Tahiti, le 20 juillet 2026 – Il devait démarrer au premier semestre. Mais cinq mois après l'annonce d'un “top départ imminent”, le projet pilote de culture du cannabis thérapeutique est toujours au point mort. La formation des neuf producteurs sélectionnés n'a jamais eu lieu et l'arrêté indispensable pour autoriser les premières mises en culture se fait toujours attendre. Un dossier, de plus, qui peine à passer des annonces aux actes, alors que le gouvernement Brotherson traverse déjà une sérieuse zone de turbulences.
“Nous sommes dans la dernière ligne droite”, assurait en février dernier Roland Bopp, alors directeur de l'agriculture. Après plusieurs mois de retard, la phase pilote de culture du cannabis à faible teneur en THC semblait enfin prête à démarrer. Neuf producteurs avaient été sélectionnés dans les archipels et les premières graines devaient être semées au cours du premier semestre 2026.
Cinq mois plus tard, la “dernière ligne droite” semble interminable. Et le calendrier, lui, a disparu. Dans un premier message adressé aux producteurs sélectionnés, la Direction de l'agriculture (DAG) annonçait pour avril une session destinée à préciser le cadre réglementaire, administratif et organisationnel de la future filière, suivie d'une formation technique et économique dispensée par des experts extérieurs au territoire. Une étape présentée comme préalable au démarrage opérationnel de la phase pilote, certains aspects devant encore être “finalisés” et “sécurisés” afin d'éviter tout “vide juridique, administratif ou organisationnel”.
Le 1er avril : nouveau contretemps. La formation est reportée “à une date ultérieure”, avec une nouvelle fenêtre annoncée “au plus tôt en mai, et au plus tard courant juin”. Juillet est désormais bien entamé et, selon nos informations, les producteurs sélectionnés n'ont toujours reçu aucune nouvelle date.
L'arrêté toujours attendu
Surtout, la formation n'est pas le seul verrou qui reste à lever. Les avis favorables adressés dès juillet 2025 aux candidats retenus prévoyaient encore la signature d'une convention avec la DAG, fixant notamment leurs obligations en matière de formation, de suivi des cultures et de transmission des données techniques. Ils précisaient également que l'autorisation de mise en culture ne deviendrait effective qu'après la promulgation d'un arrêté du président de la Polynésie française, lui-même conditionné à la vérification des installations et des mesures de sécurisation. Un an après ces premiers feux verts administratifs, cet arrêté n'a toujours pas été pris. Et le premier semestre 2026, durant lequel les cultures devaient démarrer, s'est refermé sans qu'une seule graine n’ait été officiellement mise en terre.
Entre-temps, Roland Bopp a été démis de ses fonctions à la tête de la Direction de l'agriculture, sur fond de conflit social au sein du service. Depuis le 1er avril, c'est Jérôme Lecerf qui assure la direction de la DAG par intérim dans un contexte où le gouvernement Brotherson s'est enfoncé dans une crise politique qui fragilise un peu plus son action.
Le cannabis thérapeutique vient ainsi allonger la liste des dossiers pour lesquels les annonces ont précédé, parfois de loin, leur traduction concrète. Reste à savoir si la phase pilote est simplement retardée ou si elle a définitivement pris racine dans les méandres de l'administration.
“Nous sommes dans la dernière ligne droite”, assurait en février dernier Roland Bopp, alors directeur de l'agriculture. Après plusieurs mois de retard, la phase pilote de culture du cannabis à faible teneur en THC semblait enfin prête à démarrer. Neuf producteurs avaient été sélectionnés dans les archipels et les premières graines devaient être semées au cours du premier semestre 2026.
Cinq mois plus tard, la “dernière ligne droite” semble interminable. Et le calendrier, lui, a disparu. Dans un premier message adressé aux producteurs sélectionnés, la Direction de l'agriculture (DAG) annonçait pour avril une session destinée à préciser le cadre réglementaire, administratif et organisationnel de la future filière, suivie d'une formation technique et économique dispensée par des experts extérieurs au territoire. Une étape présentée comme préalable au démarrage opérationnel de la phase pilote, certains aspects devant encore être “finalisés” et “sécurisés” afin d'éviter tout “vide juridique, administratif ou organisationnel”.
Le 1er avril : nouveau contretemps. La formation est reportée “à une date ultérieure”, avec une nouvelle fenêtre annoncée “au plus tôt en mai, et au plus tard courant juin”. Juillet est désormais bien entamé et, selon nos informations, les producteurs sélectionnés n'ont toujours reçu aucune nouvelle date.
L'arrêté toujours attendu
Surtout, la formation n'est pas le seul verrou qui reste à lever. Les avis favorables adressés dès juillet 2025 aux candidats retenus prévoyaient encore la signature d'une convention avec la DAG, fixant notamment leurs obligations en matière de formation, de suivi des cultures et de transmission des données techniques. Ils précisaient également que l'autorisation de mise en culture ne deviendrait effective qu'après la promulgation d'un arrêté du président de la Polynésie française, lui-même conditionné à la vérification des installations et des mesures de sécurisation. Un an après ces premiers feux verts administratifs, cet arrêté n'a toujours pas été pris. Et le premier semestre 2026, durant lequel les cultures devaient démarrer, s'est refermé sans qu'une seule graine n’ait été officiellement mise en terre.
Entre-temps, Roland Bopp a été démis de ses fonctions à la tête de la Direction de l'agriculture, sur fond de conflit social au sein du service. Depuis le 1er avril, c'est Jérôme Lecerf qui assure la direction de la DAG par intérim dans un contexte où le gouvernement Brotherson s'est enfoncé dans une crise politique qui fragilise un peu plus son action.
Le cannabis thérapeutique vient ainsi allonger la liste des dossiers pour lesquels les annonces ont précédé, parfois de loin, leur traduction concrète. Reste à savoir si la phase pilote est simplement retardée ou si elle a définitivement pris racine dans les méandres de l'administration.