao. Mais dans combien de temps ?
“Je ne sais pas si c’est parce qu’on est à bout, mais vivre dans les aboiements et les odeurs, on n’en peut plus !”, confie Hina, maman de deux enfants de 2 et 7 ans, complètement désemparée. Elle réside juste en face du chenil de la fédération Ta Tātou Mau Animara, déclaré illégal par les services du Pays. Le 6 mars dernier, le ministre de l’Agriculture et de l’Environnement en charge de la Cause animale, Taivini Teai, a signé un arrêté ordonnant sa fermeture administrative. D’emblée, il était annoncé que cette fermeture ne se ferait pas en un jour, le temps de la mise en œuvre “des mesures nécessaires pour assurer la gestion des animaux présents”, entre évaluation sanitaire et comportementale en vue d’une adoption et transfert vers des structures agréées.
“Je ne sais pas si c’est parce qu’on est à bout, mais vivre dans les aboiements et les odeurs, on n’en peut plus !”, confie Hina, maman de deux enfants de 2 et 7 ans, complètement désemparée. Elle réside juste en face du chenil de la fédération Ta Tātou Mau Animara, déclaré illégal par les services du Pays. Le 6 mars dernier, le ministre de l’Agriculture et de l’Environnement en charge de la Cause animale, Taivini Teai, a signé un arrêté ordonnant sa fermeture administrative. D’emblée, il était annoncé que cette fermeture ne se ferait pas en un jour, le temps de la mise en œuvre “des mesures nécessaires pour assurer la gestion des animaux présents”, entre évaluation sanitaire et comportementale en vue d’une adoption et transfert vers des structures agréées.
Trois mois
Depuis, l’occupation serait passée de 97 à 69 chiens ; une diminution imperceptible pour les riverains, qui commencent à trouver le temps long en sachant que les premiers signalements remontent à fin novembre 2025. Une douzaine d’entre eux ont saisi la justice : la juge des référés a statué le 27 avril 2026, enjoignant la fédération à “atténuer les nuisances” sonores et olfactives dans un délai d’un mois, mais aussi la fédération et les propriétaires de la parcelle à “prendre toutes les mesures utiles” pour s’assurer que plus “aucun chien du chenil ne soit présent sur les lieux” dans un délai de trois mois. Les riverains resteraient cependant dans l’attente de la notification des conclusions aux parties adverses par l’huissier pour lancer le compte-à-rebours. Pour James, c’est un sentiment “d’abandon” qui s’ajoute à un “épuisement” physique et psychologique. “Tout ce qu’on demande, c’est retrouver le calme dans notre quartier.”
... ou plus ?
Mi-mai, en marge d’une visite du président de la Polynésie française, Moetai Brotherson, et de plusieurs ministres, le gouvernement et les deux communes de Taiarapu-Est et Taiarapu-Ouest ont communiqué sur un projet d’affectation d’un terrain de 5 000 m2 situé sur le plateau de Taravao et appartenant à la Direction de l’agriculture (DAG) pour monter un chenil aux normes et extraire les chiens du quartier résidentiel. Une avancée en faveur de la lutte contre la maltraitance animale, mais les riverains du chenil de Afaahiti s’interrogent sur les délais de réalisation et craignent des blocages agricoles du fait de la proximité d’élevages.
De son côté, le maire de Taiarapu-Est, Willy Chung Sao, nous a indiqué être toujours dans l’attente de l’affectation dudit terrain. Selon nos informations, un courrier aurait été adressé la semaine dernière au Pays pour avancer sur le sujet, mais aussi relayer l’impasse dans laquelle se trouvent les riverains du chenil illicite. Un autre terrain aurait également été identifié.
Pour l’heure, notre demande de précisions sur les avancées du dossier auprès des ministères concernés n’a pas abouti. Pour le Pays comme pour la municipalité, l’objectif est de bâtir une structure “conforme à la réglementation” pour permettre “une meilleure prise en charge des animaux tout en respectant la salubrité et la tranquillité publiques”. Reste à savoir quand ce nouveau site pourra être opérationnel.