Car bass : les passionnés rêvent d'un festival


Tahiti, le 1er août 2026 - 2 500 adeptes de car bass étaient réunis, ce samedi à Mataiea, pour le Tehoro Car Audio Contest 2026. Le car audio continue bel et bien de rassembler les passionnés en Polynésie française.  

Le boum boum des coffres s’entendait sur la route qui mène à la place Tehoro à Mataiea. Ce samedi 1er août, ils étaient 2 500 réunis pour le Tehoro Car Audio Contest 2026. Sous le chapiteau, les voitures étaient transformées en véritables studios de son. Au total, 60 voitures ont par participé aux concours.  

Une affluence qui illustre la place que tient cette discipline au Fenua. “La passion du car audio est vraiment répandue en Polynésie française. Les jeunes, les moins jeunes, les gens aiment le car audio”, s’est enthousiasmé Antonio Soares Pires, président de l'association Team Teva i Uta Car Audio et vice-président de la Fédération polynésienne de car audio.  

Présente depuis plus de 30 ans en Polynésie, cette pratique s'est structurée au fil des années. Il y a encore quelques années, les associations de car audio de Tahiti comptaient plus de 5 000 membres. Aujourd'hui, plusieurs associations continuent de faire vivre cette passion, avec l'objectif de mieux l’encadrer. “Ce que l'on essaie de mettre en place, c'est déjà un événement régulier, une fois par an sur la commune, histoire de pouvoir faire un vrai championnat, un vrai relais de compétition tout autour de l’île”, a détaillé Antonio Soares Pires alors qu’il tenait le rôle du speaker pour annoncer les différentes catégories du concours au fil de la journée.  

La fédération souhaite ainsi organiser des rendez-vous réguliers. Une démarche qui vise aussi à limiter les rassemblements non encadrés comme celui du “Platchoir” qui a pu poser problème en février dernier.  

​ Retrouver la digue


“Plus on aura de lieux encadrés, moins il y aura de car bass sauvages”, a estimé l’organisation. La demande principale des passionnés reste notamment de pouvoir retrouver certains lieux historiques de pratique, comme la digue de Motu Uta à Papeete, toujours interdite à l’heure actuelle.  

Les organisateurs reconnaissent toutefois que cette passion peut générer des nuisances sonores. “Ça peut déranger, on ne va pas se mentir. Mais on demande aux gens de faire preuve d'indulgence et de se dire : cette journée-là, elle nous est réservée et après, on ne vous embête plus.”  

Pour rassurer les riverains et les autorités, les événements sont organisés avec un encadrement renforcé. À Mataiea, dont la commune de Teva i Uta, représentée par son maire Tearii Te Moana Alpha, soutient également l’organisation de ces rassemblements avec l’objectif de proposer un cadre encadré aux passionnés, la gendarmerie était présente en nombre samedi.  

Plusieurs élus sont venus rencontrer les participants, dont des représentants des communes de Papara, ainsi que le maire de Papara Mike Tessier. La ministre de la Jeunesse et des Sports, Vannina Pommier, a également fait le déplacement. Selon Antonio Soares Pires, cette dernière s'est montrée favorable à un accompagnement de la discipline. “Elle est prête à travailler avec la Fédération polynésienne de car audio pour faire en sorte qu'on puisse exercer notre passion dans de meilleures conditions.”  

​Un Car Audio Contest à Papara?


À Papara, un prochain rassemblement pourrait d'ailleurs voir le jour. “On n'a pas encore de date précise, ce sera sûrement en fin d'année ou l'année prochaine. Ça se fera probablement sur le terrain Outuaraea, là où il y a de la place”, a dévoilé la commune.  

Au-delà des compétitions, les passionnés veulent aller beaucoup plus loin. Leur ambition : créer un véritable festival polynésien du car audio.  

“Mon rêve, c'est qu'on ait un festival du car audio en Polynésie. Un festival qui réunirait l'ensemble des professionnels, les passionnés, et qu'on ait trois ou quatre jours où on fête le car audio et qu'on le fasse connaître au grand public”, a confié Antonio Soares Pires.  

La discipline pourrait également s'ouvrir davantage aux plus jeunes avec la création d'un concours de mini car audio, basé sur des maquettes équipées de systèmes sonores.  “Ça permettrait aux jeunes qui n'ont pas forcément les moyens d'avoir une voiture de pouvoir faire valoir leur savoir-faire à travers des maquettes. Le car audio demande beaucoup de technique.”  

Pour les passionnés, l'enjeu est désormais de changer le regard porté sur cette pratique. “Notre passion n'est pas forcément la bienvenue partout. Ce qu'on essaie de faire entendre aux gens, c'est qu'il faut de tout pour faire un monde. Nous aussi, on a le droit d'exister. On ne veut pas gêner l'ensemble de la population, mais on veut qu'on nous donne l'occasion de vivre notre passion.”  

Cette année, les amateurs de car audio veulent désormais passer à une nouvelle étape : faire reconnaître leur discipline et lui offrir un véritable rendez-vous à l'échelle du Fenua.

“Sans alcool, sans drogue, on veille au grain. Les gens ont envie que ça continue, donc ils font des efforts”, a conclu le président de Team Teva i Uta Car Audio.





Rédigé par Violaine Broquet le Samedi 1 Aout 2026 à 18:18 | Lu 687 fois